Ci-dessus, p
cent les bourgeois de les abandonner, j'ay esté obligé cet hyver de donner des ordonnances portant deffences aux habitans de deserter, a peine d'amande et de remboursement de nourritures a ceux qui avoient souffert les logements pour eux. Quelque soin que j'aye prins d'empescher les désordres pendant le passage des trouppes, dont je crois que vous n'avez receu aucune plainte, Je ne puis guérir de l’appréhension ceux de Chaumont et du Pont de Larche, lesquels ont presque tous déserté; j'ay fait scavoir aux villages où ils se veullent retirer que s'ils les recevoient, on soulageroit les villes a leur despens'... »
La perception de l’ustensile, la même année, provoque de nouvelles fuites : malgré toutes les instances de l'intendant de Rouen, les receveurs des tailles n’ont pas voulu s’en charger; les soldats la font eux-mêmes, allant dans les paroisses où ils dépensent des sommes « considérables, soubs prétexte qu'on les met dans des cabarets, ou ils font payer leur despense, oultre les 20 s. qui leur sont accordez par le reglement du roy ? ». Les contraintes solidaires sont une autre cause de désertion : le 20 mars 1677, Leblanc rend une nouvelle ordonnance pour obliger à rentrer chez eux des contribuables de l'élection du Pont de Larche, qui ont fui pour ce motif. Les terres sont abandonnées, et le gouvernement, crainte de voir tomber ses recettes, en vient à prescrire la culture par voie législative.
Voici une ordonnance de Leblanc, du 20 octobre 1677 -
« Sur les plaintes qui nous ont esté faites en procédant au département des tailles des eslections de cette généralité par les receveurs d'icelles, que plusieurs particuliers ne font pas labourer et ensemencer leurs terres et heritages, et les laissent en frische, ce qui prejudicie au recouvrement et ruine les autres habitans contribuables, lesquels sont chargez de la taille que devroient payer les propriétaires ou fermiers desdits heritages. À quoy estant necessaire de pourvoir, Nous, intendant, susdit, ordonnons que dans le jour et feste S. Martin prochain, les propriétaires et possesseurs desdites terres et heritages delaissez en frische les feront labourer et ensemencer, autrement et a faute de ce faire, permettons aux habitans desdites paroisses de les faire valoir, a la charge de payer sur les deniers de la recolte les taxes auxquels lesdits propriétaires ou fermiers seroient imposez#. »
Malgré tout, la taille rentre mal, et des dégrèvements sont nécessaires; au milieu de l’année 1678, Leblanc est obligé de remettre 7742 1. d'impôt à 29 paroisses de sa généralité, qui, dit-il, « n'ont point assis la taille par impuissance aux années 1677 et 1678, » ou qui « estoient hors d’estat de satiffaire » à cause des pertes qu'elles avaient subies; en cinq d’entre elles,
1. Let. du 13 septembre 1676, B. N. fr. 8759, £ 72. 2. Let. de Leblanc, 21 janvier 1676, £bid., 1° 49.