‹ La taille du rosier, sa culture, ses belles variétésChapitre 20 sur 69 · ÉTUDE DES PRODUCTIONS · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES PRODUCTIONS

Étude, au point de vue de la taille, des productions du rosier.

11 n'est pas possible de tailler convenablement un rosier si on ne connaît pas, en les dénommant^ chacune des productions qui se développent sur lui. Une fois étudiées, on peut les utiliser ou les rejeter avec connaissance de cause, et obtenir sûrement un résultat convenable. Sans cette étude des productions, la taille n'est plus qu*une véritable tonte, susceptible de conserver au rosier une forme plus ou moins régulière, mais de nul effet au point de vue de la beauté et de la régularité de la floraison.

En examinant un rosier avec attention, on voit que les pousses qui se sont développées, sur le bois de Tannée précédente, ont quelque analogie entre elles, selon leur force et leur position. On distingue bientôt les rameaux à bois A, fortes pousses qui se développent à la base des branches (quand elles sortent des racines, elles portent le nom de drageons B); les rameav^x florifères C, pousses moins fortes que les précédentes, moins longues et terminées par des fleurs solitaires ou en corymbe. De faibles brindilles D se développent sur les parties peu favorisées par la sève; elles sont minces, courtes, terminées quelquefois par une fleur solitaire, ou ne sont pas assez fortes pour fleurir. On remarque aussi que des bourgeons se développent en été sur les rameaux de l'année, et qu'ils fleurissent sur certaines variétés, ce qui procure une seconde floraison. Ces bourgeons prennent le nom de ramilles anticipées ou ramilles remontantes E (fig. 27).

Si on étudie les yeux qui se trouvent le long d'un rameau, on reconnaît que ceux de sa base, sur une longueur moyenne de 5 à i 5 centimètres, sont des yeux fort peu prononcés, plats, et qu'ils se développent tardivement et avec difflculté; ces yeux, qui prennent le nom d'yeux latents, sont plus disposés, quand ils se développent, à donner des rameaux à bois que

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des rameaux florifères ; aussi doit-on éviter de tailler sur eux comme on ne le fait que trop souvent, à moins que Ton ne veuille obtenir une nouvelle charpente du sujet. Plus haut, on trouve les yeux bien constitués, qui se distinguent des

Fig. %*?. Produclions du rosier : A rameau à bois, B drageon, G rameau florifère, D brindille, E ramille remontante.

précédents en ce qu'ils sont fort apparents, qu'ils se développent de bonne heure au printemps, et qu'ils produisent des rameaux florifères avec d'autant plus de facilité qu'ils s'éloignent de la base du rameau qui les supporte.

Le rameau à bois A (fig. 27) est surtout convenable pour former la branche du rosier ; il se développe à la base des forts

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rameaui et sur le vieui^ bois. U est droit, lisse, vert teodre, et végète plus tardiveoient au printemps; aussi estril moins coloré et aoûté (mûr). Sa longueur est parfois considérable, mais il est peu ilorifèr^, surtout sur les rosiers non remontants; et sMl fleurit, les roses sont en touffes à rextrémilé inclinée du rameau, ne sont pas toujours parfaites et font peu d'effet, étant trop inclinées et serrées les unes contre les autres. Si le rameau sort des racines, il prend le nom de drageon B, il est vigoureux et convenable pour former de nouvelles branches.

Le rameau florifère C est un rameau qui se développe sur les yeux bien constitués et sur le bois de vigueur convenable ; il est à peu près de la grosseur d'un tuyau de plume, généralement raide et droit, et se termine par un corymbe de quelques fleurs qui s'épanouissent dans toute leur perfection. Il est plus mince, plus aoûté, plus coloré, plus coudé que le rameau à bois, et ses yeux sont plus prononcés, surtout vers la base. Ce rameau est parfait pour obtenir également de belles fleurs et de beaux rameaux de remplacement.

Ia brindille D est un petit rameau grêle, incliné et de peu de longueur; elle est Qorifère si elle est assez bien constituée pour donner une fleur, et ne l'est pas par défaut de vigueur et si elle est privé d'air et de lumière. Et se trouve principalement sur les rosiers non taillés et peu vigoureux; la taille en réduit le nombre sur les rosiers bien constitués.

Excepté les rosiers grimpants, sur lesquels il est convenable de conser\'er une quantité de brindilles florifères, pour augmenter la masse de fleurs, il n'est pas avantageux qu'il y ait beaucoup de brindilles sur les rosiers de collection ; avec la taille, on aura pu leur donner assez de vigueur pour les transformer en rameaux florifères; cependant il est toujours bon que quelques brindilles sorties des yeux inférieurs vieniient garnir la base de la touffe.

La ramille remontant$ se développe, danp le courant de l'été, sur les rameaux feuillus du printemps, et plus particulièrement vers l'extrémité; la gloire- de -dijon est la seule variété qui^ à notre connaissance, développe un grand nombre

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de courtes ramilles florifères le long des rameaux feuillus.

La ramille> se déyeloppant tardivement, est faible, mal constituée, et d*un vert pâle ; aussi doit-elle être supprimée à la taille après sa floraison, car elle est souvent détruite par les gelées d'hiver.

En résumé, les rameaux à bois serviront k former les branches; les rameaux florifères formeront également les branches et donneront une belle, abondante et régulière flo-r raison. Les brindilles ne seront utilisées que dans certains cas, et les ramilles remontantes donneront la seconde floraison ^ mais ne seront pas utilisées pour la formation des branches.

La taille du rosier a pour but de le maintenir sain et vigoureux, de lui faire produire une belle, abondante et régulière floraison, et de lui donner une forme agréable, en rapport avec son mode particulier de végéter. On obtient ce résultat en supprimant les productions inutiles et en favorisant le parfait développement des productions utiles.

Abandonné à lui-même, le rosier forme une touffe des plus florifères, ce qui pourrait faire croire qu'il n'est pas indispensable de le soumettre à la taille ; mais si on étudie l'état des différentes parties du rosier non taillé, on reconnaît qu'un grand nombre de branches et rameaux qui composent la touffe sont épuisés et dépérissants, et nuisent aux rameaux bien constitués. Les fleurs sont abondantes, mais imparfaites

et de peu de durée. Si ce âont des roses moyennes et semidoubles^ elles fleurissent bien et produisent un bel eifet comme ensemble; mais^ sans la taille, il ne faut pas compter obtenir dans toute leur perfection nos belles roses doubles* de collection.

Le rosier taillé donne des fleurs en moins grande quantité, mais elles sont plus régulièrement réparties sur la touffe, et atteignent leur plus haut point de perfection. L'effet est surtout produit par le mérite individuel de chaque fleur. La taille sera donc faite avec d'autant plus de soin , qu'il s'agira d'une variété hors ligne et à grandes fleurs doubles ; cette taille ayant alors pour but de faire développer ces fleurs dans toute leur beauté.

La taille consiste :

\^ A supprimer les parties dépérissantes ou mal placées, pour favoriser le parfait développement des parties utiles qui doivent être conservées.

S'' Diminuer le nombre des productions en excès, puisqu'il se développe chaque année sur le rosier plus de rameaux que la sève ne peut convenablement en entretenir.

3*» Raccourcir la longueur des rameaux, pour concentrer la sève sur quelques yeux de leur hase, afin que ces yeux puissent donner des rameaux florifères.

4° Remplacer chaque année les rameaux qui ont fleuri, par de jeunes rameaux qui doivent fleurir à leur tour : on sait que la rose se développe sur les pousses de l'année; il s'agit donc de favoriser le développement de ces pousses par la suppression de celles qui ont fleuri.

5* Répartir également la sève en donnant aux branches une direction convenable et une hauteur égale, pour qu'elles soient également vigoureuses et florifères , et qu'il soit possible de jouir de leur floraison d'un seul coup d'œil.

6° Augmenter le nombre des branches ; si on taille un rameau, on obtiendra sûrement, sur la partie taillée, deux ou trois rameaux, qui formeront autant de branches à la hauteur où on a voulu qu'elles soient placées.

Principes de la taille.

Pour tailler d*UDe manière raisonnée^ on doit se guider d'après les principes suivants :

i° Pour obtenir unebelle^ abondante et régulière floraison^ il faut^ avant tout, une belle végétation. Si, par une taille raisonnée, un rosier est conservé sain et vigoureux, on peut être assuré que sa floraison sera parfaite.

2^' Toutes les branches du rosier doivent être le plus pos> sible de même vigueur, longueur, forme et direction. Si on les établit ainsi à la taille, on peut être sûr qu'à Tépoque de sa floraison, le ro^er présentera une forme belle et régulière.

S'il se trouve sur le rosier taillé des branches fortes et des branches faibles, les fortes absorberont la sève aux dépens des faibles, et la tête du rosier sera irrégulière. S'il se trouve des branches longues et des branches courtes, la sève se portera de préférence vers les branches longues, et les branches courtes s'affaibliront.

11 existe cependant une exception à cette règle pour les rosiers palissés le long d'une muraille ou d'un treillage. Leurs branches sont taillées alternativement courtes et longues, afin de répartir également la végétation et la floraison sur toute la hauteur de la muraille.

S'il se trouve sur le rosier des branches verticales et des branches inclinées, la végétation sera inégale, la sève se portant de préférence vers les branches verticales, abandonnera les branches inclinées, qui seront alors sujettes à l'épuisement.

3® Les branches du rosier doivent recevoir une quantité convenable de sève, d'air et de lumière. Pour obtenir ce résultat, il faut en réduire le nombre, pour qu'elles ne se nuisent pas mutuellement.

4® Le rosier ne fleurit que sur les pousses de l'année ; le vieux bois devient donc inutile et doit être supprimé; on ne

conserve que la portion de ce vieux bois qui doit servir de support aux jeunes pousses.

5<» Une taille courte favorise le développement du bois et diminue le nombre des fleurs. Trop courte et répétée ainsi chaque apnée, la faille finit par affaiblir et ruiner )ç rosier.

Une taille longue affaiblit la végétation et rend la floraison plus abondante^ mais généralement moins parfait^.

Une taille moyenne et raisonnée favorise I4 production du bois et rend en même temps la floraison plus parfaite.

Observation importante* — On peut^à 1-aide de la ts^ille^ fortifier ou affaiblir une branche.

\° On donne de la vigueur à une branche en la taillant courte, si toutes les autres branches sont taillées également courtes. On comprend que la sève concentrée fasse développer toutes ces branches avec plus de vigueur.

2^ On affaiblit une branche en la taillant couriej, ii toutes les autres branches sont taillées longues. L,a sève se porte de préférence vers les branches longues^ et abandonne h branche courte, qui se trouve dans nn état d'infériorité marquée. .

3^ On donne de la vigueur à une branehe en la taillant longue, si toutes les autres branches sont taillées courtes. La branche longue domine les autres; étant plus élevée et garnie d'un plus grand nombre d'yeux^ elle attire à elle toute la sève.

4° On affaiblit une branche en la taillant longue, si toute$ les autres branches sont taillées également longues. Les branches ont trop d'étendue pour que les racines puissent leur fournir une quantité suffisante de sève; elles s'affaiblissent mutuellement et végètent avec moins de vigueur.

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