‹ La table hypothécaire de VeleiaChapitre 55 sur 84 · lip., II · texte numérisé non relu

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14. Ep., U\, 19. Voir, en outre, les énormes richesses signalées dans Mommsen, Boden- uml Gcldwirtlisrlid/'l der romisclini Kai.sfrzcil , Hist. Schriflen, II, p. 589 -.'.91.

dues. Quelques particuliers possèdent dans la montagne veleiate de véritables régions, tout comme l'ensemble des colons lucquoisi.

De la formation des grands domaines.

Ces grands domaines ne se'sont pas constitués tous de la même façon. Chacun a son passé plus ou moins long. Quelques-uns sont exploités partie en fonds, partie en saltus, mais la plupart sont plutôt en fonds, ou plutôt en saltus. Leurs possesseurs sont plus ou moins implantés dans le pays, de vieille race ou de liberté récente. Quelques exemples, qui permettront un classement, feront sentir plus vivement la variété que présentent ces domaines en leur histoire, la nature de leurs terres et leurs propriétaires.

LA CONCURRENCE ENTRE LES CALIDII ET LES ANTO- NIL — Calidius Proculus est le descendant d'une vieille famille du pagus Albeiisis. Le plus important de ses fonds est une terre patrimoniale [fiindus Paternus), qu'il partage sans doute avec son parent Calidius Verus*. Elle est au centre du pagus, entre les deux villages de Secenia et de Blondelia . Ses ancêtres possédaient, au moment où les terres furent cataloguées pour la première fois, plusieurs biens à leur nom. Il n'en reste plus qu'un seul, le f'undus Calidianus Laetianus, aux mains de C. Calidius Proculus^. Les autres sont passés au pouvoir ^es Antonii. De son côté, il a conquis sur eux un fundus Antoiiianus . Mais c'est surtout aux dépens des petits propriétaires voisins que ses terres ont grandi. Les Calidii ont trouvé autour d'eux une multiplicité de fonds, parcelles et composés de parcelles, de valeur très médiocre; ils les ont absorbés, acculant dans leurs dernières possessions les pauvres voisins qui résistent encore. Mais, trouvant devant eux la concurrence des Antonii, ils ont cherché à s'échapper du pagus. Aux portes d'Albensis, en Moninas, sur les frontières de Veleia et de Libarna, ils ont acquis déjà une terre que les Antonii ne menacent pas de leur voisinage^. C'est là une ten-

1. Il ne faut pas oublier en eftet qu'une fois faite la déduction de toutes les charges qui grèvent leurs terres, les Lucquois ne déclarent plus que 1,600,000 sesterces. Une grande partie des terres lucquoises furent acquises sur un particulier, Attius Nepos.

tative isolée. C. Calidius Prociilus est le type du vieux propriétaire de pagus. Il est assez riche sans l'être extrêmement. Son ambition aurait été d'arrondir son domaine dans les limites d'^4/bensis. Malheureusement, pour l'avenir, les Anlonii plus puissants le guettent.

Leur propriété est de même nature que la sienne à l'origine. La famille est ancienne dans le pagus. Le grand nombre des biens patrimoniaux qu'elle y possède suffit à témoigner de son antiquité. Faut-il croire qu'au début un seul Antonius créa tous ces fonds? Mais alors ils devraient, sinon tous, du moins en majorité, être attenants les uns aux autres, puisqu'ils seraient des parcelles d'une puissante propriété primitive divisée plus tard entre tous les membres d'une môme descendance. Or, les fonds antoniens sont dans tous les coins du pagus, dépendant, ceux-ci du vicus Lubelius, ceux-là du vicus Blondcliae, ceux-là encore du viens Seceniae. Les terres mêmes qui semblent le plus faciles à grouper sont mêlées à celles de la maison rivale des Calidii. Enfin, dans beaucoup de fonds composés où entre le nom des Antonii, leur gentilice apparaît sans doute, mais associé à d'autres qui témoignent assez qu'il fut un temps où de petits propriétaires tenaient le sol acquis depuis par eux à l'entour de leur patrimoine. Celui-ci était donc composé de pièces éloignées l'une de l'autre. Faut-il penser que plusieurs Antonii sont venus s'établir en même temps en un vicus d'Albensis et se sont mis à cultiver la terre en des coins dilîérents du/;a^i/s? Mais tous ces personnages étaient d'une même famille, puisqu'enfin leurs fonds se sont réunis un moment en une même main pour passer ensuite à des héritiers multiples, les Antonii, contemporains de Trajan. Et dès lors on ne conçoit guère qu'étroitement unis par le sang, ils se soient dispersés pour la culture et n'aient pas cherché à défricher d'un effort commun une même région sans cesse élargie autouidu premier fonds.

SI la propriété des Antonii s'est développée sporadiquement en Alhensis, c'est qu'elle ne pouvait pas s'agiandlr par extension sur ses bords. Les premiers Antonii tiouvèient en s'insl allant, ou virent bientôt s'établir auprès d eux, des voisins indigènes ou romains dont les biens limitèrent leurs fonds. Leurs ambitions territoriales ne purent trouver satisfaction que dans le défrlche- De Pachtehb. 6

ment de terres neuves plus éloignées ou dans l'acquisition de biens fondés auparavant par des propriétaires rivaux, défaillants. Survint ce premier cadastre, où les fonds qu'ils possédaient reçurent officiellement leur nom. Dix fundi Antoniani sont signalés dans l'inscription. Ils marquent pour cette époque l'importance de cette propriété familiale, mais aussi sa dispersion, et la volonté qu'elle avait déjà de défricher, aux limites du pagus, de nouvelles terres. Deux fonds antoniens sont en effet situés en terre vectigalienne, aux confins de Velleius.

Ce n'était là qu'une étape dans l'histoire de ce domaine. Son évolution continua après l'établissement du cadastre. D'une part, il semble que cette propriété ait fait retraite vers l'intérieur du pagus. Les Antonii ne persistèrent pas à vouloir exploiter les biens qu'ils avaient aménagés aux frontières d'Albensis. Ils les laissèrent à d'autres, se débarrassant d'un coup de possessions qui sont estimées, i>ectigaL compris, 200,000 sesterces*, somme égale à la moyenne de richesse de chacun des Antonii. Mais cet abandon n'était pas chez eux signe de faiblesse, car, d'autre part, ils chassèrent avec âpreté la terre des fonds dans la partie centrale du pagus. Comme les Calidii, ils se sont attaqués à une petite propriété qui avait déjà fort travaillé sur elle-même et s'était épuisée en parcellisations de terrains. Les biens, pourtant souvent composés, qu'ils acquièrent sont, la plupart, de très faible valeur; ils ne prennent de prix qu'en s'additionnant.

Ce qui est plus important, c'est que déjà cette possession familiale se groupe en un tout. Les propriétés des Antonii sont souvent au voisinage les unes des autres, et même M. Antonius Prisons est plusieurs fois son propre voisin. L'unité territoriale du domaine antonien serait assurée si, dans cette lutte pour la terre au centre du pagus, les Antonii n'avaient trouvé en face d'eux les Calidii. Ceux-ci, nombreux, jouissant de biens familiaux peut-être mieux groupés à l'origine, étaient des adversaires sérieux. La bataille entre les deux maisons fut marquée dans le passé par des péripéties diverses. Ils se disputèrent les parcelles voisines de fonds étrangers qui se démembraient. L'enchevêtrement des terres des deux maisons témoigne assez de l'âpreté avec laquelle ils combattirent pour la possession des terres libres ou vacantes.

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