Ml.li«alions .38 et 40.J
.'{. Ce doit être l'idée qu'avait Mommsen \Dic italisrhr Hndcntheilung, llist. Scliriflen, II, p. 127, n. 1), car il admet que les fonds engagés plurihii.s sunnnis sont réunis de façon durable sous un même chef pour des nécessités d'exploitation et que le verlirjnl pèse sur cet ensemble. On verra que les terres déclarées ne sont pas associées par des liens aussi solides. Quant à la formule pturihus summis, elle se retrouve dans des déclarations de projiriélaires (|ui n'ont pas la cbarge du vecligal.
pleine jouissance de leurs biens, ne déclarent pas, comme on Tattendrait, autant dans l'ensemble que dans le détail, mais tous plus. Dès lors, s'il reste très probable que le calcul du \>ecligal contribue pour sa part à faire varier tous ces chiffres, du moins il n'est pas toujours le facteur, il n'est pas l'unique facteur qui puisse rendre compte de l'inégalité des uns aux autres.
Si l'on ne tire guère profit de toutes les additions qu'on vient d'opérer, à l'intérieur de chaque engagement, sur toutes les valeurs qu'il énumère, peut-être l'examen même de ces chiffres, en expliquant l'insuccès des premières tentatives, fixera-t-il le sens de ces estimations.
Il est vrai qu en l'expérience qu'on vient de faire sur leiirs totaux, on a pu gagner quelque défiance de chacun de ces nombres, pris à part. Comme le prix global des fonds, déclaré d'abord en toute obligation, est exactement rapporté, il semble qu'on ne doive guère tenir compte des professions partielles, puisqu'elles ne savent pas s'accorder avec la profession d'ensemble.
Elles méritent pourtant toute estime. Comme les premières, elles savent, au besoin, descendre au calcul des dizaines et des unités. Et ce n'est pas là un subterfuge imaginé pour donner l'illusion de l'exactitude. Cette précision exprime bien la vérité des chiffres. Chaque fois qu'on peut les vérifier par eux-mêmes, ils soutiennent l'épreuve. Un bien qu'on déclare aux 2/3 pour 26,666 sesterces vaut évidemment 40,000 sesterces'. Un autre, engagé aux 11/12 pour 84,333 sesterces, doit être au total estimé 92,000 sesterces-. Ces nombres ronds sont bien exacts, dont les fractions sont établies si rigoureusement. Bien plus, ces données se contrôlent quelquefois l'une par l'autre. Une terre peut être possédée en partie par deux propriétaires. Or, la valeur des deux parcelles est, en chaque obligation, proportionnelle aux fractions ([iii les divisent. Un fonds, engagé au 1/4 pour 21,500 sesterces"^, est déclaré ailleurs pour les trois autres quarts 64,000 sesterces^. Enfin, quand on pénètre dans le détail d'un engagement, on aperçoit l'exactitude là même où elle pourrait se dissimuler. Un
LA PROPHIKTK KT l'i i\ STITIITION VMMICNTM H K . 105
propriétaire déclare un bien qui lui appartient aux 2/3 pour 26,666 sesterces^ Or, ce bien se retrouve ailleurs engagé au l/S^. Mais, cette fois, il est groupé avec deux autres, si bien que sa valeur propre de 13,333 sesterces n'est pas indiquée. Pourtant, celle-ci a servi à composer l'addition, puisque l'ensemble des trois terrains est estimé 45,533 sesterces. A ces exemples, on reconnaît dans les professions partielles le même souci d'exactitude qu'on a pu découvrir dans les professions générales. Il faut bien, d'ailleurs, qu'elles aient mérité quelque crédit, puisqu'on certaines obligations elles sont appelées à composer, d'elles seules, la somme de l'engagement-^ et qu'en d'autres, sans former exclusivement le total, elles fournissent du moins des éléments à son calcul^.
On se trouve donc enfin en présence de deux estimations, toutes deux capables de défendre l'exactitude de leurs chiffres et pourtant irréductibles l'une à l'autre. De cette discordance même se révèlent du moins quelques-uns de leurs caractères propres. T. es évaluations d'ensemble ne reposent pas sur une expertise de chaque fonds. Sans quoi, il y aurait harmonie d'une série des nombres à l'autre. Les deux estimations ne sont pas contemporaines, car elles s'accorderaient encore. Pour la même raison, l'estimation de détail des biens ne peut s êlie ell'cctuée plus tard que l'estimation d'ensemble. Il faudrait admettre, en cette hypothèse, que, disposant de chilïres plus récents pour ses calculs, l'administration impériale les aurait utilisés pour une partie seulement de ses opérations, mais aurail uégligé d'en faire un total qui pourtant aurait eu, comme estimation globale, la même autorité qu'avait chacun d<;s nombiTs éh^nentaires de l'addition. L'évaluation do chaque bien est donc antérieure à celles de tous les fonds d'un même propriétaire. Toutes ces donncies nouvelles, tirées de l'étude des nombres, doivent contribuer à en expli({uer le sens.
2. 5, 27-28. Il est possilile (luil faille liiv i( i [5,31] 45.633, cf. 5, 7, (m t.- lolal .Ir la profpssion de. Cn. Anloiiiiis Priscus es! (loiiiié 3ôl,0:(3 soslercrs.
.'i. Voir an lahican pn-cétlptil les ohlif^alions oii la somiiu' (It^clan'c os! ('^alc au total (Ips f'nfîafîeinnnts partiels.
4. Quelcpies |irofessions creiiscinlilc ont aii\ (li/aiiies el aiiv unités des cliillres (|u'on relrnuve donnés |ioiir <les iiroléssions de delait. Celles-ei oril ddiii' servi à composer la somme totale.
L'ORIGIXE DES ESTIMATIONS DE BIENS-FOXDS.
Les professions de détail des terres se présentent sous deux formes différentes. Ou bien chaque fonds est déclaré à sa valeur, avec l'allocation impériale qui lui est attribuée; ou bien quelques fonds, déclarés ou non chacun à son prix, sont associés pour recevoir une seule assignation d'argent. Ce groupement n'est pas accidentel.
Il pourrait avoir pour intention de mettre sous un seul chef des biens trop peu importants pour mériter une allocation spéciale. De fait, on ne voit nulle part en l'inscription que des propriétaires aient présenté isolément des fonds d'un prix inférieur à 12,000 sesterces, et le plus souvent les terres réunies pour un engagement sont, soit chacune, soit quelqu'une d'elles, de valeur moindre. iNIais on en trouve aussi associées qui valent, prises à part, beaucoup plus. D'obligation à obligation, il n'y a pas de règles communes qui rendent compte des groupements. Enfin, pour ne citer qu'un exemple, le même Mommeius Persicus déclare en une seule fois deux terrains de 30,000 et de 47,500 sesterces' et engage isolément d'autres fonds de valeur bien inférieure à ces deux sommes.
L'association des terres en une seule profession n'est pas non plus le fait de leur voisinage. Quelques-unes, il est vrai, sont ainsi réunies. Mais souvent deux propriétés contiguës sont déclarées en même temps que d'autres qui ne leur sont pas limitrophes"^. Des fonds groupés n'appartiennent pas au mèmepagusK Par contre, deux biens voisins font partie d'engagements différents. Bien plus, deux moitiés d'une même terre sont, de la part d'un même possesseur, l'objet de deux professions distinctes. Il semble qu'il y ait parfois comme une gageure de rapprocher dans
1. 2, 55 : S. Atliamun cinn fundo Flaviano Vipponiano p. p. dimidia, item fund. Mesxianum p. p. III et XXIIIl... qnos professns est FIS LXXVIl D. On sait la valeur du f. Attimttis et de ses dépendances d'après le prix de l'autre moitié engagée (7, 53) pour 30,000 sesterces.- Les 3/8 du fuvdus Messianns valent donc 47,500 sesterces.
2. Voir, par exemple, 1, 8-9 : le f. S(ilgia?ius {Suigianiis de l'inscription) et le /'. Pelroninmis, voisins, sont engagés avec plusieurs autres fonds qui ne leur sont pas contijius (1, 6-12).