‹ La tapisserieChapitre 133 sur 182 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Si, envisagée sous ces différentes faces, la tapisserie — reste au xvi siécle ce qu'elle avait été au moyen 4ge et &Pépoque de la Renaissance, nous voyons au contraire s’accomplir, au point de vue dela production, des chan- - gements de la plus haute importance. Lacentralisation fait des progrés rapides; les manufactunes officielles tendent ase substituer, en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, et méme dans le Nord, aux ateliers particuliers; l’action gouvernementale remplace Vinitiative privée. Le résultat le plus marquant des efforts nouveaux est le déplacement, en faveur de la France, de lasuprématie naguére exercée par les Pays- Bas : en créant les Gobelins, ‘cette école de hautes et fortes études, Colbert assure 4 notre pays une prépondérance qu’il n’a point perdue depuis. Désormais, Europe entiére s’inspire des principes de notre grande - manufacture nationale et nous emprunte nos ouvriers; la tapisserie est redevenue, comme au xiv° siécle, un art francais.

Au début de cette revue, dans laquelle, cette fois, la France tiendra le premier rang, il importe d’étudier avec un soin tout particulier les efforts multiples qui ont assuré le triomphe des ateliers parisiens sur les ateliers de Bruxelles et déterminé l’établissement de la manufacture des Gobelins.

my L’importance économique d’une industrie d’art telle que la tapisserie ne pouvait échapper a la clairvoyance | de Henri IV. Ce grand roi ne négligea rien, d’une part, pour développer en France la haute et la basse lisse, ainsi que la fabrication des tapis a la facon du Levant;

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de lautre, pour proteger les ateliers nationaux contre la concurrence étrangére. <

Son premier acte fut Vinstallation, en 1597, dans la maison professe des jésuites, au faubourg Saint-Antoine, de plusieurs métiers de haute lisse, gwil placa sous la direction dun tapissier en renom, Laurent; il adjoignit a Laur ent, dans la suite, Dubourg, Vauteur des tapisseries de Saint-Merri. En 1603, Vatelier du faubourg Saint-Antoine fut transféré au Louvre.

Une fondation postérieure, celle dune ‘manufacture de tapisseries . « fagon des Flandres », eut une importance bien autrement grande. Dés r6or; nous trouvons des tapissiers flamands établis a Paris, au service du roi, sous la direction du sieur de Fourcy, intendant et. ordonnateur des batiments royaux. En 1607, Henri IV fit un nouvel appel- aux Flandres : Francois de la Planche et Marc Coomans, tels furent les maitres . auxquels il confia la direction des métiers de basse

lisse, installés aux Tournelles d’abord, dans lefaubourg

Saint-Marceau ensuite. Des lettres de noblesse, des subsides considérables, les priviléges les plus étendus, rien ne lui cotta pour stimuler le zele de dela Planche et de Coomans. On en jugera par les dispositions suivantes : « Pendant vingt-cing ans, nul ne pourra imiter leurs manufactures; le Roy leur donnera, a ses dépens, des lieux pour les loger, eux et leurs ouvriers, ces derniers déclarés régnicoles et naturels, sur leur certification de nos lettres patentes, exemptés de tailles et de toutes autres charges pendant lesdites vingt-cingq années; les. maitres, aprés trois ans, les apprentis, aprés six ans, pourront avoir boutiques, sans faire chef-d’ceuvre, et ce

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