M. C. 155 fol
6. Let. du 3 oct. 1700, dans De Boislisle, Correspondance, t, II, p. 526: Au dos de la lettre, le contrôleur général a écrit : « Je voudrais qu’il pût persuader ce qu'il m'écrit à tous les fermiers, mais il y a bien peu d'hommes qui se fassent justice sur leur intérêt ».
ferme payoit 15 1. de taille, et que cela ne me devoit pas surprendre, attendu que c'étoit à peu près de même partout, à l'égard des fermiers des gens de condition ! ». Dans un édit de janvier 1713, le roi constate que, malgré tous les règlements antérieurs, « les seigneurs des paroisses se sont servis de leur autorité pour faire régler et cottiser leurs fermiers à des sommes modiques, et souvent pour faire exploiter leurs terres par d’anciens fermiers sous le titre de domestiques, qui sous ce prétexte n’ont point été imposés à la taille? »:; et dans sa circulaire aux intendants du 4 octobre 1715, le Régent dira : « Vous porterez toute votre attention à prévenir et borner l'autorité que les officiers des juridictions et les personnes puissantes exercent sur les collecteurs, pour se procurer à eux où à leurs fermiers des cotes médiocres, et faire rejeiter sur les autres habitans la taille qu'ils devroient supporter; c'est de là que sont venues les non-valeurs, la difficulté dans les recouvremens, les contraintes pour les solidités, la ruine enfin de plusieurs taillables * ».
Les influences perturbatrices qui intervenaient dans la confection des rôles s’ajoutant à celles qui viciaient le département entre les paroisses et entre les élections, on arrivait à de grandes inégalités entre les cotes des contribuables. Pour juger de ces inégalités, nous n'avons pas, on l'a vu, d'indications très précises ni très sûres. Toutefois, les détails portés sur certains rôles nous permettent de nous faire une idée approximative de la fortune des contribuables, et nous devons au moins relever les disproportions qu'ils font apparaitre.
Voici le role d’une paroisse protégée, Saint-Saens (élection de Neufchâtel), où Mme Colbert, sœur du ministre, est abbesse; l'imposition, 3 090 livres, en 1670, est répartie entre 421 feux,
soit 7 1. 7 s. par feu, en moyenne“. On y Rte
1. Ibid., p. 527. Cf. Le Detail de la France, éd. 1707, I, p. 22. Vers le même temps, Gauret considère ces protections comme si ordinaires, qu'il donne une formule d’acte pour les réprimer (Séile du Conseil, p. 303).