TAILLA. 13T
Observations sur la circulation de la sève.
La séye qui circule dans les vaisseaux des plantes obéit à des lois qui ne sont pas encore parfaitement connues^ tout ce qu'on a pu en dire jusqu'ici se basant sur des hypothèses. Les circonstances qui agissent sur la circulation et les effets extérieurs qu'elles produisent sur la végétation sont^ au contraire, assez connues pour permettre à l'arboriculteur d'activer ou de ralentir cette circulation. Voici^ à ce sujet, les faits qu'une longue expérience a permis de constater.
La sève du rosier se met en mouvement à la fin de l'hiver, une température assez basse suffisant pour que cette espèce puisse végéter. Après la floraison du printemps, sa circulation subit un ralentissement, sans toutefois qu'elle soit arrêtée complètement. Au milieu de l'été, elle reprend un nouvel essor, puis cette sève, dite sève d'août, termine son mouvement ascensionnel plus ou moins tardivement à l'au^tomne.
Sur les espèces vigoureuses, la sève ne subit pas de ralentissement en été; sur les espèces des Indes, la végétation est continue et les feuilles sont demi-persistantes; mais sous notre climat, les froids viennent l'arrêter subitement. La facilité avec laquelle l'écorce se soulève de l'aubier, annonce que la sève circule dans les rameaux.
i° La sève tend toujours à s'élever; elle abandonne les parties inférieures pour se porter vers les plus élevées.
2° La sève se porte de préférence vers les parties éclairées et aérées, et abandonne celles qui sont privées d'air et de lumière.
3^ La sève circule avec plus de facilité dans les branches verticales, et tend à abandonner celles qui sont horizontales ; l'etret est plus ou moins sensible, selon que ces branches sont plus ou moins inclinées.
On tire, dans la pratique, un grand avantage de la connaissance de ces observatiops sur la sève.
428 TAILLE d'un rameau.
Effet de la taille sur un rameau.
Fig. 28j rameau non taillé : A taille très-longue, B taille moyenne, C taille courte.
Les rameaux ayant le même mode de végéter, il nous suffira d'étudier sur un rameau le résultat d'une taille courte, moyenne ou longue, pour juger celui qui est produit sur tous les rameaux, quelle que soit leur vigueur.
Plus le rameau est vigoureux, plus les yeux latents qui en garnissent la base sont nombreux et écartés; ils occupent à peine 5 centimètres sur les rameaux faibles, et cette longueur s'étend jusqu'à 30 centimètres et plus sur les rameaux forts. Sur les drageons qui sortent de terre, ils occupent parfois plus du tiers de la longueur. Ces yeux latents sont plus disposés à dQnner des rameaux à bois.
Les yeujt bien constitués se trouvent au-dessus des yeux latents ; ils sont plus prononcés et se développent de bonne heure, au printemps, en rameaux florifères. On doit établir la taille sur ces yeux, si on désire obtenir sûrement une belle floraison. Ils se trouvent plus ou moins éloignés de la base du rameau, en raison de la vigueur de celui-ci.
Les yeux terminaux d'un rameau non taillé sont généralement mal constitués, l'extrémité des rameaux n'ayant pas eu le temps de s'aoûter. Ces yeux poussent faiblement, par suite de l'excès de longueur du rameau, et ne donnent que des brindilles florifères.
Résultat des tailles faites sur ce rameau.
Le rameau non taillé ne donne qu'une végétation capricieuse et affaiblie; végétant seulement vers son extrémité, il reste dénudé à la base et sur une grande partie de sa longueur; les fleurs sont abondantes, mais peu durables et moins parfaites.
Taille longue, fig. 29. Le rameau d'un rosier-tige est taille long, c'est-à-dire à une longueur qui dépasse les quatre ou