Égianlier arqué pour la greflv k œil poussant
de récusson, sitôt après sa pose, pour forcer celui-ci à se développer, ce qui ruinait Tëglantierj par la suppression de sa végétation à une époque où elle se développe avec force ; on incline maintenant les rameaux sans les couper, en faisant en sorte que leur base, où doit être placé Técusson, soit là plus élevée, pour que la sève s'y porte de préférence et fasse développer l'écusson immédiatement (6g. 13).
Si on courbait le rameau au moment de la pose de Técusson, on ferait éclater la partie courbée; il faut, premièrement, arquer le rameau en attachant son extrémité à la tige, puis le greffer huit jours plus tard, les vaisseaux ligneux qui le constituent ayant pris alors le pli de la courbure.
L'écusson se développe immédiatement; quand il a atteint 25 centimètres , on taille le rameau de l'églantier à deux ou trois yeux au-dessus de l'écusson; les bourgeons qui se développent de ces yeux seront pinces à leur tour quand ils auront atteint 20 centimètres. (Le pincement consiste à couper l'extrémité du rameau avec l'ongle ou la serpette pour arrêter son accroissement.) Puis, fin août, quand la greffe a formé une petite tête , on supprime complètement les bourgeons de l'églantier.
Pendant la durée de la végétation , on surveille et desserre au besoin les liens de l'écusson, afin que l'écorce ne soit pas étranglée, ce qui formerait un bourrelet désagréable.
Greffe en fente forcée.
Nous ne conseillons pas la greffe en fente sur les églantiers en pleine terre, cette greffe convenant peu au rosier, son bois moelleux ne se soudant pas comme celui des arbres fruitiers; récorce seule se soude : aus'îi cette greffe est-elle peu solide ; celles que nous avons faites en diverses fois, ont été pour la plupart décollées par le vent. On ne là pratique que sur les sujets qui doivent être forcés en hiver.
La greffe qui se fait en fendant le sujet par le milieu pour y introduire la greffe, est mauvaise pour le rosier, la moelle attaquée se désorganisant. Il vaut mieux faire la greffe par en-
taille, dite greffe Lée, qui n atteint pas la moelle; aussi estelle usitée par tous les rosiéristes sur les sujets forcés.
On greffe le rosier en hiver, puis on le fait développer immédiatement dans une serre chauffée^ dans le but d'en obtenir des rameaux le plus promptement possible : ces rameaux sont précieux pour former de nouvelles greffes ou boutures, ce qui permet de multiplier promptement les variétés nouvelles; mais ces sujets greffés en greffe forcée sont généralement faibles et peu durables.
Il y a une vingtaine d'années, une discussion assez vive s'éleva entre quelques rosiéristes au sujet de la greffe forcée dont Tusage s'était introduit vers 1830 dans la culture parisienne. Un d'eux, M. Vibert, reprochait vivement à celle greffe de former des sujets affaiblis et peu durables, et affirmait^ ce qui est vrai du reste ^ qu'une plantation faite avec de pareils sujets serait réduite des deux tiers au bout de peu d'années. Poiteau, horticulteur distingué, disait de son côté que Ton exagérait ces inconvénients, moins sensibles depuis qu'elle est mieux pratiquée.
La vérité est que cette greffe pousse bien en serre, mais qu'une fois mis à l'air libre, le sujet dépérit le reste de la saison , ce qui se comprend , sa végétation ayant été devancée de plusieurs mois. Cependant les roses des Indes, qui ont dans leur pays natal une végétation perpétuelle^ la supportent assez bien (thé bengale, bourbon, mulliflore, etc.).
Le mérite de cette greffe n'est pas de former des sujets, mais de permettre d'obtenir une quantité de rameaux de variétés encore peu répandues, rameaux précieux pour greffes et boutures, et que l'on n'aurait pu obtenir que beaucoup plus tard,. en aussi grande quantité, par la greffe ordinaire.
La greffe forcée se pratique à partir du 15 janvier jusqu'en avril : faite plus tôt, le soleil n'a pas assez de force et le succès est moins assuré ; les sujets à préférer sont ceux qui se mettent le plus facilement en sève, tels que l'églantier et surtout le rosier bifère, dit quatre -saisons, et particulièrement sa variété dite de Puteaux, variété qui entre promptement en
végétation et se cultive facilement en pot, à cause de ses faibles dimensions. 11 est vrai qu'elle forme, étant greffée, un sujet peu durable, ce qui importe peu, puisqu'on en a obtenu une quantité suffisante de i-ameaux propres à greffer ou à bouturer.
On met en pots, à la fin de l'hiver, des jeunes brins du rosier de Puteaux qui ont été arrachés dans les champs au pied des vieux rosiers, et vendus en bottes par les cultivateurs de ce village. Les pots sont enterrés rez-terre dans une platebânde du jardin, puis le sol est recouvert d'un paillis et fréquemment arrosé pendant Télé. En décembre, ces pots sont placés dans une serre à multiplication, chauffée à l'eau chaude, et y sont enterrés dans une couche de terre non chauffée, les tagines du rosier ne devant jamais être chauffées.
On pratiquait, il y a quelques années, la greffe forcée sur ' fcoUche chaude ; cette méthode vicieuse est maintenant abandonnée; on ne chauffe que l'air, et encore lui donne-t-on une
Fig. 14. Greffe vue de Tace et de cùlé.
Fig. 1S. Sujet entaillé.
FIg. 16. Greffe lef-
température peu élevée, 13 degrés centigrades étant suffisants pour obtenir du rosier une végétation convenable. Une fois la sève du sujet en circulation, et aussitôt l'appari-
HU).TIPUCATION DU dOSlBA. Q9
tion des feuilles^ on pratique la greffe. On coupe un bout d« rameau à la longueur de îî à 7 centimètres, en conservant deux ^euXj puis on taille ce rameau en coin triangulaire sur son côté^ et sur une longueur de 2 à 3 centimètres, en parlant de l'opposé de l'œil de la base, (Fig. i4, A greffe vue de face, B greffe vue de côté.) On coupe ensuite la tête du sujet à 10 centimètres du sol ou plus (flg. 15); on y fait une entaille correspondante sur un côté, puis on y introduit la greffe en faisant en sorte que les écorces coïncident parfaitement; sans cette dernière condition, la greffe ne reprendrait pas. On maintient ensuite la greffe avec une ligature, puis on recouvre toutes les plaies de cire à greffer, sans oublier Teidrémité de la greffe (fig. 16, grandeur exacte).
Cire à greffer.
500 grammes poix blanche.
120 — poix noire.
120 — résine.
100 — cire jaune.
60 — suif.
Autre recette plus simple.
Poix noire 300 grammes.
Mastic de fonlainier, 200 — Cire jaune 100 —
On fait fondre le tout sur un feu doux; on donne de la consistance, au besoin, avec de la cendre de bois tamisée; on rend plus liquide avec un peu de suif; on évite de se servir de cette eire si elle est trop chaude, pour ne pas brûler la
Cire à greffer à froid,
500 grammes cire jaune.
500 — térébenthine grasse.
250 — poix de Bourgogne.
iOO — suif.
Faire tçnàvp le (put, conserver en paiOi pvU r^iwplUr epitr#
les doigts avant de s'en servir; elle est d*une application moins prompte que les cires employées chaudes.
Une fois la greffe faite, on la couvre d'une cloche, si l'air de la serre est trop sec, puis on enlève cette cloche quand la reprise de la greffe est assurée, et lorsque la pousse a 10 centimètres environ , car elle s'étiolerait si cette cloche était conservée plus longlemps.
Au bout de dix jours, la greffe se développe; on supprime alors les bourgeons du sujet, sauf un seul placé près de la greffe, lequel est conservé comme œil d'appel et doit se trouver placé à l'opposé de la greffe; on le pince plus tard, quand il atteint 15 centimètres environ, puis on le supprime lorsque la tèle du rosier est formée.
Au bout de six semaines, le bois est en partie aoûté; on coupe alors les rameaux à une certaine hauteur, pour qu'ils puissent servir à leur tour de greffes ou boutures. On a soin de conserver au moins trois ou quatre yeux sur chaque rameau. Ces yeux repoussent, mais les bourgeons qu'ils produisent ne sont pas coupés une seconde fois , pour ne pas ruiner le sujet. Fin avril, on place les rosiers greffés sous un châssis à froid, pour les accoutumer peu à peu à l'air libre.
Les sujets greffés en janvier sont livrables en avril; ceux de février et mars sont livrables à la mi-mai, époque où ils sont mis en pleine terre, en faisant en sorte que la motte ne soit pas brisée en dépotant le rosier.
Quelques rosiéristes se contentent de multiplier les roses nouvelles en les greffant à froid en janvier, puis ils placent les rosiers greffés sous un châssis à froid ou sous une cloche; ces sujets reprennent parfaitement, mais avec plus de lenteur, et forment des rosiers mieux constitués que par le procédé cidessus.
Greffe herbacée.
Si on a intérêt à multiplier une rose nouvelle le plus possible et très-promptement, on choisit des sujets quatre-saisons ou églantiers de petite stature, en pots et parfaite-
ment repris, puis on enlève sur les rosiers forcés des rameaux à Fétat herbacé , qui sont greffés à leur tour en greffe forcée. Pour cette sorte de greffe, le rameau et le sujet doivent être en pleine végétation; s'ils remplissent cette dernière condition, la réussite sera parfaite.
On prépare la greffe et le sujet comme ci-dessus , mais on choisit des pousses herbacées et munies de deux ou trois feuilles, dont on ne^ conserve à chacune que les deux folioles de la base. On taille la partie inférieure du rameau en coin triangulaire, puis on coupe le sujet à quelques centimètres de terre (fig. i7), on lui fait une entaille correspondante à celle de la greffe, on introduit et fixe celle-ci avec une ligature, puis on enduit les plaies de cire à greffer presque tiède.
Les sujets, une fois greffés, sont placés en serre et sous cloche, et soumis aune température de i8"; ils développent promptement des rameaux qui sont à leur tour utilisés pour de nouvelles greffes ou boutures.
Cette greffe herbacée, qui est déjà le résultat d'une première greffe forcée , peut être faite de nouveau, ce qui permet de hâter la multiplication du rosier d'une manière remarquable.
Fig. n. Greffe herbacée sur sujet forcé.
Greffe forcée en écusson herbacé.
La greffe forcée peut se faire également avec un écusson levé sur une pousse herbacée, et placé sur le sujet comme un écusson ordinaire; seulement, il faut se garder d'enlever la languette de bois que contient Fécusson.
Cette greffe ne réussit parfaitement que si les sujets sont en
pleine sève.
fOS PUNT4T10.BÎ.
Greffe forcée en fenie sur racine*
En mars, on coupe par tronçons de 20 centimètres d^ longueur les racines traçantes et charnues de Téglantier; oo greffe en fente une des extrémités; on les met en pots, puis on les chauffe dans une serre tempérée. Ce$'deu)^ dernièreç greffes sont peu usitées dans la pratique.
D'une plantation bien faite dépendent la vigueur et h durée du rosier ; mais s'ensuit-ii de Là qu'une plantation blfia faite doit être par cela même une plantation coûteuse, et que la réussite ne peut être assurée que par de profonds défoncements, un excès de fumier, et le choix de forts sujetis, natu-srellemenl plus coûteux? Nous croyons que le contraire se présentera le plus souvent, et que des rosiers de moyenne stature^ simplement plantés dans un &o\ remué à un fer de bêche^ se trouveront dans des conditions plus naturelle^ àfi végétation que les rosiers précédents. Par un fgrt àétoaç/^ ment, on a mélangé la terre du sous-sol avec celle de la surface, ce qui appauvrit la terre pour de longues années, surtout si le sous-sol n'est pas de qualité supérieure. On croit y remédier à force de fumier, mais son contact avec les racines est une cause de mortalité par les chancres et moisissures qu'il occasionne. De plus, les forts sujets, si redierchés de nos jours^ sont rarement sains et durables, et Leur reprise est toujours difficile.
Une plantation sera parfaite si les rosiers se trouvent dans des conditions telles que rien ne vienne contrarier leur vég4-
FiANTATION. 1Q3
|j»Upn 9 «'ils ont été plantés à une profgndeur convenable, dans im sol de honne qualité et suffisamment meuble, et s ilji ^ont assez espacés entre euji et des arbres voisins , pour ne pas être privés d'air et de lumière.
Nous avons étudié, au chapitre églantier, les principales règles à suivre dans la plantation ; nous y ajouterons celles qui s'appliquent particulièrement aux rosiers plantés à demeure dans un jardin.
On doit être autant que possible fixé avant la plantation sur Teffet qu'elle doit produire dans Tordonnance générale du jardin» 3i ce jardin est dessiné à Tanglaifie, les rosiers seront en massifs et en corbeilles, et reflet décoratif sera produit par leur ensemble. Dans la plate-bande en lignes droites d'un jardin à la française, chaque rosier, espacé de ses voisins, produira de l'effet isolément par sa forme élégante et par la beauté de ses deurs. Ce dernier mode de plantation convint surtout aui^ rosiers de collection, qui demandent à être a^sez espacés, pour donner des fleurs de premier ordre.
D'après ces considérations, il n'est pas possible d'assigner une distance à mettre entre chaque pied de rosier, cai* elle peut varier selan l'efl^et que l'on veut obtenir, et surtout selon la vigueur de la variété, tel rosier nain en touffe pouvant se contenter de cinquante centimètres, lorsque certaines variétés vigoureuses exigeront deux mètres et plus; enfin, il faut toujours songer k laisser un espa^ convenable libre autour de la toiifle, afin qu'elle ne soit pas privée d'air et de lumière^
En général, on a tort de vouloir que des rosiers garnissent nn massif, aussitôt pUnlés; étant trop serrés, les rosiers vigoureux étouffent les faibles sous leur puissante végétation ; au bout de peu d'années la planfation est irréguliière, et, par suite, d'un aspect peu agréable. Ces rosiers produisent le mêm^ effet qu'uu faible taillis d'arbres trop serrés comparé à un arbre isolé portant haute et fière sa belle tête aiToqdie.
Les rosiers s^ont plantés plus ou moins serrés, selon qu'ils doivent être disposés en massifs ou en ligues, en tenant immpfe de détendue du jardin , l'effet produit n'étant plus le
même selon qu'il est plus ou moins grand. Les rosiers plantés en lignes dans les plates-bandes des Tuileries sont espacés de trois mètres environ ; plus serrés , ils se nuiraient mutuellement au point de vue du coup d*œil. Dans un petit jardin, des rosiers-tiges peuvent paraître convenablement espacés s*ils sont plantés à un mètre.
Dans une plate-bande en lignes droites, les rosiers plantés sur une même ligne doivent avoir une même hauteur, à moins qu'on ne plante alternativement un sujet nain et un sujet élevé, mais s'ils sont plantés en corbeille, leur hauteur doit augmenter peu à peu, pour que l'on puisse admirer leur floraison d'un seul coup d'œil. La gradation ne sera pas trop prononcée, pour que les sujets élevés ne puissent nuire aux autres en les étouffant sous la masse de leur feuillage.
Nous avons dit les raisons qui nous font conseiller quatrevingts centimètres à un mètre de tige; mais il en est encore une qui ne peut être passée sous silence : c'est le mauvais effet produit par le manque de proportions qui existe entre la tige grêle et la tête trop élevée d'un rosier, sur tige, qui enlève à cet arbrisseau toute l'élégance qui le distingue ; on sait du reste que cet excès de longueur nuit à la durée du sujet.
Certains rosiers, palissés le long de la façade d'une maison de campagne, sont souvent greffés sur tige fort élevée , trois mètres et plus, mais il ne faut pas oublier que les églantiers qui leur servent de sujets sont arrachés dans une haie voisine, replantés immédiatement, et qu'il est rare que des tiges de pareille longueur puissent réussir si elles sont arrachées au loin, plusieurs jours à l'avance.
Un tuteur est indispensable dans le cas où le rosier a besoin d'être soutenu et redressé, ce qui se présente les deux ou trois premières années qui suivent la plantation, et toujours lorsque le rosier a une tige élevée. Nous ne saurions trop déplorer, quand il en est ainsi, la mauvaise habitude de se servir de forts (^(liartiers d*échalas pour tuteurs , car l'œil ne peut être satisfait en voyant le plus gracieux des arbrisseaux maintenu et étranglé par un pareil support !
Nous avons toujours évité de donner des tuteurs à nos ro-
siers une fois qu'ils étaient parfaitement redresses et qu'ils avaient atteint une certaine force; d'une hauteur mddiocre, ils se sont toujours maintenus dans une bonne direction^ tout en conservant leur élégance.
Les rosiers gagnent à être plantés en massifs sur le bord d'une pelouse, dont la fraîche verdure relève l'éclat de leur^ fleurs.
Mais pour que ces massifs puissent se maintenir réguliers, on doit faire en sorte que les variétés qui les composent soient à peu près d'égale végétation ; on les forme soit avec des hybrides remontants, sans mélange, soit avec les autres espèces cultivées. Il suffirait qu'un sujet d'espèce différente fût mêle dans le massif pour que la symétrie en soit détruite. Cependant on peut former un massif d'un bel effet en le composant d'espèces vigoureuses au centre et d'espèces de vigueur moyenne au pourtour.
Si on forme le milieu de ce massif avec le rosier aimévibert et le pourtour avec le rosier général -jacqueminot, l'effet produit sera remarquable, les fleurs blanches du rosier airaé-vibert faisant le plus brillant contraste avec le pourpre éblouissant de l'autre fleur.
On formera de beaux massifs avec les sujets à rameaux longs, pris parmi les variétés noisette les plus vigoureuses, telles que chromatella, ophirie, solfatare, desprez, aimé-vibertJ on peut y ajouter la belle variété gloire-de-dijon, qui fai partie des roses thé, mais ces rosiers doivent être assez espacés et taillés longs.
La rose aimé-vibert étant la seule rose de nuance blanc pur communément cultivée, elle doit entrer en forte proportion dans la composition du jardin, car elle a le mérite de fleurir à une époque où les rosiers remontants ont terminé leur première floraison, et elle est de plus très-florifère.
Cette variété compose la moitié des rosiers qui garnissent les plates-bandes des Tuileries, un rosier aimé-vibert à fleurs blanches s'alternant avec un hybride remontant à fleurs roses; cette combinaison est des plus heureuses, et mérite d'être copiée dans les jardins étendus.
Les massifs peuvent être composés de variélés de la ipême espèce en mélange, ou uniquement d*une seule variété, mais celte dernière doit être florifère et de nuance brillante. Les roses d'un rouge vif sont surtout recherchées pour cet objet; leur effet sera d'autant plus remarquable que les sujets seront peu élevés sur tige, le peu d'élévation du massif permettant de jouir de l'ensemble de sa floraison.
On forme les massifs à fleurs blanches avec le rosier aimevibert. Le rosier souvenir-de-la-malmaison, franc de pied, forme des corbeilles élégantes, mais qui doivent être de faibles dimensions.
On met quelquefois les rosiers du roi en massifs, parce qu'ils ont l'avantage d'être constamment fleuris, mais les pieds doivent être assez rapprochés, cette variété étant peu garnie de feuilles à la base. Le rosier cramoisi supérieur et le rosier général-jacqueminot forment également de superbes corbeilles, le pourpre éblouissant de leurs fleurs produit un effet admirable. Le premier est planté franc de pied, le second en haute lige.
Les rosiers noisette les plus vigoureux, les rosiers capucine et quelques hybrides à rameaux élancés, conviennent parfais tement pour border les massifs d'arbustes, pourvu qu'ils ne soient pas privés d'air et de lumière par le voisinage d'arbres élevés. Ils doivent être francs de pied et taillés longs, pour former une belle touffe arrondie et florifère.
Dans une corbeille formée de variétés en mélange, les sujets les plus vigoureux et les plus élevés garnissent le milieu, et les plus faibles forment le pourtour (fig. 18). 11 n'est pas avantageux de former le massif avec un mélange de rosierstiges et de sujets francs de pied, la hauteur inégale de ces rosiers produisant un effet fâcheux, et les plus élevés étouffant les basses tiges. 11 vaut mieux placer les rosiers-tiges au centre et les rosiers francs de pied au pourtour.
Les sujets francs de pied forment de superbes massifs^ qui font un effet remarquable sur les bords d'une pelouse. Les cent-feuiUes, thé, bengale, forment des touffes assez rapprochées du sol; mais certaines variétés vigoureuses, noisette et
PIANTATIOS.
Fig. IB. Massir de rosiers haute tige.— Fig. 10. Massir de rosiers francs de pied^ — Fig. 20. Massir de rosiers francs de pied vigoureux.
bengalc^ qui donnent de longues pousses et des touffes élevées, seront réunies à part, pour former des massifs de grande dimension. Chaque sujet sera maintenu par un tuteur et taillé long, un mètre h un mètre cinquante centimètres; s*il est fi-anc de pied, il sera espacé de un à deux mètres (fig. 20).
11 est avantageux de placer isolément, en avant des massifs d'arbustes, quelques rosiers malton et ayrshire sur haute tige de un à deux mètres. Formant de forts sujets, ces rosiers ornent admirablement une pelouse et se couvrent de milliers de fleurs ; le rosier ayrshire greffé à haute tige donne une quantité de rameaux moins allongés que sur le franc de pied^ et qui s'inclinent gracieusement vers la terre.
Deux beaux rosiers de malton en haute tige placés de chaque côté d'une porte d'entrée de jardin ou grille de bassecour formeront bientôt une forte tête arrondie. Les rosiers grimpants serviront à orner ou à cacher la nudité d'un mur, d'un rocher, d'un tronc d'arbre, etc. Sous notre climat, les roses des Indes, étant susceptibles de périr par le froid des années rigoureuses, doivent être réservées pour garnir les murailles ; le rosier multiflore est précieux pour orner la façade d'une maison ou d'un mur; le rosier banks convient pour l'entrée d'une porte cochère, pour garnir un mur dénudé ou un berceau, dans un jardin abrité. Le tronc d'un arbre isolé prendra un aspect enchanteur si un ou deux rosiers rustiques de la variété ayrshire, plantés à quelques mètres de lui, s'élancent et le rejoignent pour le transformer en une véritable colonne de fleurs.
Indépendamment de sa beauté et de son parfum, la rose se distingue encore par le mérite inhérent à toute fleur de collection, mérite d'une nature particulière, qui augmente, en les variant sans cesse, les jouissances que ressent à sa vue un amateur éclairé, quand il s'attache à former une collection des plus belles variétés. De pareilles collections se rencontrent communément; nous citerons parmi les plus remarquables celle qui fut créée par M. Hardy, au Luxembourg, et qui contenait les principaux types des espèces indigènes et exotiques; celle de M. de Sensal, près Paris; celle du Jardin des plantes.
^ particulièrement riche en roses moussues et multiflores; celle de M. A. Leroy^ à Angers^ qui comprend les belles roses anciennes conservées à côté des nouvelles; puis les collections des rosiéristes commerçants, toujours riches en nouveautés, etc.
Certains amateurs se contentent de disséminer la collection dans leur jardin ; d'autres la rassemblent dans une partie réservée^ qui prend alors le nom de roseraie. Les amateurs anglais suivent plus communément cette dernière méthode, qui a Tavantage de permettre la comparaison des variétés entre elles. Mais on n'a pas toujours un jardin assez étendu pour pouvoir en distraire une partie pour cette culture spéciale.
Pratique de la plantation.
Les rosiers sont choisis de grosseur moyenne et d'une année de greffe; il suffit que le sol soit défoncé à 60 centimètres, s'il n'est pas de bonne qualité; s'il est fertile, la profondeur d'un fer de bêche sera suffisante, il faut éviter surtout de mélanger la couche végétale supérieure avec la couche inférieure. Un défoncement trop profond est inutile et parfois nuisible, excepté dans certains sols compactes ou peu fertiles.
L'habitude de planter le rosier en corbeilles ou plates-bandes bombées, a l'avantage d'augmenter l'épaisseur de la couche végétale par un apport de terre. On donne premièrement un labour à un fer de bêche sur remplacement de la corbeille, puis on apporte à la brouette une quantité suffisante de terre prise à la surface du sol et par conséquent végétale, puisqu'elle a toujours été fumée et labourée. Une terre neuve de champ, prairie ou gazon de jardin est préférable à la terre terreautée et par trop légère du potager, et surtout à une terre épuisée par les racines de rosiers ou autres arbustes qui ont longtemps occupé le sol. Une plante vient mal dans une terre où a végété une plante de même espèce ou d'espèce analogue.
Le rosier aflTectionne singulièrement les fumures; mais elles le font souvent périr en provoquant la pourriture et le blanc des racines. Quand le fumier a été enterré la première année,
les tosiers poussent avec ligueur; mais beaucoup périssent subitement les années suivantes. Il n'en est pas de même de tertains composts formés de ciirures de fossés, feuilles pourries, gravats et débris de démolitions, qui conviennent parfaitement à la végétation du rosier.
Il est plus avantageux de mettre le fumier en couverture au pied du rosier : il produit alors le double effet de fumer ôt de garantir de la sécheresse.
Le rosier doit être peu enterré : 10 centimètres du plus; on le garantit de là sécheresse la première année par un fort buttage de terre, si on le juge convenable.
Les rosiers demandent une terre libre de mauvaises herbes; ils ne donnent qu'une Uiste végétation lorsqu'ils sont étouffés par une masse de fleurs. 11 faut surtout se garder de faire des labours annuels à la bêche au pied des rosiers : leurs racines traçantes, étant alors séparées du pied, développent continuellement des drageons nuisibles. Des binages répétés sont suffisants pour le rosier, qui, une fois planté, n'aime pas une terre par Irop ameublie.
Époque de la plantation.
Il faut éviter de faire la plantation de trop bonne heure. Si les rosiers sont arrachés fin octobre et commencement de novembre, ils sont encore le plus souvent en pleine végétation et souffrent de l'arrachage. La plantation faite en janvier n'est pas avantageuse, la terre étant alors froide et humide ; faite trop tard, au printemps, le rosier s'enracine mal et périt souvent par suite de la sécheresse. Cet arbrisseau est, du reste, d'une reprise difficile, son bois moelleux se désorganise facilement et son écorce se flétrit promptement par suite de l'arrachage. On doit le planter de préférence en décembre, avant les grands froids. Les rosiers des Indes, étant sujets à périr en hiver, seront plantés de préférence en février, sitôt après les fortes gelées. (Bengale, thé, multiflore.)
Si le rosier est arraché depuis un certain temps, et s'il a souffert du transport^ on l'enterre complètement, branche<) et
PLAUTATimi. 111
racines^ pendant quinze jours, dans une fosse comblée de terre; on le relire par un temps couvert, puis on le plante immédiatement. On refuse les rosiers dont la tige est trop forte et disproportionnée avec la tête du sujet, ceux qui n*ont que des pousses chétives et ceux qui ont été arrachés depuis longtemps, ce dont on s'assure en grattant avec l'ongle l'écorce des racines.
Avant de planter, on rafraîchit les racines^ on retranche les drageons charnus et les racines meurtries, tout en ménageant le chevelu. On plante par un temps doux, ni trop sec ni trop humide; on a soin de tasser doucement avec la main la terre autour des racines, sans laisser aucune cavité, ces cavités se garnissant de moisissures qui gagnent les racines du sujet et le font périr.
Il faut éviter les forts arrosements en plein soleil, par les grandes chaleurs, ces arrosements provoquant la formation du blanc des racines.
Selon M. Leroy, d'Angers, il faut, après les froids, fouler la terre avec les pieds autour de la tige des sujets nouvellement plantés : la gelée, ayant soulevé le sol, déchausse les racines du rosier, et l'expose à périr par les sécheresses du printemps*
La taille ne sera ni trop courte ni trop longue, la première année de plantation, afin de conserver des yeux convenablement constitués, tout en concentrant la sève.
i\^ VÉGÉTATION DU ROSIER.