Clairamb, 795, p
Mais l’intendant savait que ses remontrances ne seraient pas écoutés : le 6 avril précédent, Colbert lui avait écrit : « Il sera difficile en l’estat present des affaires de l'Europe, que le roy puisse prendre la résolution de diminuer les impositions des tailles, vu les prodigieuses dépenses que S. M. est obligée de faire, et nous courons mesme assez de risques que le roy voudra les augmenter »!.
1675. — Malgré les avertissements reçus l’année précédente, Colbert est obligé d'augmenter le brevet dans les trois généralités : 270 000 1. pour Rouen, 162 000 pour Caen, 163 000 pour Alençon, au total 595000 1., soit plus de 10 p. 100 sur l’année précédente. Cette même année, Bossuet invite le roi à soulager ses peuples qui sont écrasés par la taille, et les ambassadeurs
es puissances étrangères constatent partout la misère grandissante. Nous n'avons pas les avis des intendants de Normandie. pour cette année; mais une lettre de Pellot, du 1° mai, nous apprend que « dans le pays de Caux il y a de pauvres paysans qui vont en troupes demander l’aumosne à des gens qu'ils croient accommodez ? ».
1676. — Le chiffre du brevet demeure fixé à la même somme que l’année ‘précédente: en outre, les généralités sont obligées de loger les troupes soit en quartiers d'hiver soit à leur passage; les recouvrements pour l’année courante se font mal et Colbert est obligé de presser les receveurs plus encore que d'ordinaire, le roi ayant besoin d'argent *. En envoyant son avis le 27 juin, Leblanc écrit : « Vous observerez, s’il vous plaist, que quelques précautions que j'aye pu prendre, toutes les élections ont esté fort fatiguées par le passage et logement des gens de guerre, et qu'il n’y a que celle de Magny qui en ayt esté exempte et de la contribution des fourrages rer le:Æ août suivant : « Comme vous m'avez fait l'honneur de me mander que le roy ne pouvoit faire des diminutions sur Ia taille, j'ay veu exactement dans ma dernière visitte les lieux sur lesquels je croyois la pouvoir mettre, mais je les ay trouvez si chargez qu'ils auront peyne à satisfaire à leurs impositions… toutes les villes avoient esté augmentées les années précédentes, elles ont souffert les passages et de longs séjours, et la pluspart des quartiers d'hiver, ce qui fait que les habitans désertent. Jay ereu pour les obliger d'y demeurer qu'il falloit