‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 40 sur 466 · I. — LES TRÉSORIERS GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

I. — LES TRÉSORIERS GÉNÉRAUX

« On peut dire de l'origine des trésoriers généraux, écrit Fournival, qu'il en est comme du Nil, dont on n’a jamais pu découvrir la source; ces officiers sont si anciens dans le royaume, qu'il ne se trouve rien de leur origine !. » Leur charge s'était formée par la réunion de deux fonctions différentes : celles de trésorier de France et de général des finances. Les trésoriers de France administraient le domaine du roi, ils étaient d'institution purement royale; les généraux des finances avaient été créés au xIv° siècle pour surveiller la répartition des impôts nouveaux, à la demande des Etats : ainsi les premiers administraient les finances ordinaires et les seconds les finances extraordinaires. À la fin du xrv° siècle, il y eut pour tout le royaume quatre trésoriers et quatre généraux des finances; ils avaient chacun une des quatre généralités à administrer: lorsqu'en décembre 1542, le nombre des généralités fut porté à seize, celui des trésoriers et des généraux ne fut pas augmenté; ils continuèrent à demeurer à Paris, et envoyèrent leurs commis surveiller les receveurs dans les circonscriptions nouvelles ?.

En janvier 1551, le roi réunit en un seul les deux offices de trésorier de France et de général des finances sous le nom de trésorier général, et décida que chacune des dix-sept généralités alors existantes aurait un de ces nouveaux officiers. Ainsi, dit Loyseau, à partir de ce moment, ils ne furent plus en réalité « ny officiers de France (j'entends de la Couronne), ny généraux par tout le royaume; mais ces beaux titres leur ont esté laissez pour mieux vendre leurs offices? ». Après une division passagère, les charges de trésoriers généraux furent définitivement constituées et servirent maintes fois au roi à battre monnaie par des créations d'’offices. En 1576, al y avait déjà quatre trésoriers généraux dans chaque généralité; on en créa un cinquième en juillet 1577, sous prétexte d’avoir un nombre impair de délibérants, et leur réunion prit alors le nom de Bureau des finances; c'était un véritable conseil auquel étaient attachés un greffier et deux huissiers‘. On créa encore deux offices de trésoriers par généralité en 1581, trois autres en 1586, deux en 1621, deux en 1626, quatre en 1627, etc., et les offices subalternes se multiplièrent à proportion f. En 1665, leur nombre total était

2. Edit du 15 décembre 1542 dans Fontanon, Recueil, éd. 1611, t. I, f 625.

3. Loyseau, Du droit des offices, 1. IV, ch. 11, 8 46. V. l’édit de sept. 1552 sur les attributions des nouveaux officiers, dans Fontanon, Recueil, t. II, f° 63.

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