‹ La table hypothécaire de VeleiaChapitre 8 sur 84 · Cf. ici p. XVIII, n° 2G; voyez aussi n · texte numérisé non relu

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DE PACHTERE (fÉLIX GEORGEs). XV

chait où l'armée d'Orient allait entrer à son tour dans l'offensive générale des alliés. De Pachtere venait de prendre le commandement d'une compagnie. Il écrit le 13 septembre : « J'aborde l'affaire en pleine possession de santé, d'intelligence et de moral. » Pour tous ceux qui le connaissaient cela veut dire beaucoup.

L'armée commença sa marche sur Monastir. Elle attaqua et prit Florina le 17 septembre. Mais, après cette victoire, l'offensive était loin d'être terminée. Quelques jours plus tard, le général Cordonnier, commandant l'armée française d'Orient, dont le secteur traversait, au nord de Florina, la région de plaines qui mène à Monastir, décida de reprendre la marche en avant. Le 24 septembre 1916, le bataillon dont faisait partie la compagnie de De Pachtere était au village de Boresnica, quand il reçut l'ordre d'attaquer le village de Vrbeni, qui était solidement occupé par les Bulgares. Dès le début de l'action, De Pachtere était légèrement atteint au bras. Mais il ne voulut pas quitter son poste à cet instant décisif, et, en brave qu'il était, il continua à entraîner ses hommes sous le feu de l'artillerie et des mitrailleuses. C'est à leur tête que, vers cinq heures du soir, il fut atteint d'une balle en plein front. La nuit venue, ses zouaves ramenèrent son corps à l'arrière, au village de Rosna, qui était le cantonnement de repos de son régiment; ils l'enterrèrent pieusement au flanc d'un ravin couronné d'arbres, à l'abri des obus. Il repose aujourd'hui dans cette terre de Macédoine oîi il était venu défendre la France^ .

Tel fut De Pachtere : une force qui s'en allait di'oit dans la vie comme il devait le faire au feu, un cœur délicat sous une gaieté brusque et familière. Il avait dui'eraent travaillé; mais les épreuves étaient finies, la récompense allait venir. Par une ironie tragique, ce qui vint pour lui ce fut, un soir, sous le ciel d'Orient, loin des siens, parmi les collines pierreuses et les marais d'un rude pays, la mort. Il est vrai que c'était la mort du soldat.

Albert GiRAiin.

1. Le général Cordonnier, commandant l'armée française d'Orient, l'a cité en ces termes à l'ordre de l'armée : « De Pachtere (Félix), sous-lieutenanl commandant la 11* compagnie du 2' R. M. A. Glorieusement tombé pour la France en entraînant sa troupe à l'assaut d'une position bulgare formidablement défendue par les feux de l'artillerie. »

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