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OBSERVATION IV

Névrite périphérique (LusrGARTEN).

D... Victor, garçon de café, âgé de 20 ans, est amené à l'hôpital Hérold, lit 47 du service de M. le D' GiLLÉS DE LA TourREïTTE, le 16 novembre 1897, dans un état très grave, en proie à des douleurs atroces dans les membres inférieurs et se trouvant dans l’impossibilité de marcher.

ANTECÉDENTS HÉRÉDITAIRES. — Mère morte d’épithélioma du sein, père éthylique, deux sœurs hystériques.

ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — N’a jamais fait de maladie avant le

mois de mars 1897, quand il contracta pour la première fois une blennorragie peu intense que le malade ne soigna pas à cause de l'abondance peu marquée de l'écoulement.

En avril 4897, il commence à souffrir de son pied gauche; la douleur était assez vive, car le malade poussait des cris dès qu'il essayait de mettrele pied par terre ; au bout d'une quinzaine de jours, les douleurs, quine font qu'augmenter d'intensité, gagnent la totalité des membres inférieurs et au commencement du mois de mai le membre inférieur du côté droit se prend à son tour. C’est à ce moment que le malade s’aperçoit que ses jambes avaient beaucoup maigri.

Il se décide à entrer à l'hôpital Saint-Louis vers la fin du mois de mal. Quelques jours après son entrée à l'hôpital se déclare une hydarthrose double des genoux. Pendant son séjour à Saint-Louis, il souffre de douleurs violentes dans les membres inférieurs, douleurs qu'il compare à des broiements ; ces douleurs étaient continues et

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devenaient atroces dès qu’il essayait de marcher. « On aurait dit qu'on me coalait du plomb fondu sur mes jambes. »

On lui conseille le repos et on lui fait appliquer un vésicatoire à la région fessière.

Voyant que son élat ne s’améliorait pas, il quitte l'hôpital le 16 septembre 1897 ; il reste chez lui à se reposer jusqu’au mois de novembre. Un médecin, qu'il avait consulté, lui donne des capsules de santal et lui fait frictionner les jambes avec l’essence de Wintergreen. Pendant-le temps qu'il reste chez lui, l'écoulement diminue, mais les douleurs persistent avec la même intensité, les jambes contüinuent à maigrir et la marche devient très difficile ; il se décide à entrer à l'hôpital Hérold, le 16 novembre 1897.

ETAT ACTUEL (16 novembre 1897). — Malade pâle et amaigri, se plaint de ressentir des douleurs violentes dans ses membres inférieurs, douleurs qui le privent complètement de sommeil. La marche est presque impossible, c’est à peine s’il arrive à faire quelques pas en s'appuyant sur une canne, le malade stoppe en marchant. En examinant le malade couché, on est frappé par l’atrophie des membres inférieurs. Du côté des jambes, l’atrophie occupe surtout les muscles de la région antéro-externe, le pied est en varus équin. Les muscles atrophiés sont flasques et douloureux à la pression, la pression des troncs nerveux réveille {également de vives souffrances.

Les pieds sont froids, violacés et œdématiés.

Les régions calcanéenne et rétro-calcanéenne et l'extrémité antérieure

des métatarsiens sont très douloureuses à la pression; la voûte plantaire est légèrement affaissée.

Les réflexes rotuliens sont forts des deux côtés; il n'y à pas de 4 trépidation- épileptoïde, pas de douleur à la percussion des apophyses épineuses des vertèbres dorso-lombaires ; comme trouble de sensibilité, on trouve une hyperesthésie très marquée au moindre contact; les sensibilités tactile et thermique sont normales.

Il n'ya pas de troubles sphinctériens, l’état cérébral-est bon.

Rien du côté des autres organes. — Les deux genoux sont le siège de craquements articulaires.

EXAMEN ÉLECTRIQUE. — Diminution de la contractilité faradique et galvanique des muscles et des nerfs, inversion de la formule ; il y a réaction de dégénérescence.

TRAITEMENT. — Repos absolu, deux séances d'électricité galvanique de trois quarts d'heure par jour ; on isole les membres par un

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