‹ La table hypothécaire de VeleiaChapitre 19 sur 84 · Rrldzione... di l'ovia · texte numérisé non relu

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4. En face du mont Bue s'élève, à 1,735 mètres, le mont Penna, dont le nom est caractéristique.

monolithes locaux ou s'étalent en larges étendues. Par leur dureté, elles ont mieux résisté à l'érosion. Elles pointent en aiguilles ou en gros rocs de couleur noirâtre. Nombreux sont dans la toponomastique les lieux aux noms de Groppo Acuto (ou Aguzzo)^ Monte Nero, Groppo Nei^o, Pietra Net^a, Sasso Nero, Cassemoreno, Sasso Morello, etc. Ces montagnes noires, où très souvent le roc est à nu, sont, à toute altitude, rebelles à la culture. Dans le cens cadastral de Plaisance, ce sol est le plus souvent classé parmi les terres vaines et son revenu estimé à 0 fr. 50 l'hectare, le moindre auquel on puisse le coter^. Au mieux, quand il est superficiellement décomposé, il sert de pâturage, il se couvre d'une végétation arborescente très courte. Malgré tout, les sections des communes où la serpentine prédomine restent infertiles, et cela même si leur territoire ne s'élève pas trop haut. Celles du mont Gavi(l,011 mètres)etdumont Armelio (903mètres), dans la colline de Coli, ne donnent pas, suivant les estimations cadastrales, plus de 2 francs et de 2 fr. 50 de revenu moyen à l'hectare^.

La zone des calcaires est plus étendue. Entre le Tidone et le Riglio, elle domine directement la plaine et couvre la plus grande pai'tie du pays jusqu'à hauteur de Dolgo sur la Trébie, de Bettola sur la Nure, Au sud, elle est moins développée. Pourtant, ses monts limitent encore de ce côté l'horizon de Bettola. Dans la région de l'Arda, elle forme les massifs du Moria, du Lucchi et du Carameto. Enfin, au sud des serpentines du mont Ragola, à l'est du mont Bue, au nord-est du mont Penna, elle encadre de toutes parts la haute vallée du Ceno. Ce terrain est, dans le détail,

1. On ne considère pas les chiffres qu'on donnera par la suite à leur valeur absolue. Ils serviront d'éléments pour estimer à leur qualité relative les difl'érents sols. Les mêmes terres, dont le revenu est calculé 0 fr. 50 l'hectare dans le vieux cadastre de Plaisance, sont cotées 4 francs dans le nouveau cadastre de Pavie. Elles sont restées vaines, mais l'argent représente bien moins qu'il y a cent ans.

2. A titre d'exemples, voici, pour quelques sections cadastrales où la roche noire prédomine, la répartition de la végétation et le prix moyen du sol : Cassemoreno (section F de Boccolo dei Tassi) (600-1,100 mètres), cultures, \1 hectares; pré, 1 hectare; pâturage, 8 hectares; bois de coupe, 39 hectares; bois de haute futaie, 21 hectares; terres vaines, 275 hectares. Revenu moyen de l'hectare, 0 fr. 93. — Gavi (U de Coli) (sommet à 1,010 mètres), cultures, 40 hectares; pré, 1 hectare; pâturage, 269 hectares; bois de coupe, 17 hectares; terres vaines, 109 hectares. Revenu moyen de l'hectare, 2 francs. — Mont Armelio (A de Coli) (sommet à 903 mètres), cultures, 12 hectares; vignes, 15 hectares; bois de coupe, 39 hectares; pâturage, 157 hectares; terres vaines, 102 hectares. Revenu moyen de l'hectare, 2 fr. 56.

plus varié que celui des roches vertes. Ses bancs se mêlent de couches argileuses et sableuses qui, fréquemment, modifient sa nature, l'aspect et la fertilité du sol. Pourtant, dans l'ensemble, il résiste fortement à l'érosion, il constitue avec les serpentines les hauts sommets de la région, surtout à l'ouest de l'Apennin de Plaisance. Mais, à mesure qu'on descend vers la plaine, c'est lui qui forme encore les reliefs élevés qui la bordent. Les vallées s'entaillent en lui profondément i et sont incapables de recevoir sur leurs flancs abrupts la culture.

Son sol perméable est desséché à la surface; il se prête aussi mal à la culture que les roches serpentineuses. Mais, quand le rocher blanc ■^ n'est pas à découvert, quand un manteau de terre végétale le recouvre, c'est par excellence le terrain des arbustes, des hêtres rabougris. Si cette couche devient ici et là plus épaisse, quelques petits bois de chênes apparaissent ; si elle se mêle de sable en forte quantité, le châtaignier calcifuge commence à prospérer. Malgré tout, dans son ensemble, le sol calcaire rivalise presque d'infertilité avec l'autre. Le massif du mont Moria, qui, pourtant, ne s'élève guère au-dessus de 1,000 mètres, n'est pas estimé, dans la section de Tollara, à plus de 1 fr. 90 de revenu à l'hectare^. C'est peu, en comparaison du territoire de Rustigazzo, village sis tout près de là, presque sur l'emplacement de la ville antique, coté 14 francs l'hectare^. Au voisinage même de la plaine qu'il domine à peine de 300 mètres, le paysage pierreux du calcaire attriste, tant sa pauvreté fait contraste avec la richesse des collines à vignobles et de champs de céréales. La commune de Pecorara, au sud de Piancllo du Tidonc, est aussi désolée que celle de Boccolo dei Tassi, et quand on suit d'Agazzano à Rivergaro, entre Luretta etTrébie, les premières côtes de la montagne, on ne rencontre que des terres incultes, embuissonnées, et quelques rares maisons. Faut-il s'étonner que \c ptigus Ambitrehitis, qui s'étendait en ces parages, ait été riche de saltus?

1. Deux (les exein[)les caraflérisliqnfs de rcl a|)|)rofondisscmenl à pic de la vallée dans les ralraires sont ceux qu'on'renl le val de Ileslano, alllnent de droite de la Nure, qui débouehe en face d'Olrno, au sud de Hetlola, et la Nure elle-in(^me entre Farini et Olino.

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