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bien manifeste ; il s’agit plutôt d’épaississement de la synoviale ; les mouvements de flexion et d'extension sont normaux. On ne peut y provoquer de craquements articulaires. L’articulation sterno-claviculaire droite présente un léger degré d’hydarthrose.
Si les articulations sont relativement indemnes, il n’en est pas de même du pied qui réalise le type de ce qu'on a appelé le pied blennorragique. Il en a en effet les deux caractères principaux : l'aplaussement de la voûte plantaire, et l’hypertrophie de la région calcanéenne.
L’aplatissement du squelette du pied est ici bilatéral, plus marqué à droite qu’à gauche. Il ne s’agit certainement pas là d’une déformation congénitale, car le malade a fait son service militaire aux zouaves dans des conditions de marches particulièrement pénibles et il n’en a jamais souffert. D'ailleurs, le malade précise très bien l'apparition de cette déformation : il la fait remonter aux premières semaines qui ont suivi le début de sa première blennorragie et il en attribue la production brusque à un effort qu'il fit en portant un sac très lourd sur ses épaules.
L'hypertrophie de la région calcanéenne ne paraît pas relever d’une hyperostose dans le cas particulier. Il existe plutôt un empàtement péricalcanéen siégeant plus spécialement à la face interne de l'os au niveau de la grande gouttière calcanéenne, effaçant ainsi les dépressions situées de chaque côté du tendon d’Achille et donnant l'élargissement du talon caractéristique à la vue postérieure.
Enfin, restent les phénomènes nerveux; 1l peuvent se caractériser en quelques mots : paraplégie spasmodique avec atrophie musculaire et intégrité des sphincters.
La peau ne présente pas de troubles trophiques. Les réflexes plantaires sont très diminués. Le réflexe crémastérien gauche est diminué, le droit aboli.
La sensibilité des membres inférieurs est intacte sous ses trois modalités : tactile, douloureuse, thermique. D
Les muscles des mollets et des cuisses présentent un degré notable d’atrophie. Ils sont agités au moindre choc ou même spontanément de tremblements fibrillaires. Les réflexes rotuliens sont exagérés, surtout à droite.
Il y a de la trépidation épileptoïde surtout à droite, le côté où existe non pas le maximum de douleurs, rnais le maximum de défore
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mations (genou droit seul malade, pied plat et hypertrophie calcanéenne plus marquée à droite qu’à gauche).
La piqûre de la plante des pieds, faite suivant les préceptes de Ba- BINSKY, provoque à droite la flexion des orteils, à gauche l'extension légère d’abord, puis au bout d’un certain temps une flexion très marquée.
Pes de troubles des sphinclers.
Il est important de noter que notre malade ne présente aucun symptôme de sciatique. Il n’a aucun des points douloureux de cette névralgie. Enfin il ne présente pas le signe de Lassèçue. Tout au plus provoque-t-on une légère douleur au creux poplité et à la fesse gauche dans la flexion extrême sur le bassin du membre inférieur gauche étendu.
L'état général du malade est bon. La température est de 37°.
Les poumons sont normaux.
Le cœur ne paraît pas présenter de lésion organique. On y trouve un léger souffle mésosystolique au niveau de la région préventriculaire gauche; souffle d’ailleurs très variable d'intensité et par suite probablement extra-cardiaque.
Il existe des souffles anémiques dans les jugulaires.
Le pouls est régulier, un peu rapide (90 à 100 pulsations à la minute).
La tension artérielle oscille entre 17 et 19, mesurée au sphygmomanomètre du professeur PoTaIx.
Les urines ne renferment ni sucre, ni albumine. Elles donnent par l'acide azotique un anneau brun acajou.
OBSERVATION XIII Névrite prolongée du sciatique et du crural droit, d’étiologie complexe (Hérédité nerveuse, alcoolisme, excès vénériens, marches forcées, fièvre typhoïde, etc.). Gelure des orteils droits. Troubles trophiques et vasomoteurs. Hyperostose ‘calcanéenne; arrêt de AENCRPPEMENT du ne re (Jacquer et Don (x): |
: Le nommé Ch. ., âgé de 30 ans, marchand des quatre saisons, entre le 16 avril 1898 à l'hôpital Laënnec, salle Trousseau, lit n° 45. ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES. — Père inconnu, Mère obèse, mais bien portante.
(1) Société médicale des hôpitaux, 20 mai 1898.
Pas de frères ni de sœurs.
ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — Enfant abandonné.
Jamais malade dans son enfance, mais déjà très nerveux, très colère, de temps en temps crises nerveuses.
A huit ans, abcès à la fesse droite. Ces abcès ont laissé à leur place cinq taches blanches cicatricielles des dimensions d’une pièce de cinquante centimes, qui persistent encore.
A dix ans, il commence le métier d'homme de peine jusqu’à son départ pour le régiment ; obligé tous les jours de faire de longues courses à pied dans Paris et toujours chargé de lourds fardeaux (45 à 50 kilogrammes en moyenne), ce qui le fatigue beaucoup; souvent, le soir, tombant de lassitude, il est obligé de prendre l’omnibus pour rentrer chez lui.
Vers l’âge de douze à treize ans, il commence à s’alcooliser : deux litres de vin par jour, trois verres d'eau-de-vie, une à deux absinthes.
À quinze ans, début des rapports sexuels, deux ou trois coïts à chaque fois, 1l n’auruit jamais eu le moindre écoulement, la moindre écorchure.
À seize ans, il entre à l’hôpital de la Pitié pour une fistule anale.
Quelques jours plus tard, éclosion d’une fièvre typhoïde très forte avec délire violent, fièvre intense avec rechute vers la quatrième semaine. :
Il est resté trois mois couché à l'hôpital de la Pitié; après un mois de convalescence à Vincennes, il va se reposer quinze jours chez lui, puis reprend son métier d'homme de peine.
Il y avait quinze jours qu'il s'était remis au travail, quand, un soir, survint, pour la première fois et brusquement, une douleur dans le membre inférieur droit, qui semble avoir présenté les caractères de la névralgie scialique paroxystique avec élancements douloureux très
vifs, secousses musculaires, crampes dans les mollets. Gette douleur serait revenue le lendemain, et presque à la même heure le surlendemain. | ART
Certains soirs les accès étaient plus violents; les douleurs ne le surprenaient jamais dans la journée,ne l’empêchaient pas de travailler ; il continuait à boire comme par le passé, et à faire de longues marches dans Paris.
A dix-huit ans, il entra à Saint-Antoine pour une scarlatine; quinze * jours après sa sortie, réapparition des douleurs au membre inférieur