‹ La Taille en Normandie au temps de ColbertChapitre 76 sur 466 · L. du 18 juillet, Clém. II · texte numérisé non relu

L. du 18 juillet, Clém. II

k. Colbert le félicite pour les soins qu’il a apportés dans son travail : Lettre du 18 juillet, Clém. II, 390.

5. En somme il y a amélioration notable sur l’année précédente, et le signe de cette amélioration est la diminution du prix du blé : dans la généralité d’Alencon à Lisieux le boisseau pesant 32 livres vaut 24 s. au mois de juillet contre 50 ii l'année précédente; à Argentan et à Falaise le boisseau de 5? livres vaut 35 s. tandis qu'il vallait le double l’année passée; à Conches, même, le boisseau de 32 livres ne vaut que 20 s. À Domfront où l’on consomme surtout du sarrasin cette graine vaut 22 s. 6 d. les 40 livres. (De Morangis à Colbert 22 juillet 1680

gueur de l’hyvert et de la sécheresse; les mars ont peyne à lever, on sème encores l'orge et s’il ne vient de l’eaue la récolte ne sera pas bonne‘ »; toutefois les pommiers promettent des fruits, et l'abondance du cidre facilitera le paiement des impôts ; mais les symptomes de misère n’ont pas disparu : à Louviers la

mendicité est « très grande? »; Les pores sont « extraordinaire-

ment chers » partout.

1682. — La généralité de Caen est augmentée des 3000 I. qui sont retranchées à Alençon; celle de Rouen conserve son imposition à 1000 I. près; toutes les généralités restent encore au-dessous du chiffre de 1679. À Rouen, les céréales sont très belles, sauf dans quelques paroisses qui ont été grèlées; les pommes sont rares dans les élections de Pont-l'Evèque, Neufchätel et Arques *; à Caen, en juin, les récoltes ont en général belle apparence; mais beaucoup d'élections souffrent encore des logements de troupes : à Mortain et à Avranches notamment, « le pauvre peuple ne s’en remet pas encore »; aussi y a-t-il très peu de commerce“; à Alençon on a en juillet « toutes les apparences d’une année très abondante... le commerce des bestiaux est très considérable... celui des toiles va fort bien »: il n'y à jamais eu tant d’ouvrières pour la dentelle dans la ville d'Alençon, mais la richesse n'accompagne pas cette prospérité apparente : les grains sont à très bon marché, les ouvrières gagnent fort peu, et il y a toujours des mendiants®., Dans les élections de Mortagne, Verneuil et Conches, il y a « beaucoup de pauvreté® ». C’est alors que Colbert engage l'intendant à chercher la cause de cette misère pour y remédier, soit en diminuant la taille de ces élections, soit en donnant du travail aux habitants, « soit en examinant si cette pauvreté provient d'une fainéantise naturelle, parce que dans ce dernier cas ils ne méritent pas beaucoup de soulagement ». Il négligeait la seule cause de misère qui fût cependant la plus certaine et la plus profonde : le trop grand poids des impôts pendant les années précédentes.

1683. — Le chiffre de la taille est conservé à peu près tel quel dans les trois généralités; la récolte s'annonce bien dans l’ensemble de la province, comme dans tout le reste du royaume ?. Mais dans les villes les mendiants continuent à affluer; le

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