‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 395 sur 466 · Clém., II · texte numérisé non relu

Clém., II

vous ne scauriez donner trop d'application pour les pénétrer‘ ». — « Il est nécessaire, écrit-1l à Breteuil, que vous ayez tousjours une esgalle application pour diminuer ces frais, et travailler tousjours par tous moyens possibles au soulagement

des peuples?. » Le 10 octobre 1670, il écrit à Chamillart :

« Ce qui m'a surpris a esté de voir les frais se monter à 12000 et tant de livres en huit élections, vous pouvant assurer qu'il y a à présent plus des deux tiers des généralités dans lesquelles les frais ne montent pas à 3, 4 ou 500 livres au plus dans chaque élection : c’est à quoy il faut que vous preniez bien garde, parce que assurément les frais que vous voyez monter à 12 000 livres en produisent une et deux fois autant à la charge des peuples. Je ne doute pas qu’à l'avenir vostre application ne remédie à ce mal, qui est très considérable *. »

En vain les intendants invoquent la nécessité primordiale de faire rentrer les impôts : le ministre n'admet pas cette excuse à des frais excessifs. Celui de Rouen lui ayant écrit le 18 septembre 1670 que les receveurs, exhortés à ne pas se servir des contraintes, s'excusaient « presque tous sur l'impuissance et mauvaise volonté des peuples® », s’attira cette réponse :

« L'excuse... n’est pas bonne, vu que les trois généralités de Normandie ont esté autant et plus soulagées qu'aucune autre, et qu'il me semble que les peuples y travaillent davantage et sont fort ponetuels à payer. Je vois que dans toutes les autres généralités, lesdits receveurs se servent fort peu de contraintes, en sorte que pour peu qu'ils ayent d'industrie et d'application, et que l’imposition soit bien faite, il y a beaucoup d'apparence qu'ils n’auront pas besoin d’avoir recours à ces rigueurs, en quoy consiste particulierement le plus grand soulagement que l’on puisse donner aux peuples. Comme le roy n’a rien tant a cœur que de leur en procurer, l'intention de S. M. est que vous donniez toute l'application nécessaire pour faire cesser ces contraintes ÿ. »

Finalement, l’intendant dut reconnaître « que la cessation des contrainctes dépend plus de la conduite des receveurs que de tous les soins que l’on en peut prendre, et qu'il seroit nécessaire que tous ceux qui le sont en tiltre residassent sur les lieux, et que les receveurs generaux commissent des personnes de probité ailleurs° », et l’année suivante, il se rangea tout à

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