M. GC. 149, f
Les commissions augmentent encore l'imposition de Caen de 130000 I. ; la somme à lever s'élève à 1 808 100 I.
1667. — Le brevet de la généralité de Rouen a été augmenté de 10 000 L. ; celui de Caen de 90 000; Alençon demeure tel quel. La généralité de Rouen continue à prospérer par le commerce et les manufactures. Dans celle de Caen, le nombre des moutons augmente, depuis que l'intendant a interdit de les saisir pour la taille et de tuer les agneaux’. Il y a eu en avril et mai de la sécheresse qui a fait craindre pour la récolte; mais les pluies du début de juin en ont réparé les mauvais effets, sauf dans les élections de Coutances, Vire et Mortain; les « menus grains » sont beaux, mais 1l n'y aura pas de cidre*?. « La foire franche est remplie d’un plus grand nombre de marchandises que les années précédentes; les draps façon d'Espagne et d'Hollande de la fabrique de Caen, les draps de Valongnes, les sarges façon de Londres, y estoient en très grand nombre; les finettes et ratines fabriquées à Saint-Lô ont esté fort estimez des marchands de Paris”. » Le seul inconvénient dont souffre le commerce, c'est que la réduction du taux légal de l'argent, ramené à 5 p. 100, a raréfié le capital dans la généralité; ce taux est trop bas. Malgré cette prospérité relative, Colbert réduit de 41100 I. l'imposition de Caen, « afin, dit-il, que tous les peuples aient connoissance de l’affection paternelle du roy pour ses subjects »; l'intendant fait publier la lettre; les peuples en manifestent « une Joie incroiable »“.
1668. — Le brevet est augmenté de 24000 I. pour la généralité de Rouen seule, où le commerce prospère; les autres généralités sont imposées à la même somme que l’année précédente.
1669. — La peste s’est déclarée à Rouen et à Dieppe à l’automne de 1668. Non seulement la mortalité est grande, mais tout le commerce de la région est paralysé, à cause de l'interdiction de communiquer avec la ville’. Le 13 septembre 1668, le président du Parlement, de Bonneval, écrit que la campagne « va tomber dans la dernière misère, par la raison que les foires et marchés ne tiennent plus, et sans lesquels ilne se peutrespandre d'argent parmy les peuples, manque de traffic et de commerce, c'est ce quiles met présentement dans l'impuissance de payer ce
ue l’on leur demande, soit pour tailles ou pour fermages °». La foire de Guibray, en 1668, a été mauvaise. En outre, dans la