III. — LES CHEVAUCHÉES DES ÉLUS
Tous les règlements prescrivaient aux élus de faire chaque année des chevauchées dans leur élection, pour « s'informer bien particulièrement des moyens et facultez des habitans, de l'abondance ou stérilité de l’année, du nombre des charues et trafic qui se fait esdites paroisses, ensemble de toutes les autres commoditez et incommoditez qui les peuvent rendre riches ou pauvres, comme aussi des noms des exempts et de la cause de leurs exemptions, pour connoitre si aucun d'eux s’attribue induement ladite qualité; voir s’il y a de l'inégalité ès taxes des particuliers habitans, soit en excès ou diminution ?. » Il leur était interdit de « faire leurs chevauchées deux années consécutives en même paroisse, ains seront tenus de changer de département par chacun an sans pouvoir choisir les paroisses qu'ils auront une fois eues en département qu'ils n'ayent été en toutes les paroisses de leur élection ? ».
En Normandie, où les paroisses sont groupées en sergenteries, chaque élu reçoit une ou plusieurs sergenteries pour sa part; il doit se rendre dans chaque localité « incontinent après la récolte », y interroger les principaux habitants, les collecteurs, les marguilliers et les syndics, s'informer de l’état des récoltes et généralement de tout ce qui peut servir de base à la répartition de l'impôt. Son procès-verbal doit être déposé au greffe de l'élection * avant le mois d’octobre, sous peine de privation de ses gages”; en aucun cas les gages ne peuvent lui être payés sans la présentation du procès-verbal 6,
Ces prescriptions accumulées par une législation de plus de deux siècles montrent l'importance qu'on attachait à ces chevauchées. Dans une déclaration de juin 1517 le roi disait que par la négligence des élus à les faire, il « est advenu et jour-