Tite-Live, XXXIX
6. Strabon, V, 2, 1, d'après Posidonius. - 7. Cicéron, De legs agraria, II, 35, 95.
8. Vita €olumbani, I, 30 {Jonae vilae ss. Columbani, Vedastis, Johannis, éd. Krusch, Scriptores Ber. Germ., in-8°, p. 221) : à Milan, où Colomban s'était rendu, un certain Jucundus indique au roi lombard cette campagne comme fertile [loca ubertate fecnndu) et bien propre à la fondation d'un monastère.
9. Ibid. : Vir q^iidam nomine Jocondus ad regcm venit qui régi indical se in soliludine ruribus Apenninis basilicam beati Pétri... scire.
10. Jbid. : Basilicam inibi semirulam reperiens [Columbanus].
11. L. M. Hartmann [Die Wirtschafl des Kloslers Bobbio im 9. Jahrlnmderl, dans Zur Wirtsckaftsgeschichte Italiens im frilhen MUtelalter, 1904, p. 43 et n. 2) démontre que les formules mêmes du privilège d'Agilulf indiquent assez la solitude du pays. Le pays dont il s'agit n'a pas, comme la vallée du Pô, été mesuré à la romaine. En tout cas, il n'a pas gardé le souvenir de ces mesures.
LE !VyLIEU GÉOGRAPHIQUE DE LA PROPRIÉTÉ. 21
Dès qu'on quitte le val Trebbia, où croissent encore les céréales ^ et les vignes-, la nature devient difficile. Le petit torrent de Bobbio menace de ses crues le moulin du monastère 3; les forêts seraient inexploitables si le miracle n'intervenait au secours des. moines pour leur permettre de tirer de ces fourrés inaccessibles leurs bois de charpente'^. Enfin, quand on suit saint Colomban dans la vallée de la Curiasca, on ne trouve guère que rocs, cavernes, chemins difficiles coupés par des éboulements, maigres pâtures pour les chèvres^.
Aussi, n'y a-t-il pas lieu de s'étonner du faible rendement des terres du monastère. Comme on ignore leur étendue, on ne peut guère mesurer leur produit qu'au nombre des fermiers libres ou esclaves que les moines employaient. 3,000 cultivateurs libres devaient apporter, comme principales redevances, 2,200 niodii de blé et 300 amphores de vin''. Il leur restait au plus 6,000 woc?m de blé et 300 amphores de vin. Ainsi, une famille de fermiers ne tirait guère en moyenne des terres que 20 niodii de blé, même pas 2 hectolitres, et une amphore de vin ou 26 litres". Les esclaves retenaient moins encore. Une fois versé le tiers de la récolte au monastère, ils ne disposaient plus que de 8 modii de blé et, au plus, d'une amphore et demie de vin^. En tout, les 650 exploitations que les moines avaient confiées à des fermiers ne produisaient que 12,000 modii ou 1,000 hectolitres de blé environ et 1,200 amphores ou 315 hectolitres de vin. Chacune ne donnait en movenne qu un hectolitre et demi de céréales et un demi-hectolitre de vin. La culture ne rapportait donc guère. Au contraire, les forêts