‹ La tapisserie de BayeuxChapitre 12 sur 33 · Elles sont mentionnées dans Wace, Roman de Roii, V · texte numérisé non relu

Elles sont mentionnées dans Wace, Roman de Roii, V

Chevaliers ont hauberts e branz Chauces de fer, helmes luisanz,

rares, et l'artiste les a seulement indiquées lorsqu'il a décrit le costume militaire du duc Guillaume ? Je crois surtout qu'il n'a pas voulu compliquer le travail des brodeuses déjà fort long. Ces chausses étaient sans nul doute retenues par des courroies en cuir et descendaient jusqu'au milieu du pied. Les poètes en font mention et particulièrement Wace'.

Les souliers « solers », étaient semblables à ceux portés tous les jours par le chevalier, mais ils étaient pourvus d'éperons. On les enfonçait, grâce à une petite pointe derrière le pied, et ils étaient soutenus par des courroies qui passaient dans une boucle et qu'on serrait

Escus as cols, es meins lor lances Et tuit orent fait conoissances

Les chausses de mailles apparaissent assez tard sur les sceaux. Raoul, comte de Vermandois, 1146; Geoffroy Plantagenet, 1149; Raoul de Fougères, 1 161; Philippe de Carteret, 1 167; Thibaut de Crepy, II 67; Philippe d'Alsace, 11 70; Bouchard IV de Montmorency, 1 177 ; Guy Villers le Bel, 1 207 ; Geffroy, fils d'Henri II, 11 85; Roger de Mortemer, ii83.

I. La cotte d'armes, sorte de tunique qu'on plaçait sur le haubert, apparaît à l'état isolé vers 1 180. cf. Jean de Mortain, 11 89 (D. 48 N.) j Hugues de Chaumont [D. A. 1807), 1182.

sur le pied. Ces e'perons, le plus souvent en acier, quelquefois en or ou en argent, étaient dits aigus, tranchants, brunis et forbis. Les sceaux du xii^ siècle reproduisent la forme de l'éperon porté par les chevaliers de la tapisserie de Bayeux, mais je dois avouer que sur les sceaux, le miles a très rarement l'éperon. Il faut ajouter que celui-ci se termine toujours par une petite pointe pyramidale durant tout le xii<* siècle.

Les monuments antérieurs nous montrent les guerriers coiffés d'un casque \ Il est tout à fait

I . Il faut éliminer le sceau de l'abbaye de Saint Georges de Rennes catalogué aux Archives comme étant du xi« siècle. Il représente un miles à cheval, revêtu de la cotte de mailles, coiffé d'un casque conique à nasal, tenant en arrêt une lance munie d'un gonfanon.Le casque est pourvu de deux petits rubans attachés par derrière. Douet d'Arcq l'avait mentionné comme étant de 1040 a io5o! Cf. supplément i56i, celui de Garni de Souvigné. (Touraine) D-A. No 2325. Douet d'Arcq nous dit dans sa préface, sans aucune preuve du reste, que ce sceau appartiendrait aux premières années du xir (iioo), mais il se montre plus prudent quand il en fait l'analyse. Le chevalier est coiffé d'un casque conique à nasal, il tient une épée avec gorge, et son écu est vu en dedans. Il est vêtu d'une cotte de

simple. C'est bien à tort qu'on a cru que le casque conique était, dès le xie siècle, pourvu d'un nasal. Les auteurs latins n'en font aucune mention et les sceaux ne l'indiquent pas. Aussi, peut-on dire que le casque fut tout d'abord conique sans nasal, témoin, le revers du sceau de Guillaume le Conquérant. Il en est de même de celui de Guillaume II (1087-1 loo) . Les exemples sont assez nombreux pour permettre une telle affirmation. Gui de Laval, Baudoin, roi de Jérusalem Robert P""^ dit le Frison, portent un casque sans nasal.

Mais vers iii5 la mode change. Le casque pourvu d'un nasal fait son apparition sur le sceau équestre de Baudoin à la hache, et à partir de cette époque, les seigneurs le portent presque toujours, témoin Charles le Bon, comte de Flandre, Raoul de Vermandois (iii6-ii52), Hervé de Dancy, 1120. La forme du casque pourvu d'un nasal de Mathieu de Montmorency (ii25-ii55), se rapproche beaucoup de celle de la tapisserie.

Les sceaux nous montrent que le casque conique à nasal ne fut pas le seul employé pen-

mailles assez courte et la selle de son cheval est ornée d'une housse munie de franges! Ce sceau appartient sûrement aux années 11 50-1170.

dant le premier tiers du xiie siècle. Nous trouvons bien souvent le casque conique simple. Mais on voit déjà, vers la seconde moitié du xii=, que des formes nouvelles apparaissent ; je veux parler des casques cylindriques arrondis ' et ceux à timbre plat. Le premier exemple du casque cylindrique arrondi est de i i6g. Il est figuré sur le sceau équestre de Bau-

I. Sur les trente sceaux datés que nous possédons de 1169-1180 sept nous fournissent seulement le casque cylindrique arrondi. Nous avons de 1190- 1200 quarante-cinq sceaux datés dont six ont la forme d'un cylindre arrondi, et dix possèdent celle d'un casque carré. Enfin sur les dix-sept sceaux sans date, mais qui appartiennent au xu^ siècle, deux seulement possèdent des casques à timbre arrondi pourvu d'un nasal.

1° Casque arrondi : Philippe d'Alsace, 1 170. Il est muni d'un volet, appendice flottant souvent frangé, quelquefois orné de boules à son extrémité. Il ressemble à celui que porte Guillaume lorsqu'il fait Harold chevalier, Ives comte de Soissons, 1 172. (sans volet). Eudes seigneur de Ham, 1177 (sans volet). Conon comte de Soissons (11 78-1 180). Eudes seigneur de Ham 1179. ^^ff''^y fi^^ de Henri //, de 1180-1190. 11 est très peu employé.

2° Casque carré: Philippe de Beaumont, iigo. Gérard, vicomte de Laonnois. Gérard, vidame de

douinV, comte de Hainaut '. Mais nous devons ajouter que le casque conique à nasal est la forme la plus usitée, il est d'un usage très fréquent pendant tout le xii« siècle et persiste encore jusqu'en 1280, date oii il disparait. C'est ce que prouve l'étude minutieuse des sceaux.

On trouve, à l'état exceptionnel il est vrai, une forme particulière, un casque qui sans être modifié à sa partie postérieure possède deux étroites bandes de métal qui font le tour des joues, tout en laissant à découvert une partie du visage et se joignent au nasal. Nous pouvons citer un premier exemple de ce casque en i igo. Cette forme se répand peu à peu, durant les quinze premières années du xni^ siècle, puis subit quelques modifications : la plaque qui couvre une partie de la figure s'allonge de plus en plus et cache

Laonnois, 1190. Ansel de Garlande, casque carré à visière fermée. Jean de Nesles, 1 196. Beaudoin d'Arras, 1196. Hugues, chevalier de Auchy, on dirait que ce casque est presque fermé. Gui de Moimont, 1198. Jean de Villers, Guislain, 1198. Enguerrand de Picquigny, 1199.

3» Nous possédons aussi du xiir siècle douze sceaux datés qui conservent encore la forme du casque conique à nasal, 1200 à i23o.

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