‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 52 sur 466 · s Pi Calv., Bureau des finances · texte numérisé non relu

s Pi Calv., Bureau des finances

8 mai 1684, dit nettement que les trésoriers de France « ne font leurs chevauchées que dans les villes de résidence des eslus, auxquels, pour la forme seulement, ils demandent l’estat de leur eslection, à quoy les officiers des eslections ne répondent jamais juste! ». Les trésoriers avouent d'ailleurs leur indifférence à l'égard des chevauchées et ils en indiquent la cause lorsque la chambre des comptes exige leurs procès-verbaux pour leur délivrer leurs gages : nos chevauchées, disent-ils, sont « assez inutiles et sans fruit » depuis que le roi « a envoyé dans la généralité des commissaires départis qui ont fait presque tousjours les departemens seuls, au préjudice des dits sieurs trésoriers? ». Les trésoriers généraux de Moulins écrivent à Colbert en 1663 : « Les commissaires départis en cette généralité... semblent prendre à tâche de destruire toutes nos fonctions, au grand préjudice des affaires du roy et de nos charges ”° ». Dans la suite, c'est de l'établissement des intendants que les trésoriers généraux feront dater la décadence de leur charge. En 1756, l’un d'eux écrira : « Depuis l’establissement des intendants dans les provinces, nos chevauchées sont totalement inutiles, et les Bureaux devroient se réunir pour demander au Conseil d'en être dispensés à l’advenir* ». Le 14 novembre 1788 les trésoriers de France à Bordeaux déclareront pareillement à Necker : « Nous avons vu les intendants venir nous enlever nos fonctions par des attributions subreptices* ». Enfin, un mémoire de 1780 sur les fonctions des trésoriers, après avoir énuméré en détail les empiètements des intendants sur leurs attributions, conclut :

« IL résulte de tout ceci que les trésoriers de France, comme généraux des finances, n’ont plus qu'un fantôme d'autorité quant à la répartition des tailles. On leur adresse bien le brevet, et ils envoient au conseil, c’est-à-dire à l'intendance des finances, une espèce de projet de répartition entre chaque élection de la somme totale qui est le montant du brevet pour la généralité. Ils y ajoutent quelques réflexions sur l’état de chaque élection d’après les prétendues chevauchées, qu'ils ne font presque jamais... Dans le fait, c’est l'avis de l'intendant seul qui règle les opérations du ministre des finances Ÿ, »

Nous savons du reste par les rapports des intendants que les trésoriers généraux s'acquittaient très mal, en général, de

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