OBSERVATION XI
Rhumatisme blennorragique. Talalgie (obs. personnelle).
La nommée X..., âgée de 23 ans, entre le 4 février 4898 dans le service de M. le professeur Cornil, salle Ste-Marthe, lit n° 3.
ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. -— Maladies antérieures : bronchite à9 ans, fièvre typhoïde à 20 ans.
Le Æ janvier 1896, tentative de viol, incomplet puisque l'iymen persiste, mais suffisant pour déterminer une métrite blennorragique.
Le 5 janvier, douleurs en urinant ; perles blanches abondantes, tachant le linge.
Le 6 janvier, la malade est réglée ; ses pertes ont duré jusqu'au 4 février 98.
Vers le 20 janvier, douleurs vagues, faibles dans le genou droit, gênant à peine la marche.
Vers le commencement de février, les douleurs, qui jusque-là avaient été fugaces et faibles, s’exagèrent brusquement, rendant d’abord la marche très difficile, puis rapidement impossible.
Le 3 février, dans la nuit, ces douleurs prennent soudain une vive acuité et la malade, qui jusque-là avait pu Continuer son travail, s’est trouvée dans l'impossibilité de se déplacer et a dû être amenée en voiture à l’hôpital.
Elle y entre le 4 février ; à ce moment elle est réglée de nouveau ; il faut noter que les règles vont disparaître pendant 2 mois pour reparaître seulement vers le milieu d’avril.
A noter aussi que l'écoulement a cessé aussitôt, au moment où est survenue l’impotence fonctionnelle.
A signaler encore, comme étant peut-être une cause de prédisposition, une chute sur le genou, d’une hauteur très grande, faite il y a deux ans, ayant amené de l’enflure du genou, qui a duré 8 jours et a disparu à la suite de simples frictions.
Il y a environ 4 mois, au moment où la jambe venait d’être sortie de la gouttière et où l’on avait commencé le massage, est survenu brusquement un gonflement du cou-de-pied et du pied, il y avait de la rougeur, un peu de fluctuation ; les mouvements étaient impossi-
bles, et l’on pensa d’abord à une atteinte possible de l’articulation tibio-larsienne par l'infection gonococcique. Mais, après quelques jours de repos absolu dans une gouttière, les phénomènes disparurent et les mouvements redevinrent ce qu’ils étaient auparavant.
Cependant actuellement, on note du côté du pied droit les faits suivants :
Le cou-de-pied et le pied sont enflés, rouges, il y a peut-être une circulation veineuse un peu plus développée que du côté opposé.
Sur la face dorsale, il y a un empâtement manifeste s'étendant jusqu’à l'extrémité proximale des orteils, qui sont intacts.
Du côté interne, la saillie de la malléole tibiale est à peine visible, la gouttière calcanéenne semble presque complètement effacée.
Du côté interne, il en est de même.
Du côté de la face plantaire, on note un affaissement très marqué de la voûte tarsienne.
En arrière, le tendon d’Achille est très manifestement augmenté de volume.
Il y a disparition des deux méplats qui existent normalement de part et d’autre du tendon du triceps sural.
Le tendon d'Achille est notablement plus dur que celui du côté opposé ; il ne semble pas rétracté.
Le calcanéum est très manifestement élargi, surtout à sa partie pOSIÉcIEUrS, ce qui se remarque à la seule inspection.
Il n’y a pas de points douloureux.
Les mouvements sont conservés avec la même amplitude et la même facilité d'extension que du côté opposé.
ErarT ACTUEL, (26 avril 1898). — Le genou droit est augmenté de volume; cette augmentation de volume s'étend depuis 3 ou 4 travers de doigts au-dessus de l’interligne jusqu'au niveau de la tubérosité antérieure du tibia, où elle se termine assez brusquement par une ligne concave en haut, tandis qu'elle se continue peu à peu avec les parties voisinés du côté de la cuisse.
Tous les méplats péri-articulaires ont disparu ; ; et le genou a pris une forme globuleuse.
Il faut noter de la rougeur, une circulation veineuse superficielle plus développée, une augmentation notable du système pileux.
L’arliculation est plus chaude que celle du côté opposé et plus chaude que les parties voisines,
On sent une augmentation de volume très marquée de l'extrémité