OBSERVATION IX
Névrite périphérique (LusTGARTEN).
Le nommé S..., Lucien, âgé de 35 ans, comptable, entrele 2 mars à l'hôpital Laënnec, salle Grisolle, service de M. le professeur Lan-
DOUZY.
ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES. — Père âgé de 60 ans, eczémateux.
Mère hystérique.
Te
Un frère bien portant.
ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — Arthrite du genou droit, probablement tuberculeuse, opérée à l’âge de 14 ans. Dans l'intervalle qui sépare cette opération des accidents actuels, le malade n’a rien eu d’anormal ; la marche était bonne, cependant la jambe et la cuisse droites se sont atrophiées ; ni éthylisme, ni syphilis.
Le malade est très émotif; il n’a pas eu de crises de nerfs, mais la moindre contrariété provoque la sensation de boule.
Il contracte la blennorragie à l’âge de 22 ans, l'écoulement disparaît au bout de deux mois. Cependant, il persiste une goutte le matin.
Depuis ce temps, le malade a eu des blennorragies très fréquentes ; c'était presque un état permanent.
La dernière chaude-pisse date de janvier 1896.
Huit jours après, le malade ressent des douleurs dans toutes les articulations, principalement au niveau des bourses séreuses de l’olécrane et de l’épaule ; en ce point, nous dit le malade, la pression du doigt en certains endroits qu’il nous montre et qui correspondent aux bourses séreuses péri-articulaires, était très péniblement supportée.
Au bout de quatre mois, les douleurs du bras diminuent, mais les deux talons se prennent et empêchent la stalion debout, d’autant plus que le bord interne du pied était également douloureux.
Ajoutons qu’en dehors de ses heures de travail le malade restait debout très longtemps.
Le 11 février 1896, il entra à Lariboisière (frictions laudanisées, santal).
Pendant son séjour à l'hôpital, légère poussée du côté de l’articulation sterno-claviculaire du côté gauche.
Il sort en mars et part en province. Les douleurs sont plus marquées au niveau des pieds.
Il reste trois mois au lit, souffrant sur le trajet du nerf sciatique poplité externe ; de temps en temps, nous dit-il, je ressentais des douleurs électriques dans les deux jambes.
La pression est très douloureuse, en des points correspondant aux bourses séreuses du calcanéum et du scaphoïde. |
La jambe droite, déjà atrophiée, maigrit encore.
La masse du mollet gauche devient plus flasque.
Au bout de trois mois, le malade marche un peu dans sa chambre avec des cannes, maisles {alons sont toujours très douloureux, prin-
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cipalement le gauche, ce qui s'explique par ce fait que le malade, ayant la jambe droite plus faible, s'appuie surtout sur son côté gauche.
Jamais rien du côté des sphincters : à l'examen, le membre inférieur droit est très amaigri ; le gauche l’est moins ; les mensurations donnent de ce côté 26 centimètres au niveau du mollet, 30 centimètres à la partie moyenne de la cuisse, 40 centimètres à sa racine.
La palpation réveille la douleur au niveau des talons, de la face interne des deux pieds.
La sensibilité, sous tous ces modes, est exagérée au niveau des membres inférieurs.
On note des troubles trophiques, consistant en sueurs localisées à la partie antérieure des jambes et aux talons.
Les réflexes rofuliens sont exagérés. La force musculaire est conservée à gauche; les mouvements de l'articulation tibio-tarsienne (relever, abaisser le pied), sont douloureux à cause du talon. A droite, l’ankylose du genou est presque totale.
Rien du côté des membres supérieurs ; l’odorat, le goût fonctionnent normalement ; on ne note rien de spécial du côté des yeux, sauf à gauche, où il existe une ancienne kératite ayant déterminé des adhérences : pas de rétrécissement du champ visuel.
La marche est très pénible, le malade marche en varus équin, surtout à gauche, où le talon reste toujours à 10 centimètres environ du sol.
Il est difficile, dans ce cas,'d’affirmer qu'on a affaire à une polynévrite blennorragique : l'état antérieur du genou droit paraît cependant n'avoir pas eu d'action, sauf comme cause prédisposante pour le membre inférieur droit; mais, du côté gauche, les phénomènes ont été à peu près analogues à ceux de notre malade de l’observation f; néanmoins, nous sommes obligés icià de grandes réserves.
EXAMEN ÉLECTRIQUE.— Examenélectrique elfectué par M'° FENKING :
Courants faradiques.— Appareil de Dusois-RayMonD, modifié par Gare; méthode polaire. Les muscles du membre inférieur se contractent un peu moins bien que normalement. Il ;y a très légère diminution de la contractilité faradique ; à droite la diminution est plus accentuée, quoique moins que ne le ferait l’atrophie marquée de tout le membre. Il n’en est pas de même des courants galvaniques; là c'est le membre gauche qui se contracte moins bien : il y a diminution de la contractilité, sans réaction de dégénérescence.
En somme légère diminution de la contractilité électrique quantitauve seulement.