‹ La table hypothécaire de VeleiaChapitre 21 sur 84 · F. Sacco, Apennino sett. e ccnir., Geol. appHcaia, p · texte numérisé non relu

F. Sacco, Apennino sett. e ccnir., Geol. appHcaia, p

2. Dans la section I (délia Lubia) de Baidi, au conlluent du Ceno et des Corsena (400-700 mètres), le sol d'argile est estimé 8 fr. 25 l'hectare; dans la section H (S. Genesio) de Lugagnano, 10 francs; dans la moyenne montagne (600-1,000 mètres), la terre d'argile est estimée de 2 fr. 50 à 5 francs l'hectare, suivant que le terrain est plus ou moins haut, plus ou moins sujet aux frane. Le revenu moyen de la terre dans les sections du val Lavajana est, par exemple, de 2 fr. 44 (Groppallo),

3 fr. 26 (Mangiaroslo), 3 fr. 68 (Banzolo), 4 fr. 03 (Boccolo délia Noce et Selva),

4 fr. 26 (Comineto), 5 fr. 37 (Costa Biancona).

3. Dans la région la plus désolée des argiles de la vallée de l'Arda, en face du Carameto, dans la section H (Alberino) de Morfasso, l'hectare est estimé au revenu de 1 fr. 85. A cette altitude de 800-900 mètres, il n'y a ni maisons, ni cultures, le

LE MILIEU GÉOGRAPHIQUE DE LA PROPRIETE. l9

argiles écailleuses est le plus grand ennemi de la culture. Il la souffre quelquefois; il la menace, il l'interdit souvent.

Les revenus de cette pauvre terre de montagne sont donc minimes si on les compare à ceux de la plaine et de la colline. A prendre même comme exemple un sol moyen de champs, de vignes, de prés et de bois, on constate l'énorme disproportion. Au temps de Marie-Louise, la section de Torrano comportait 220 hectares de cultures, 309 hectares de vignes, 59 de prés, 142 de châtaigniers et de chênes, 469 de taillis, 7 de pâturages et 75 encore de terres vaines. L'hectare y donnait 34 francs de revenu. Or, à Bettola, à Bardi, il produisait à peine 5 francs, à Ferriere 3 francs, à Boccolo dei Tassi 2 francs. En ces dernières communes, la haute montagne au-dessous de 1,200 mètres ne rapportait pas plus de 0 fr. 50 à 1 franc à l'hectare. Si, dans la province de Pavie, on institue la même comparaison, le district de Bobbio est coté moins de 12 francs 1 hectare, tandis que les collines à vin du pays de Voghera le sont à 85 francs, les cultures sèches de la Lomelline 96 francs, la plaine irrigable vers Milan à 110 francs. Encore dans le district de Bobbio subsiste-t-il des terres de collines, des conques de sol fertile vers Bobbio et Varzi, des communications plus faciles que dans l'Apennin de Plaisance. Dans le plus haut mandement de Bobbio, celui d'Ottone, la terre ne rend plus à l'hectare que 7 francs. En montagne, le sol vaut de dix à quinze fois moins qu'en colline ou en plaine.

Ce ne sont là que des évaluations cadastrales. Mais leurs chiffres mêmes pourraient tromper. Souvent ils n'ont qu'une valeur théorique, qu'il faut établir pour fixer l'imposition. De fait, les terres ne rapportent rien ou presque rien parce que leurs produits ne valent pas la peine d'être récoltés ou restent inaccessibles en l'absence de chemins. En réponse aux protestations des montagnards d'Ottone, l'administration n'avoue-t-elle pas que les terrains de culture seraient probablement abandonnés si on devait payer l'homme qui exploite au prix ordinaire du louage de maind'œuvre et que seule la famille peut donner au sol des journées qu'elle ne saurait employer plus utilement? Encore le jeune homme et l'honimc abandonnent-ils ce soin aux femmes et aux vieillards et recherchent-ils en émigranl de quoi vivre. La rente de la terre

sol de la section se répartit entre 214 hectares de bois de coupe, 1 hectare de bois de haute futaie, 107 hectares de pâturage, 12 hectares de terres vaines.

est si faible que souvent celui qui part l'abandonne pendant son absence à qui veut bien payer l'imposition^. La pauvreté du paysan est aussi grande ici qu'en Basilicate^.

Conditions anciennes du sol.

Cette pauvreté du sol a ses causes constantes contre lesquelles il n'est guère possible de lutter. Elles existaient autrefois comme elles subsistent maintenant. Les peintures peu souriantes que les auteurs anciens présentent de cette Ligurie, qu'ils abordaient pourtant vers le sud, ressemblent à celles que font les hagiographes qui racontent la fondation du monastère de Bobbio et les miracles de saint Colomban. Partout la montagne âpre qui endurcit les gens^, des saltus propices aux embuscades^, des sentiers difficiles^, un sol rocailleux que le cultivateur doit entamer comme un carrier^. C'est l'infertile Ligurie, qu'on oppose aux champs magnifiques de Campanie'. Quand, au début du vu" siècle, saint Colomban vint s'établir dans le terroir pourtant plus riche de Bobbio^, il y trouva la même tristesse. Le pays était désert^. Une église consacrée à saint Pierre était en ruines ^o. La terre était à tel point délaissée que le roi lombard Agilulf put donner au saint d'un seul privilège tout le sol à quatre milles à la ronde ^i.

1. La Relaz. di Pavia, p. 50, en réponse encore aux délégués d'Oflone, ne reconnaît pas, comme ils prétendaient y amener l'administration, que la terre coûte à l'exploitant; mais elle admet qu'on pourrait, avec quelque vraisemblance, chercher à démontrer que, dans les dernières classes, elle ne rapporte rien.

2. D. Tamario, dans Giglioli, A difean dei caslngueii, Rome, 1908, p. 56.

3. Tile-Live, XXXIX, 1, 5; Cicéron, De loge agraria, II, 35, 95.

Page 1