‹ La taille de la vigne: étude pratique et comparée des divers systèmes deChapitre 58 sur 74 · TREILLAGES MIXTES · texte numérisé non relu

TREILLAGES MIXTES

Ces treillages admettent diverses combinaisons dans lesquelles les traverses en bois et les palissons sont toujours remplacés par des fils de fer. Quant aux piquets de support, ils peuvent être exclusivement en bois, alternativement en bois et en fer ou encore en ciment.

r Installations sur piquets en bois

Nous avons vu que M. Sylvoz, pour son système de culture, employait des treillages où les montants et une traverse sont seuls en bois. La seconde traverse ainsi que les échalas formant palissade sont remplacés par deux rangées de fils de fer. C'est là une heureuse innovation qui est de plus en plus suivie dans les vignobles de TEst. Aujourd'hui même, beaucoup de viticulteurs ne laissent en bois que les piquets et établissent trois rangées de fils de fer.

On forme ainsi des treilles qui sont à portée de lamain et dont nous avons montré les avantages sur les treillages élevés.

Dans risère et la Savoie, ces treillards sont ordinairement constitués par des poteaux p en bois (fig. 234) de 2m. 30, enfoncés en terre de 50 centimètres et espacés entre eux de 4 mètres. Sur ces poteaux est fixée à 1 m. 20

au-dessus du sol une traverse b b formée de peiches bien droites ou mieux par un fil de fer {N" 18 ou 19] ; à 50 centimètres au-dessus et à 40 centimètres au-dessous de

Fig. S3l.— Vigne conduite^n cordon, suivant )e système Sylvoz,

cette ligne, on tend des fils de fer {N°' 15 ou 16) a a,c c. Le cordon est tendu sur la ligne b b, le fil de fer a a est destiné à maintenir Vextréniilé inférieure des archets, et le fil de fer c c à fixer les rameaux qui se développent sur la partie courbe des longs bois.

Dans ces régions, les vignes, atteignant un granddéveloppement. demandent un support solide.

Voici, à titre d'exemple, le prix de revient d'un semblable treillage dont les rangées seraient établies à2 mètres les unes des autres, c'est-à-dire sans culture intercalaire. Il entre ainsi parbectare, delOO mètres de côté, SOlignes comprenant 2.300 ceps, ces derniers étant à 2 mètres les uns des autres.

Prix de revient par hectare :

!• 1.300 forts piquets en châtaignier, placés tous les 4 mètres, de 2 m. 30 de longueur sur m. 15 de diamètre, à fr. 50 la pièce 650 ^"^ »

2'' 100 piquets pour arcs-boutants en tête de

chaque treille, à fr. 40 la pièce. ... 40 »

3* 2.500 échalas (i) de 1 m. 50 de long sur

Om. 04 de diamètre, à 5 fr. le 100... 125 ï>

4* 354 kilos (5 000 mètres) de fil de fer N*» 18 pour soutenir le cordon, à 29 fr. les 100 kilos 102 66

5° 352 kilos (2 rangs de 5.000 mètres chacun)

de fil de fer N» 15, à 31 fr. les 100 kilos. 109 12

6^ 100 raidisseurs (système Collignon) pour

fil de fer N* 18, à fr. 25 la pièce. .... 25 »

1" 2C0 raidisseurs pour fil N* 15, à fr. 15

la pièce 30 »

8** 5 kilos de crampillons pour fixer le fil de

ferNM8 3 »

9® 5 kilos de crampillons pour fixer le fil de

fer N» 15 3 »

10* Pose des piquets, tuteurs, fils de fer. . . . 60 »

UMmprévus 12 22

Total par hectare 1 . 160 '' »

En ne mettant que tous les 5 mètres les gros piquets de soutien, cette somme est réduite à 1.035 fr., et en ne les plaçant que tous les 6 mètres, à 935 francs.

Nous sommes loin, comme on voit, du chiffre de 5.000 fr. que coûte une pareille installation uniquement

(1) Ces échalas servent au dressemenl de la souche pendant les premières années; ils sont supprimés quand le cordon est établi.

en bois. De plus, ces treilles sont d'un entrelien coup moins coûteux que celles en bois. On auraii tout avantage, dans les vignobles de l'Est, à adop pareil système.

Dans les bas-fonds, où les gelées de prinlemp; fréquentes, on maintiendra le cordon à la hauleu quée ci-dessus, soit 1 mètre ou I m. 20; on l'él de 50 à 70 centimètres au-dessus dn sol, là o gelées sont peu à redouter. Les lils de fer seront ; à 40 cenlimètres environ les uns des autres.

Avec les cépages qui demandent moins de déve' ment que ceux de l'Isère et de la Savoie, on peut s tenter d'une installalion plus légère. Il suffit d'ave piquets de i m. 80 de hauteur, un fil de fer >'• 1( soutenir le cordon et des fils de fer N" i2 pour le sage. Le prix de revient d'une pareille installation, sée comme la précédenle, s'établit de la façon saîi

J*rix di: revient par heciare :

i" 1.300 piquets de châtaigniers, placés tous les i n de 1 m. 80 de long, à fr. 30 la pièce. , . ;

2" 100 piquels pour arcs-boulanls, en tête de chaque ligne, i fr. 20 la pièce

3" 2.500 tuteurs, de 1 m. 30 de long, pourdres ser les souches pendant les premières années, à 3 fr. 50 le cent

4* 219 kilos (5.000 mètres) de fil de fer N- 10 pour soutenir le cordon, à 30 fr. les 100 kilos

5° 199 kilos (2 rangs de 3.000 mètres chacun) de fil de fer .\o lï, à 34 fr. les 100 kilos.

6* 100 raidisseurs (Co(lignon) pour fil de fer

NM6,à01r 15 la pièce

A reporter t

Report 645''86

7*» 200 raidisseurs pour fil de fer N** 12, à fr. 12

la pièce 24 »

8** 5 kilos de crampillons pour fixer le fil de

ferNM6 3 »

9® 5 kilos de crampillons pour fixer le fil de

ferNM2 3 »

10* Pose des piquets, tuteurs, fils de fer 60 »

11** Imprévus 4 14

Total 740^'»

Avec des piquets de soutien placés tous les 5 mètres, cette dépense est réduite à 665 fr., et à 605 fr. avec des piquets mis tous les 6 mètres.

Nous croyons inutile de multiplier ces exemples. Rien de plus simple que d'établir, d'après d'autres données, le prix de revient d'installations analogues. On voit qu'en ne plaçant les piquets de soutien que tous les 5 ou 6 mètres, on diminue sensiblement les frais d'établissement.

Fig. 235. Fig. 236.

Fig. 235.— Culée avec rondin.— Fig. 236. — Culée avec pierre ou

brique.

Les piquets de tête peuvent être fixés de différentes façons. Dans les cas précédents, ils sont simplement enfoncés verticalement et maintenus par d'autres piquets placés obliquement et faisant arcs-boutants. Cette disposition est la plus coûteuse.

On peut aussi les maintenir à l'aide de culées, dont il existe divers modèles, composées d'un fil de fer N** 18

formaol boucle à soa exlrémité supérieure dépassai sol de 10 centin)ètresetrclié,à50 centimètres sous te à UD rondin sulfaté (fig. 235), à une pierre ou une bri

(fig. 236), à une plaque de tôle peinte ou de fonte(fig. 2 Dans ce cas, le piquet de télé est enfoncé en terreo

Fixation du piquet de tête.

quement et on le lie vers son milieu et son sommet des flis de fer N" 18 qui viennent se réunir à la boucU

la culée. La fi^re 238 représente cette disposition. Dans cette figure, la lettre J indique une baguette ou jauge portant des encoches au niveau des futurs étages de fils de fer et longue de la hauteur des piquets hors du sol ; elle sert à donner aux piquets une hauteur uniforme et à placer régulièrement les fils de fer.

2" Installations combinées avec piquets

en bois et en fer

Vu la mise de fonds assez élevée que nécessitent les installations toutes en fer, dans certains endroits on a trouvé plus avantageux d'associer les piquets en bois et les piquets en fer en les faisant alterner deux à deux. On pourrait réaliser une plus grande économie encore en ne plaçant les piquets en fer qu'après tous les deux piquets ^n bois.

Ces installations sont très solides et très durables, si Ton a soin de sulfater et de goudronner les piquets en Jbois.

3** Installations sur piquets en ciment

Depuis une vingtaine d'années, on emploie, dans les •environs de Grenoble, pour Téchalassement des vignes, des piquets en ciment. MM. Dumolard et Viallet, de La Porte-de-France (Isère), qui sont les propagateurs de ce procédé, ont bien voulu nous fournir sur ce sujet d'intéressants documents que nous allons résumer.

Les piquets en ciment, généralement de forme tronconique, sont à section circulaire ou octogonale (fig. 239) ; <3eux construits par MM. Dumolard et Viallet ont 2 m. 70 de hauteur, dont 70 centimètres pour renfoneement -dans la terre . Leur diamètre au petit bout (partie supé-

Heure) est de 8 centimètres et celui du gros bout de 15 centimètres. Ils sont consolidés parim fer cornière placé dans l'axe au moment du moulage.

Les dimensions des piquets, hauteur et diamètre, peuvent varier du reste suivant le système de culture et les matériaux (ciment, sable et gravier) dont on dispose.

Les fers cornières, mis intér eurement, peuvent être remplacés par des torons de fil de fer et, en général, par des fers de toutes formes.

Le béton qui sert à la fabrication des piquets en ciment est généralement composé, par mètre cube, de 50r)kil. de ciment prompt, 500 litres de sable et 750 litres de gravier passant à l'anneau de 2 cenlimètres et demi.

Le sable doit être grenu et propre, le gravier lavé pour le débarrasser des matières terreuses. On peut, selon la commodité, supprimercomplètelnent soit le gravier, soit le sable ; dans ce cas, il faut un peu plus de ciment.

Le béton est coulé dans des moules en tôle on en bois zingué analogues à ceux qui servent à la fabrication des tuyaux en ciment, moins les mandrins.

En quelques jours, un ouvrier exercé peut former, à cette fabrication, qui ne présente aucune difficulté, le» vignerons et les ouvriers de la ferme qui peuvent ainsi employer utilement les journées d'hiver.

Lorsqu'on moule pendant l'hiver, on doit opérer dans un endroit couvert, à l'abri de la gelée.

Le volume des piquets employés par MM. Dumolard

Fig. 239. — Colonne en ciment pour supporter les tils de fer des treillages.

et Viallet, dans leur vignoble, est d'environ 30 litres. Il faut pour leur fabrication 15 kil. de ciment, 15 litres de sable et 22 litres de gravier. La largeur des ailes des fers cornières est de 14 millimètres ; le poids du fer par piquet est de 1 kil. 400.

Les piquets de tête de rangées, qui ont à résister à la tension des fils de fer, peuvent avoir des dimensions un peu plus fortes et être contre-butés par un autre piquet incliné à 45 degrés.

Le prix d'un piquet varie entre 1 fr. et 1 fr. 50, suivant le coût de la main-d'œuvre, du sable, du gravier et du ciment. Fabriqués par le propriétaire, qui peut se procurer la plupart des matériaux à temps perdu, ces piquets ne coûtent guère que la moitié des prix cidessus.

Les crochets, boulons, etc., qui doivent servir ensuite au montage de la treille, sont logés dans le ciment, à des points convenables.

D'après l'expérience faite, ces piquets résistent parfaitement à la gelée, si on emploie un ciment présentant les qualités voulues. Tout porte à croire qu'ils seront d'une très longue durée. ,

On peut associer dans le même vignoble les piquets en ciment avec les piquets de bois ou les piquets métalliques.

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