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son bureau avant d’orner son guéridon, sous l’or de leur splendide reliure. é
Ce n’était point non plus ce fouillis de titres fantastiques et des billets des loteries autorisées qui formait toute la fortune de maman Marquis. M=° la comtesse était une femme plus grave; il n’y avait devant elle qu’un monceau de factures et un assez bon tas de ces papiers timbrés dont la vue seule fait pâlir les timides.
M"° la comtesse n’était point timide, sans doute, car loin de pälir, elle portait sur ses joues un peu trop grasses une épaisse couche de vermillon, coñtrastant avec la fatigue qui creusait ses yeux et marquait les rides de son front.
C'était une femme de grande taille et de robuste complexion, un peu chargée d’embonpoint. Dans les gravures qui ornent les albums de romances, le type créole est représenté toujours par quelque pàle jeune homme ou par quelque vaporeuse demoiselle, plus flexible que les baleines de son corset.
La comtesse Athénaïs avait ressemblé peut-être à cela, mais la boursoufflure actuelle de ses joues éloignait toute. idée de romance.
11 ne lui restait de sa pèleur tropicale qu’un large trait d’estompe, marqué sous ses yeux noirs, et qui ressortait
comme une applique en peau de chagrin sur les tons
violents de sa carnation.
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LA TACHE ROUGE 199 Elle avait la bouche épaisse et même un peu brutale : le nez, au contraire, gardait une certaine délicatesse
malgré ses teintes couperosées et la ligne de duvet brun
qui le séparait des lèvres; les yeux, larges et bien fendus, avaient un regard fatigué, mais dur, et dont la sévérité était encore augmentée par une paire de sourcils trop accentués, teinte d’un noir de jais.
IL n’y avait que ce mensonge dans toute la figure de la comtesse Athénaïs : sa moustache brune gardait en effet sa couleur naturelle et ses cheveux abondants étaient blancs comme neige.
Vis-à-vis du secrétaire pendait un portrait de jolie femme, dont la figure, éblouissante de blancheur, souriait parmi le luxe de ses cheveux noirs.
Il eût fallu être un sorcier pour deviner dans ce portrait, caressé quarante ans auparavant par le doux pinceau' de Dubuffe le père, la chevelure d’argent et les joues enluminées de Ms la comtesse de Saint-Pierre d’Agave.
Et pourtant la jeune femme du portrait conservait avec la vieille femme en chair et en os deux points de ressemblance.
C'était d’abord un je ne sais quoi qui, dans la beauté de la jeune comme dans la laideur de la vieille, donnait défiance et repoussait; c'était ensuite une expression de volonté virilement accentuée, dont la portée pouvait ne