FUNERAILLES DE SAINT REMY
(Egiise Saint-Remy, a Reims.)
D’aprés les Anciennes Tapisseries historiées de M. Jubinal.
pendant la plus belle période de la
Renaissance, les peintres les plus illustres durent composer des cartons destinés a étre traduits en haute ou en basse lisse. En Italie, parmi ceux qui s’acquittérent de
cette mission, citons Raphaél, Jules Romain, Francois -Penni, Jean d’Udine, Perino del Vaga, A. del Sarto, le ‘Bronzino, le Pontormo, le Bachiacca, Salviati, le Stradan, F. Sustris, le Garofalo, les Dossi, le Titien, le Pordenone, Paul Véronése; l’étroitesse de Vancienne esthétique officielle a seule empéché les compositions de ces maitres d’étre appréciées 4 leur juste valeur; dans les Flandres, Bernard Van Orley, Michel Coxie et Pierre de Campana dotérent lart textile de modéles non moins intéressants; ils eurent pour rivaux, en France, le Primatice, Matteo del Nassaro, Caron, Lerambert et bien d’autres peintres de mérite. — L’intervention d’un Raphaél ne pouvait manquer de peser d’un grand poids sur les destinées de la tapisserie. Son action fut-elle féconde ou néfaste? C’est une question que l’on s’est souvent posée dans ces derniers temps. On ne saurait se dissimuler que, malgré importance accordée a ]’élément décoratif dans les bordures de ses compositions, Raphaél a traité celles-ci comme de simples fresques, non comme des modeles de tentures. Son disciple favori, Jules Romain, exagéra encore cette tendance, qui finit par prévaloir en Italie aussi bien que dans les Flandres. Si, dés le siecle précédent, nous avons été forcé de signaler la confusion qui tendait a s’opérer, dans V’esprit de quelques tapissiers, entre les lois de la peinture proprement dite et celles de la tapisserie, si nous avons rencontré quelques tentures concues dans les mémes données que les fresques ou les tableaux a l’huile, au xvi’ siécle, le nombre des fresques ou des tableaux transportés purement et simplement sur le métier s’accroit de jour en jour : Descente de croix, du
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