Lettre du 11 nov. 1672, ibid
il s'en est rapporté : c’est là un procédé blâmable, que l’intendant de Paris se voit durement reprocher’. Colbert veut que ses subordonnés passent la plus grande partie de leur temps à parcourir leur circonscription. Il contrôle leurs déplacements : par le nom du lieu d’où ils expédient leurs lettres ?. Il va jusqu’à écrire à son parent Michel Colbert : « Vous devez observer de ne jamais demeurer dans la ville d'Alençon et estre toujours dans toutes les élections? »; et comme celui-ci persiste dans sa négligence, il est disgrâcié“..
La visite doit commencer de très bonne heure pour que la perception ne soit pas retardée : mettez-vous en route, dit Colbert, « avec diligence »; Qil n'y a pas un moment à perdre... j'ay mesme lieu de m'étonner que vous ne l’ayez pas commencée, vu que je vous en ay si souvent escrit” ». Leblanc, intendant de Rouen, commence en 1678 dès la fin d’avrilf; la plupart se mettent en route dès le reçu du brevet. Comme leur principal objet était de connaître l'état des récoltes’, un départ trop hâtif eût été d’ailleurs peu utile; mais d'autre part, comme la visite exigeait souvent plusieurs mois et que l'intendant était surchargé de besogne, il était bien nécessaire de la commencer
aussi tôt que possible. Les intendants trouvèrent le moyen de
résoudre cette double difficulté : ils firent leurs chevauchées dès les mois de mai-juin, et gardèrent leur rapport par devers eux, au lieu de l'envoyer au Conseil; si une calamité survenait, ils pouvaient en tenir compte et modifier en conséquence leur avis*.
Souvent, d’ailleurs, Colbert leur adresse vers le mois de juillet une nouvelle circulaire pour leur demander cet était des récoltes. Je vous prie, dit-il, « de m'informer en détail de l’estat auquel sont à présent les biens de la terre dans vostre généralité, et Si, suivant les apparences, la récolte sera bonne; me marquant, S 1l vous plaist, les endroits du pays qui auront esté affligés de la gresle ou d’autres accidens, et ceux qui n’en auront rien souffert, afin que j'en puisse rendre compte au roy »°. Selon son
. Lettre du 17 juillet 1682 (Clém. IT, 201).
UbidINA182: ,
. Lettre du 15 janvier 1672, cbid., 216.
bi 2501
. Lettre à l’intendant de Riom, 24 juillet 1681, sbid., 165.
PASPN:S GHNEO IE 6
. Cf. lettre de Colbert à Foucault, 15 juin 1674, Clém., IT, 343.
. C’est ce qu’explique l’intendant de Rouen dans une lettre du 29 juillet 1667 :
J'ai différé, dit-il, l'envoi de mon rapport, « jusques a ce que M. Marin m'ait
mandé qu’il en estoit temps, et qu’il avoit ordre de travailler aux commissions,
afin de recognoistre tousjours cependant avec plus d'assurance quel seret le
succés de la recolte dans chaque election, et s’il fust arivé quelque gresle ou autre
disgrace de cette qualité dans quelques endroits de la generalité, pour en faire
consideration » (M. C., 122, fol. 929). ; , 9. Clém, IV, 216. Cireul. du 15 juillet 1663. D'après le début de la lettre, celle-ci
fut motivée par des pluies exceptionnelles arrivées au milieu de l'été. Mais, d’après
Clément, chaque année une circulaire analogue fut expédiée (Clém. IV, p. 41).
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habitude, il insiste pour avoir des renseignements détaillés et exacts :
« Je vous prie de vous informer soigneusement de l’estat auquel sont les bleds dans l’estendue de la généralité de Caen, si les pluies ont ésté aussy continuelles qu’icy [à Paris], si elles auront fait tort à la récolte ou non, et enfin s’il y en aura abondance ou nécessité, et s’ils enchérissent, comme aussy l’estat auquel sont les autres biens de la terre {. »
À la fin de son ministère, devant la misère grandissante, il devient encore plus pressant; il voudrait un rapport tous les quinze jours : Pour « que S. M. puisse régler les impositions sur les peuples, il est nécessaire que vous me donniez avis, tous les quinze jours de l'opinion que les peuples auront de la récolte de toutes sortes de fruits? ». Mais les intendants ne pouvaient
satisfaire de pareilles exigences.
La taille de chaque généralité doit être répartie entre les élections. L'élection est un groupe de paroisses administré par des élus’. Son origine est encore mal connue. Il semble qu'en Normandie, les élections, lorsqu'elles furent créées, aient eu la même étendue que les bailliages ; mais bientôt des modifications survinrent, et souvent les limites des deux circonseriptions ne coïncidèrent plus : en 1484, les députés de l'élection de Rouen nous apprennent qu'on a « détaché du bailliage de Caux la vicomté de Gournay » pour la joindre à l'élection de Gisors avec tout le Vexin français. On multiphia le nombre des élections, comme celui des généralités, principalement pour amener de l'argent dans les coffres du rol, par les ventes d'offices. À maintes reprises, des élections furent divisées, réunies, remaniées sans autre raison apparente; l'histoire de ces remaniements est compliquée ; personne ne l'a encore faite .en détail5. Vers 1478, l'élection de Bernay est créée par démembrement de celle de Lisieux ,. En 1525, l'élection de
1. Clém. IV, 263, lettre à l’intendant Chamillart, 28 juillet 1673.