‹ La table hypothécaire de VeleiaChapitre 63 sur 84 · salluni Blae.siolom · texte numérisé non relu

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92 hk TABLE HYPOTHÉCAIRE DE VELEIA.

claves. Ceux-ci restent quelquefois localisés en un pagus, ce sont les moins riches. Par exception, ils s'en tiennent à la possession exclusive, qui de fonds, qui de saltus. Mais le plus souvent, ils sont installés en plusieurs pagi, sans souci même de leur proximité. Ils occupent le fonds et les saltus. Ils jouissent des plus grosses fortunes foncières parmi les Veleiates.

On comprend bien comment, par une lutte patiente, les familles anciennes ont pu lentement, pièce par pièce, constituer leur domaine. Mais la brusque formation des très grandes propriétés est plus délicate à concevoir. Pas plus qu'on ne trouve d'ancêtres aux gens, on ne suit des étapes dans le développement de leurs possessions. Presque toujours celles-ci sont constituées de petites et de moyennes propriétés qui, subitement, se sont éteintes. Si l'on considère, par exemple, dans les terres à'Ambitrebius et d^Herculanius, les biens de Mommeius Persicus, de Publicius Senex et de Virius Fuscus, ils sont composés de fonds simples, de valeur moyenne. Leur histoire semble avoir été tranquille. Souvent ils ont dû conserver leur unité, leur intégrité jusqu'à la génération voisine. Il faut que cette propriété, pour avoir disparu si subitement, ait été victime d'une révolution. Seule, une crise économique peut rendre compte d'une si brusque mort.

Or, on sent, à plusieurs allusions des contemporains de Doniitien, que l'agriculture italienne passa, sous son règne, par des épreuves redoutables. La surproduction et la mévente du vin furent pour bien des petits domaines une cause de ruine*. Il est très probable que le sol des pagide colline était alors exploité en vignobles comme aujourd'hui. Les possesseurs obérés durent enfin céder à bas prix leurs terrains dépréciés. Mais le désastre fut plus général. Pline, dont les lettres sont déjà d'une période où le mal semble conjuré, démontre assez que ses effets durent encore. Un domaine, qui fut acheté jadis 5,000,000 de sesterces, est mis à prix pour 3,000,000 seulement en 101. La faute n'en est pas seulement à la mauvaise exploitation du propriétaire, à la détresse des colons, mais aussi à la crise économique qui sévit sur les campagnes. C'est elle surtout qui a réduit le revenu et par suite diminué le prix du sol'^. Plus peut-être que les grands domaines,

1. S. Reinach, In Date de l'Apocalypse el la Méi'ente des vins sous l'Empire, dans Cultes, mythes et reli(/ions, II, p. 356-380. Les textes sont cités et interprétés. 3. Pline, Ep., III, 19, 7.

les petits souffrirent. Pline avait fait don autrefois à sa nourrice d'un champ de 100,000 sesterces. Mais, par la suite, le rabais de la rente foncière avait amoindri la valeur de cette terre [postea deci'escente j-editu etiam pretium minuit^). Laissée à elle seule, la propriétaire aurait succombé. 11 fallut qu'un ami de Pline, Verus, reprit en main 1 exploitation. Mais là où la providence d'un protecteur ne secourut pas miraculeusement les faibles, ils périrent plus facilement que les forts qui avaient des réserves d'argent. Et les acheteurs de terre eurent beau jeu pour profiter du malheur des temps.

De l'aliénation des terres publiques.

Mais les grands domaines ne se constituèrent pas seulement sur les ruines de la petite propriété. Ils se formèrent ou se développèrent sur les terres communes. Outre les communiones dépendant des fonds limitrophes 2, il existe encore, au temps de Trajan, des biens qui appartiennent aux habitants du pagus'^, à ceux de la cité. En Salutaris^, en Medutius', en Velleius^^ aux limites d'^4/bensis et de Velleitis'' , la respublica Veleiatium ou les Veleiates sont signalés comme voisins des particuliers. Ils ont en ces parages des terres dont ils gardent, en même temps que la propriété, la jouissance immédiate.

Mais il en est d'autres que la cité a partiellement aliénées. Deux propriétaires déclarent un bien soumis au vectigal^. Les Lucquois ont ainsi en leur domaine des sallus et des champs qui sont passifs du vectigal. Enfin, la valeur générale de la fortune foncière d'un très grand nombre d'engageants est établie, déduction faite du vectigal. Or, pour que les fonds vectigaliens soient admis comme les autres en garantie de l'intérêt que les propriétaires veleiates devront servir à la caisse de l'institution alimentaire, il faut qu'ils soient l'objet, non pas d'un fermage à temps,

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