‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 53 sur 466 · M. C. 115, fo · texte numérisé non relu

M. C. 115, fo

EVA: D. S. Inf. C. 2 345. &

5. Cité dans Brette, Les limites et les divisions territoriales de la France en 1789,

"0 met , 5 6. Mémoire de Poitevin de Maissemy, conseiller à la Cour des aides, publ. dans Vignon, Etudes sur l'administration des voies publiques, t. |, pièces justificatives, p. 36. V. aussi deux mémoires des trésoriers de Rouen au contrôleur général, 7 nov. 1787 et 5 avril 1788, exposant les mêmes doléances, Arch. Nat. H, 1596.

leurs fonctions. On a vu déjà ce qu’en dit l’intendant d'Alençon pour les chevauchées ; celui de Rouen écrit que dans les affaires domaniales, si on les leur confiait, « les trésoriers de France, ayant leur intérest particulier, ceux de leurs familles et de leurs amis, ne chercheroient qu'à éluder l'exécution des édicts et déclarations, ce qui a donné lieu à casser la plus grande partie des arrests qu'ils ont rendus dans les affaires de S. M., dont la connoissance leur avoit esté renvoyée ». En général, conclut-il, ce sont gens « fort inutiles, ne m'ayant servy de rien dans les affaires ausquelles il vous a pleu d'en commettre! ». « Jusqu'à présent », écrit-il encore le 2 janvier 1682, « il a esté impossible d'obliger un trésorier de France à prendre le moindre soin des chemins et des réparations qui sont à faire ? ». Lorsque Colbert entreprend de vérifier les dettes des communautés, l'intendant d'Alençon, de Marle. lui déclare que l'on ne peut aboutir « à rien » si l’on remet le soin de cette affaire aux trésoriers de France et à la Chambre des comptes, à qui elle revient « dans l’ordre ordinaire* », et son successeur. de Bouville, dit plus catégoriquement encore pour la répartition de la taille : « Messieurs les trésoriers de France n'’assistent présentement au département [entre les paroisses] que pour avoir soin de leurs terres et de celles de leurs amis‘ ». Peutêtre pourrait-on suspecter les témoignages de rivaux. mais il est certain qu'au fond les intendants avaient raison. L'inertie des trésoriers, leur indifférence à l'égard des intérêts du roi, leur indépendance excessive à l'égard du gouvernement, sont trop évidentes pour qu'on puisse les contester. Comme l'a dit Colbert, on ne pouvait entreprendre aucune réforme en matière fiscale avec leur seul concours.

Les intendants furent donc chargés de faire des chevauchées à la place des trésoriers. L'obligation n'en était pas inscrite dans leurs commissions’, mais une circulaire spéciale, renouvelée chaque année, les leur prescrivait. Il n’est pas sûr que cet usage ait existé dès le début. Colbert parle bien en 1683 des ordres de visite « que S. M. [leur] a donnés tous les ans ° »,

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