‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 353 sur 466 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

8. A. D. Calv. Elect. de Caen, registre d'ordonnances, à sa date.

du gouvernement à faire rentrer les fonds au Trésor : Le 11 janvier 1678, Chamillart explique à Colbert que, comme le receveur général « est obligé de payer dans le mois de febvrier les mois de mars et d’avril, il oblige les receveurs particuliers a faire faire la mesme advance aux colecteurs, ce qui interrompt les attermements qui leur estoient accordez de mois en mois, et causera beaucoup de frais! ». D'autre part, le paiement de mois en mois n’était pas toujours le plus commode pour les collecteurs : il y avait des époques de l’année où ils ne pouvaient rien encaisser ; « pendant les mois de may, juin, juillet et aoust, écrit Colbert, les peuples ne payent rien dans les provinces, parce qu'ils sont occupés aux récoltes? ». « Les meilleurs mois de l’année, et dans lesquels les peuples payent le plus, dit-1l encore, sont assurément ceux d'octobre, novembre et décembre*?. » Aussi, certains administrateurs désapprouvaient-ils le système. L'intendant de Franche-Comté écrit au contrôleur général le 10 septembre 1684 qu’ « il y a des mois dans l’année où le paysan ne peut faire d'argent, ce qui fait que l’on fait des poursuites et des frais qui ont monté à des sommes excessives »; si l’on rétabli le paiement par quartiers, on soulagera « cette province de la valeur du tiers de l'imposition‘ ». Néanmoins, la pratique des « abonnements » fut généralement reconnue bonne, et en 1689, le contrôleur général recommandera vivement à l'intendant d'Alençon de l'introduiré dans sa généralité, où elle ne semble pas avoir été usitée jusque-là‘, -et l’auteur du Recueil d'Orsay conseille à tous les intendants de l’adopterf.

Les collecteurs ne sont pas tenus de délivrer un reçu aux taillables pour les sommes payées; le règlement de janvier 1634, art. 38, leur prescrit seulement de « croiser » sur un exemplaire du rôle, qu'ils doivent toujours porter avec eux, et qui est désigné parfois sous le nom de « cueilloir »’, « les paie-

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