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On peut saisir d'une manière très frappante les améliorations introduites dans les recouvrements entre 1666 et 1683 dans les comptes des receveurs de Bayeux, qui sont en grande partie conservés ‘. Cette élection n'avait pas été mieux en point que les autres au temps de Mazarin : lorsqu'on dressa les états de restes, en, mai 1666, on reconnut qu'elle avait de l’arriéré sur toutes les années depuis 1658; le total s'élevait à 66 396 12 soit près du tiers de l'imposition d'une année?. Quant à la taille de l’année courante, elle était également très en retard : 48 163 1. seulement étaient payées sur 237 200 environ (soit le cinquième). Un an plus tard, en juin 1667, les restes des années 1658-61 sont au même chiffre : on ne les recouvrera du reste Jamais; sur l’année 1666, il est dû 36 826 L., c'est-à-dire environ 15,5 p. 100 de l'imposition.
Mais au bout de quelques années, la situation s'améliore : la taille de 1671 est entièrement payée en mai 1673; sur celle de 1672, montant à 235 000 L., il n’est dû que 2705 I. le 4 décembre 1673. Puis, de 1673 à 1678, les difficultés réapparaissent ; au 10 août 1675, les contribuables redoivent encore 7 350 I. de 1673; au 20 décembre suivant, ils redoivent 3 4921. sur 1674. Le receveur en exercice pour l'année 1675 n’achève ses paiements à la recette générale que le 29 septembre 1678. A partir de 1679, le recouvrement s'accélère de nouveau : pour 1679 il n'est dû que 7000 I. au 15 août 1680, et 3408 I. au 22 novembre suivant. Les années d'après, tous les recouvrements sont effectués lorsque les receveurs rendent leurs comptes, environ un an après leur exercice ?. La taille est donc tout entière payée en quinze ou dix-huit mois, comme le désirait Colbert.
Mais tous ces perfectionnements ont eu leur répercussion funeste sur la fortune des contribuables, Les mendiants se multiplient, les désertions d'habitants continuent. En 1681, la ville de Gisors
est à demi-déserte, ayant été abandonnée par les tanneurst. A
Bernay, en 1679, il y a une multitude de pauvres, et l’intendant assure que si l’on mettait, pour les secourir, une taxe sur les aisés, « cela pourroit aporter du retardement aux deniers du roy Ÿ ».
élections de Verneuil, Conches et Bernay à la date du 27 mars de chacune des années 1683, 1684, 1685 : en 1683, Verneuil a payé 25,8 p. 100 de son imposition, en 1684, 23,6 et en 1685, 13,6 seulement; et Bernay en 1683, 29,5 et en 1685, 23,4 p. 100, et les frais pour cette dernière sont montés de 655 1. en 1683 à 808 1. en 1685. (A. N. G7 71). Dans la généralité de Rouen, au 28 février 1680, il reste à recouvrer 17 p. 100 de l’année 1684 et les collecteurs n’ont versé aux recettes particulières que 13 p. 100 du courant (ibid. 492).
1. A. D. Calv., Election de Bayeux, états au vrai du receveur.