Mémoire du 1° sept. 1683, À. N. G1 71. | è
5. M. C. 149, f° 935. J'ai voulu, dit-il, « remedier a un mal general que j’ay trouvé presque dans toutes les eslections de cette generalité, dont les fermiers avoient este jusques a present accablez, ce qui estoit cause qu'il ne s’en trouvoit plus, que les terres estoient mal menagées, et les paroisses destituées de taillables en la personne desquels les deniers du roy fussent assurez ». Le sieur Pinet signale pareille surcharge en Poitou : « les taux des fermiers et mestayers passent le prix qu'ils payent a leurs maistres » (M. C. 142, f 197 : let. du
25 nov. 1666).
qui tiennent les paysans dans une dépendance étroite, et qui savent obtenir pour les paroisses .des faveurs au département de la taille‘, on comprendra comment leurs terres furent toujours très peu imposées.
L'aventure qui arriva un jour au receveur de Pont-l'Evèque; pour avoir voulu imposer un fermier du marquis de Silly, donnait à réfléchir à plus d’un : en 1670, l’intendant de Rouen avait ordonné que le rôle des Authieux-sur-Calonne fût dressé à l'Election de Pont-l'Evèque, en présence d'un élu et du receveur; là on découvrit qu'un fermier de M. de Silly, payant plus de 1500 1. de fermage*, ne payait que 32 I. de taille l’année
récédente ; le collecteur porte-bourse proposant de l'imposer à 150 L., le receveur transigea en fixant sa cote à 50 I. À cette nouvelle, le marquis adresse d’abord une lettre de menaces au receveur, puis il vient le trouver chez le président de l'Election; l’insulte, lui arrache sa perruque, et, le saisissant par le nez, lui crie : « Monsieur le receveur des tailles, sy vous estiez autre part que ceans, Je vous accommoderois comme 1l fault ». Le receveur ayant crié : « Au secours, À l’aide du roy! » fut délivré à temps ?; il s’en plaignit à Colbert, qui prescrivit une enquête, « estant très important que, dans des occasions pareilles, tout ce qu'il y a de gentilshommes dans la province soyent persuadés que le roy ne peut soufirir des actions de cette nature* ». L'intendant déclara que M: de Silly lui avait toujours paru un homme « fort sage », et que son geste était surprenant”, et l'affaire en resta là.
Après Colbert comme avant, les seigneurs trouvèrent commode d'accroître le produit de leurs’ baux en assurant une faible imposition à leurs fermiers. Boisguilbert, dans ses lettres :au contrôleur général, donne plusieurs exemples empruntés à son pays : les grands seigneurs, dit-il, « afferment avec leurs terres une presque exemption de taille. M. de Villeroy se trouve dans cette généralité à la tête de ceux de ce genre »; Mme de Rothelin a accablé de lettres l'intendant « pour 150 1. de taille que son fermier payoit sur 6000 I. de recette® ». Hier, au Neufbourg, écrit-1il le 31 décembre 1701, « par hasard je questionnai un laboureur d’une paroisse voisine, comme Je fais toujours : il m'apprit que le fermier de M. de Vieuxpont, sur 2 500 I. de