‹ La Talalgie BlennorragiqueChapitre 32 sur 42 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

Névrite périphérique (LusrGARTEN).

Le nommé Emile..., âgé de 26 ans, employé de chemin de fer, est entré à l'hôpital Laënnec, salle Grisolle, lit n° 8, dans le service de M. le Professeur LANDOUZzY.

ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES. — Père nerveux, irritable. Mère bien portante.

Un frère mort d’une affection chirurgicale du foie.

Une sœur bien portante.

Pas de rhumatisants dans la famille.

ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — Rougeole.

Ethylisme léger, se manifestant par des pituites.

Le malade est toute la journée debout (14 à 15 heures).

Blennorragie en juin 1895, , l'écoulement traité par un pharmacien disparaît en 15 jours.

Douleurs dans la nuit du 44 au 15 juillet 1895.

Les douleurs débutent dans la cuisse gauche, prennent le talon, puis la jambe: elles apparaissent spontanément ; la pression les réveille.

On lui fait des frictions térébenthinées ; les douleurs persistent, moins vives cependant, et à Ja fin du mois d’août le malade reprend son travail,en boitant un peu.

En décembre 1895, les douleurs reprennent plus vives, il est obligé de cesser son travail, on lui met des pointes de feu; on lui fait des frictions laudanisées. Il est soulagé.

Le 18 décembre, le malade, qui s'était couché assez bien portant, constate le lendemain matin en se levant l'impossibilité de HRENE les talons par terre.

[l entre à Laennec et y reste jusqu’au 28 mars. Dans toute cette période, le malade éprouvait, dès qu’il se levait, la sensation d'étincelles partant du talon pour s’irradier dans la jambe.

En même temps apparaissaient des sueurs localisées au niveau des talons. Quelques jours après son entrée à l'hôpital, les doigts se déforment et une douleur se fait sentir au niveau de l'épaule.

Le membre inférieur gauche était très amaigri, surtout au niveau de la cuisse.

Jamais rien du côté des sphincters.

ETAT ACTUEL. — L'examen donne :

Membres inférieurs. — Pas d'amaigrissement marqué.

Les deux pieds sont plats ; surtout le gauche.

La sensibilité superficielle est normale; la palpation profonde des muscles et des nerfs est douloureuse.

Douleurs au niveau du falon, de la bourse séreuse ‘externe de Ja plante du pied. jh À

Les réflexes sont exagérés, surtout à gauche. De ce côté, on constate également de la trépidation épileptoïde.

La force musculaire est intacte. La marche est très difficile.

Du côté des membres supérieurs, on remarque que l'index et l’auriculaire droits sont raidis.

Le cœur et le poumon ne présentent rien d’anormal.

Membres supérieurs, — Du côté des organes des sens (yeux, goût, odorat), on ne remarque rien.

Les urines contiennent des filaments.

TRAITEMENT. — Electricité (courants continus), strychnine, bains sulfureux.

EXAMEN ÉLECTRIQUE. — Résumé de l'examen électrique pratiqué par Mie Fenxinn, le 3 juin 1897:

1° Courants faradiques. — Appareil à chariot Dusois-RayMoN», modifié par GAIFrE ; méthode polaire.

Diminution de la contractilité faradique des muscles et des nerfs de la région antéro-externe de la cuisse et de la jambe, beaucoup plus accentuée à gauche qu'à droite, et affectant surtout le triceps crural, l’extensenr des orteils et les péroniers latéraux gauches.

2° Courants continus. — Appareil de 24 éléments au bioxyde de manganese et chlorure de zinc; galvanomètre apériodique.

Diminution de la contractilité galvanique des nerfs et des muscles des membres inférieurs, diminution plus prononcée à gauche qu’à droite et plus aux jambes qu'aux cuisses. De plus, certains muscles se contractent irrégulièrement ; au lieu de la contraction courte et brève, on obtient une contraction lente, vermiculaire, se produisant à

J’ouverture du courant et au pôle positif. Il y a donc certains muscles

atteints de réaction de dégénérescence rer ou même totale. Un des points les plus curieux chez ce malade consiste en des améliorations et des aggravations successives.

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