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accablées par cette perception. Néanmoins il fallut employer, on l’a vu, les troupes pour faire payer certaines paroisses!, et l'opération traîna jusqu'aux environs de 1669. Les receveurs particuliers surtout eurent à souffrir des exigences des leurs supérieurs. Maintes fois ils furent poursuivis devant les Bureaux des finances pour avoir à « vider leurs mains » de sommes qu'ils avaient perçues et non versées, ou pour activer leurs diligences. À la fin de 1661, le receveur général de Rouen fait emprisonner les receveurs particuliers d'Evreux, de Rouen et du Pontl'Evèque pour leurs restes; celui d'Evreux doit 13716 I. de l'année 1659, mais il affirme que les collecteurs lui redoivent « plus de 20 000 1.? ». Celui de Rouen est en reste de 209 681 1. pour la même année’. À celui de Pont-l'Evèque, le receveur général réclame 50000 I. pour les restes de 1660; mais le Bureau des finances, après vérification des comptes, réduit le chiffre à 33 133 1.*, « pour le recouvrement desquelles, déelaret-il, il à faict toutes les dilligences possibles, n’en pouvant faire de plus pressantes, à joindre que la plupart des commissaires des tailles de ladite ellection sont decedez® ». Le receveur de Montivilliers est également inquiété pour un arriéré de 18 000 1. sur cette année 1659°. Lorsque les receveurs de la généralité de Caen présentèrent leurs comptes au Bureau des finances, au début de 1666, il leur était encore dû de notables sommes pour les années 1657 à 1661, et il n’est pas sûr qu'ils aient jamais pu les recouvrer entièrement ?.
En 1664, Colbert, voulant en finir, projetait d'abandonner tous ces restes à titre de non-valeurs. Il enquêta auprès des intendants sur les conséquences éventuelles de cette mesure; tous furent d'avis qu'elles seraient fâcheuses : « Il ne faut point flatter les peuples d'aucune remise pour le passé, dit celui d'Orléans... Il vault bien mieux diminuer les impositions cou-
L’intendant d'Orléans, en 1669, signale « la misere dont souffrent les peuples, tant à cause de la stérilité des années dernières que par le recouvrement des restes du passé depuis 1657 jusqu’en 1661 » (Clém., Il, 9), et vers le même temps le receveur d’Auch écrit à Colbert : « Si l’on n'arrête la violence avec laquelle l’on fait lever les restes des vieilles années, assurément cela retardera et peut-estre apnortera la ruine de nos recouvremens. » (Let. du 23 avril 1663, M. GC. 115°%, £° 657). A Montauban, en 1663, tout est dû, ou presque, depuis 1657: les paroisses du comté de Foix, « accoutumées » à ne pas payer, résistent à toutes les contraintes (Let. de Pellot, 17 sept. 1663, cocd., 107, # 105),