LA RÉUNION DE LA COMMISSION
tude et à l’époque de Mazarin les intendants eux-mêmes retardaient le plus possible la répartition pour permettre aux traitants de mieux recouvrer les impôts arriérés. La première année où Colbert s'occupa de la taille, il prescrivit la plus grande diligence possible à ses subordonnés : la lettre de cachet du 12 décembre 1662 faisait observer aux Bureaux des finances que les commissions étaient expédiées plus tôt qu'auparavant pour que l'intendant « puisse avoir le temps de travailler aux départemens des eslections pour connoistre l’estat de chacune parroisse et soulager celles qui en auront le plus besoin! ». Les années suivantes, il fit souvent la même recommandation aux intendants, les blämant quand ils tardaient, les obligeant à commencer au reçu des commissions, et à terminer dans le plus bref délai possible ?. Toutefois les intendants ne pouvaient se mettre au travail avant le mois de septembre, car ils ne pouvaient connaître plus tôt le résultat des récoltes et les translations de domiciles *.
En Normandie, les départements furent d’abord commencés assez tard dans l’année : malgré la lettre de cachet royale, ils ne furent faits qu'à la fin de novembre dans la généralité de Caen en 1663*. Mais en 1664, un changement survint : dès le début de septembre, les trois intendants se mettaient au travail: celui de Rouen écrit le 7 qu'il attend avec impatience les attaches du Bureau des finances, et le 12, il commence sa tournée; celui de Caen commence le 20 septembre, celui d'Alençon écrit le 16 août qu'il va commencer « dans peu de jours », attendant seulement l'impression des mandements aux paroisses pour la levéef. L'année suivante, un nouveau retard se produit : les intendants ne commencent qu’au début d'octobre. Puis, à partir de cette date, l'usage s'établit dans les trois généralités de se mettre en campagne à la fin de septembre ou au début d'octobre; aucun retard ne se rencontre plus, même dans les années de guerre.
1. À, D. Calv. Bureau des Finances, Registre des commissions des tailles 1661- 72,1#212.
9. Lettres à l’intendant de Limoges, 11 nov. 1672 (Clém. II, 257), à Leblanc, 2 avril, 1677 (ibid., 376), à Breteuil, 22 août 1681 (B. Mun. Amiens, ms 508, t. II, pièce 344), 4 sept. et 7 oct. 1682 (tbrd., pièces 419, 462), etc.
3. L'intendant de Bourgogne écrit le 20 juillet 1664 qu’il ne pourra procéder au département « avant le moys de septembre, » (M. C. 122, f° 672.) Celui d'Orléans estime pareillement, en 1684, que l’on ne peut se mettre en campagne avant le 15 septembre, il ne verrait même aucun inconvénient à ce que les commissions ne fussent pas envoyées avant cette date, pour que l’on püût auparavant accorder des diminutions aux paroisses qui en ont besoin. (L. du 31 juillet 1684, de Boislisle, Correspondance, t. I, n° 97). i
L. D’après les départements de l'élection de Mortain, A. D. Calv. Registre d'états au vrai du receveur de l'élection, 1651-69 : en 1660, le département est achevé le 23 novembre, en 1661 le 30 novembre, en 1662 le 20 novembre, en 1663 le 20 novembre également. Nous n’avons pas de renseignements pour les deux autres généralités.