‹ La table hypothécaire de VeleiaChapitre 18 sur 84 · C. I. L., XI · texte numérisé non relu

C. I. L., XI

vait donc encore de l'autorité de Plaisance^. C'est eu montagne, entre Visignano et Caverzago, que passaient les frontières du sol veleiate. Veleia ne possédait pas la meilleure partie de ces collines, aujourd'hui plantées en vignes, qui assurent le bien-être des cultivateurs de Rivergaro, de Ponte dell' Olio, de Gropparello et de Lugagnano. Ce sont autant de terres productives qu'on ne peut lui attribuer. Ainsi rejetée vers le sud, Veleia n'est rien autre qu'une cité de montagne.

La nature du sol et sa valeur actuelle.

Tout concourt en cette région à l'infélicité de la terre, le climat, l'altitude, le sol même-. Tournant le dos à la Ligurie, l'Apennin

1. Il est très possible que l'un des membres de celte famille, peut-être le père même du dêdicant, soit justement le même qui engagea ses biens sous Trajan à la cité de Veleia. 11 y en a du moins quelques très forts indices. Ce personnage, qui est un des plus gros propriétaires du sol veleiate, ne possède pourtant pas sur le territoire même de cette cité un seul fonds qui porte son nom, un bien patrimonial. D'autre part, la dispersion même de ses possessions est un signe qu'il n'habitait pas en un pnrjiix de Veleia et que sa famille avait acquis des terres ici et là à mesure que l'acquisition en était possible. Il fait sa déclaration par l'intermédiaire d'un esclave, Ouesiinus. Par contre, ce Coelius Verus avait des biens en Vercelleitsis, c'est-à-dire dans le pagiis sis au nord A'Amhitrebius, mais déjà sur le territoire de Plaisance. Ceux-ci étaient au voisinage même des limites des deux pagi, car l'un d'eux est proche du fundus Messianux (3, 46), sis en Ambilrebius (2, 54). Enfin, en Ambilrebius, mais tout prés de Verccllensis, C. Vibius Severus possède les fundus Aurelinniis Coelianus (7, 48) et Coeliamis (5, 43), qui peuvent avoir à l'origine appartenu aux Coelii. C'est sur les confins des deux cités que cette famille aurait eu ses fonds patrimoniaux.

2. On n'a dis|iosé pour la courte étude géographique qui va suivre d'aucun travail d'ensemble qui soit spécial a la région même de Veleia, à l'Apennin de Plaisance. Mais on a trouvé de précieuses indications dans les deux œuvres géologiques de F. Sacco, L'Appennino setlenlrionale [parle coilrale), paru dans le Rollett. délia Soc. Geotog. Ilaliana, X, 1891, p. 731-956, et surtout L'Appennino setlentrionalc c centrale (Turin, 1004), où le savant professeur de Turin a condensé le résultat de vingt années de recherches. Au travail est annexée une étude de géologie appliquée {Geologia appUcata dello Appennino sellenlrionale e centrale), dont on a tiré grand profit. Les observations de F. Sacco sur la région sont présentées en une carte géologique au I/IOOOOO de l'Apeimin septentrional (partie centrale), 1" édil., 1893, qui a été dressée d'après des minutes au 1/25 000, que M. Sacco nous a permis de consulter. D'autre part, l'enquête technique sur l'établissement de voies ferrées transapennines aboutissant à Gênes a été l'occasion d'une étude géoIogi([ue de la région résumée dans // problcmn ferroviario dcl porto di Gcnova, 1907, avec carte au 1/250 000 (la partie de ce travail qui nous intéresse est de L. Baldacci).

Il imiiortait surtout de reconnaître la valeur du sol. Malheureusement, on n'a jm utiliser les résultats encore inédits de la statistique agricole préparée ces dernières années dans la province de Plaisance; on a dû se contenter de documents plus

de Plaisance ne participe plus comme elle aux bienfaits du soleil méditerranéen et aux influences adoucissantes de la mer. Elle ne connaît plus, à hauteurs égales, les riches productions que fournit la Riviera du Levant, dont le sol, naturellement infertile, se couvre pourtant, grâce au climat et au travail de l'homme, de citronniers, plus haut de vignobles et d'oliviers, jusqu'au delà de 600 mètres. Tournée vers le nord, la montagne émilienne participe au climat plus continental de la vallée du Pô, à ses froids qui tueraient l'olivier, à ses brumes glaciales qui endommagent la vigne. Dans la pratique culturale, celle-ci ne monte pas, sauf quelques exceptions locales, au-dessus de 400-450 mètres '. Elle ne dépasse guère la zone des collines, et si, par place, elle pénètre dans les vallées apennines, elle ne peut guère prospérer que vers le lit des rivières.

Dès qu'on a dépassé dans les trois grandes vallées du pays, l'Arda, la Nure et la Trébie, les gros bourgs situés à l'entrée de la plaine, Lugagnano, Ponte dell' Olio, Rivergaro, on entre bien vite en montagne. Encore l'arrière-pays de Lugagnano reste-t-il d'altitude relativement faible, car le terrain d'argile, ici moins résistant, a été mieux déblayé par l'érosion. Mais du Chero au Tidone, il suffît d'avancer dans la vallée de deux ou trois kilomètres pour être environné de monts qui s'élèvent déjà de 600 à 800 mètres 2, dominant de 250 mètres la campagne d'alentour.

anciens. Ce sont les experlises [documenli délie perizie) du terrain qui ont permis, sous le gouvernement de Marie-Louise, d'établir dans le duché de Parme-Plaisance le régime cadastral qui est encore en vigueur. Leurs données sont encore précieuses si l'on se sert de ces chiifres, non pas pour calculer le prix absolu du sol, mais la valeur relative d'un sol à l'autre. Enfin, dans la province voisine de Pavie, où le nouveau cadastre vient d'être mis en vigueur, son établissement a été précédé d'enquêtes actives de 1890 à 1900. Les travaux d'expertise sont résumés principalement dans la Relazione délia soUocommissione incaricata... di esaminare le tariffe d'eslimo délia provinciu di Paria (Rome, 1906). En cette province, le district de Bobbio correspond assez comme climat, altitude et sol à l'Apennin de Plaisance. On a pu se servir des chiflres d'estimation relatifs à ce district pour notre étude.

1. Nous devons ce renseignement à M. Zago, professeur chargé de la chaire ambulante d'agriculture de la province de Plaisance. Dans la région de Bardi, on peut cultiver la vigne un peu plus haut, jusqu'à 500-600 mètres. On trouve en outre bien souvent de petits vignobles dans la montagne à des hauteurs supérieures. Dans la toponomaslique cadastrale, bien des lieux sont ails I Filagni, I Filagnotii (« les rangées de vignes »), qui, aujourd'hui, sont soumis à d'autres cultures. Maisces vignes actuelles et ces anciennes vignes n'ont aucune importance agricole. Ce ne sont plus des vignes de rapport.

2. Entre Luretta et Trébie, au nord de Travo, c'est-à-dire en un territoire qui

Un peu plus loin encore, en arrière de Veleia, de Bettola, on atteint et dépasse 1,200 mètres l, et la région est en moyenne à l'altitude de 800 à 1,000 mètres. Enfin, les communes de Perrière, de Boccolo dei Tassi sont composées de villages qui vivent jusqu'à 1,100 mètres^. D'immenses étendues de leur territoire, vides d'habitations, se développent d'un seul tenant au-dessus de 1,200 mètres. Quelques cimes dépassent 1,700 mètres. Avec le progrès des hauteurs, on passe en des zones de cultures et de végétation différentes. Normalement, de 400 à 900 mètres, les céréales succèdent aux vignes et aux mûriers. Même le montagnard, « pour ne savoir faire mieux-^ », s'obstine à maintenir, quelquefois jusqu'à 1,200 mètres, de maigres champs de blé, dont il voit si rarement mûrir les épis avant la chute des neiges que la récolte est un hasard qu'il court. A côté des cultures, quelques prés peuvent être établis là où l'irrigation est possible. Mais on voit surtout, à côté du châtaignier qui exige une terre sablonneuse, des chênes de petite taille qui se rabougrissent à mesure que croît l'altitude. Au-dessus de 1,200 mètres, c'est la pâture et le maquis de petits hêtres^.

Ce serait là en terre moyenne la végétation régulière d'une contrée de ce pavs, si le sol ne venait modifier toutes ces règles et par sa qualité détestable, rendre encore plus mauvaises les conditions agricoles de l'Apennin de Plaisance. Si l'on ne tient pas compte des variétés locales, si l'on néglige les terres sablonneuses et gréseuses de la région de Bobbio propices au châtaignier, le terrain de l'Apennin de Plaisance se partage entre les serpentines, les calcaires et les argiles. Emergeant des argiles, les roches vertes serpentineuses parsèment toute la montagne de

relevai! i)eul-êlre déjà de Plaisance, le mont Bissago a 579 iiif'tres, le mont Pillerone (Pirlon) 5'.»i mètres, le mont Colombano 663 mètres, la Costa dclla Uulla 655 inclres. Entre Tréhie et Nure, au nord de Bettola, on trouve les monts Viserano, 717 mètres, S. Anna, 747 mètres, Barbieri, 865 mètres. Le Dinavolo, plus près de la plaine, a 700 mètres. Entre Nure et Riglio, le mont Santo a 676 mètres.

1. Le mont Moria, dont le massif domine Veleia, a 1,071 mètres. Au sud-est de Bettola, le mont Santa Franca s'élève à 1,315 mètres, au sud le mont Oscro à 1,297 mètres. A l'est de Bobbio, le mont Scabbiazza monte à 1,310 mètres; à l'ouest, le Penice à 1,460 mètres.

2. La Selva, le dernier village dans la vallée de la Nure, est A 1,110 mètres.

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