‹ La Talalgie BlennorragiqueChapitre 37 sur 42 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Talalgie blennorragique et phénomènes médullaires (Observation inédite, due à l’obligeance de M. Micraw, interne des hôpitaux de Paris).

D..., typographe, âgé de 29 ans, entré le 28 novembre 1898, salle Saint-Denis, lit n° 15.

ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES. — Père et mère actuellement vivants et bien portants.

ANTÉCÉDENTS PERSONNREL. — Fièvre typhoïde en 1893.

En 1891,il aurait eu un chancre bien guéri en une dizaine de jours, sans secours médical. Ce chancre ne fut suivi d'aucun accident qui “pût le faire supposer de nature syphilitique. Il laisse sur la face externe du prépuce une cicatrice blanche ovalaire très marquée.

En août 1897, il eut une blennorragie très intense. Quinze jours après le début de celle-ci, et, suivant le malade, à cause d’injections urétrales mal pratiquées, survinrent de vives douleurs au niveau des chevilles et de la plante des pieds, assez intenses pour empêcher le malade de continuer son métier de typographe.

Au mois de septembre 1898, ces douleurs, jusqu'alors localisées, se généralisèrent et, malgré tous les traitements, persistèrent avec une telle intensité que le malade entra à l'hôpital le 28 novembre.

EraT ACTUEL. — L’écoulement du malade n’est pas tari. Il suinte encore une goutte de temps à autre dans la journée. Mais ce qui

l'inquiète surtout, ce sont les douleurs qui l'accablent et le rendent presque infirme.

A l’état de repos, il a quelquefois des douleurs aiguës, presque fulgurantes dans les pieds,

C’est à propos des mouvements, ou par pression, que les phénomènes douloureux apparaissent.

La plus intolérable deces douleurs est celle qu'il éprouve à chaque talon. Dès que le malade est debout, cela devient intolérable et il redoute de poser le pied à terre. Aussi, la marche est-elle très pénible : appuyé sur une canne, le malade s’avance avec difficulté, courbé en deux, portant presque uniquement le poids de son corps sur la jambe droite qui souffre moins que l’autre. Au bout de quelques minutes, il est obligé de s’asseoir, d’autant plus que ses pieds enflent jusqu’au-dessus des chevilles et que les mollets et les cuisses sont pris de soubresauts violents et involontaires.

Cette « talalgie » est chez lui le symptôme douloureux prédominant. On peut localiser exactement par la pression! les points sensibles du calcanéum; ce sont à la face plantaire les deux points postérieurs qui correspondent aux tubérosités interne et externe de l'os; en arrière, le point d’insertion du tendon d'Achille. Les faces latérales ne sont pas douloureuses.

Outre cette talalgie, 1l existe encore d ‘autres régions douloureuses ; le petit orteil droit, les 2° et 3e orteils gauches, les bords externes de chaque pied, les articulations tibio-tarsiennes, le genou droit au niveau de la pointe et des bords latéraux de la rotule (les autres régions de cette articulation, faces latérales et postérieures sont intactes), le coude gauche, l’épaule droite, l'articulation sterno-cla viculaire droite, articulation temporo-maxillaire gauche, les régions ischiatiques. Enfin terminons par ja région coccygienne qui est tellement douloureuse qu’il est presque impossible d'y toucher.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, chez ce malade perclus de douleurs, les articulations sont peu malades : on n’observe de déformations qu'au niveau des orteils, des articulations tibio-tarsiennes, du genou droit, de la sterno-claviculaire droite. Toutes les autres articulations sont absolument indemnes.

Les orteils sont un peu déjetés, surtout le gros, vers le bord interne du pied ; les tiblo-tarsiennes sont légèrement empâtées ; le genou droit est un peu gonflé, les culs-de-sac supérieur et surtout inférieur sont un peu volumineux, mais il n’y a pas d’hydärthrose

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