‹ La tapisserieChapitre 134 sur 182 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

durant les vingt-cing années; le Roy leur donnera, la premiére année, vingt-cinq enfants, le seconde vingt, et jautant la troisiéme, tous Francais, dont il payera la pension et les parents !’entretien, pour apprendre le métier; les entrepreneurs tiendront quatre-vingts métiers au moins, dont soixante 4 Paris; ils auront chacun quinze cents livres de pension et cent mille livres pour commencer le travail; toutes les étoffes employées par eux, sauf Vor et la soie, seront exemptes d’impositions; ils pourront partout tenir brasseries et’ vendre de la biére. - Lrentrée des tapisseries étrangéres sera défendue; en vendant les leurs, ce sera au prix que les autres se vendent aux Pays-Bas?.

Henri IV créa en outre au Louvre une tabrique de tapis, « a la fagon de Perse ou de Turquie », qui fut le point de départ dela fabrique de la Savonnerie. I] donna

pour directeur a cet établissement Pierre Dupont, I’au- ‘teur du curieux traité intitulé la Stromatourgie.

Pour compléter le tableau de lactivité qui régnait alors a Paris, il nous faut rappeler l’atelier de la Trinité; ses métiers ne cesserent de fonctionner, quelque concurrence que leur fissent les ateliers plus spécialement patronnés par le roi.

Les peintres Lerambert (¢1610), Dubreuil, Laurent

- Guyot, Dumeée, tels furent les maitres spécialement chargés de l’exécution des cartons destinés aux différents ateliers royaux. Dubreuil est l’auteur de l’Histoire de Diane; Guyot celui des Chasses de Francois I, et de

1. Lacordaire, Notices historiques sur les manufactures impériales de tapisseries des Gobelins et de tapis de la Savonnerie ; édit. de 1853, p. 32.

l'Histoire de Gombaud et Macée, sujet deja traité au xvie siécle; ce maitre exécuta en outre, en collaboration avec Dumeée, les cartons du Pasteur fideéle'.

Sully, bien différent en cela de Colbert, placait les intéréts de agriculture avant ceux de l'industrie; il voyait d’un mauvais ceil l’établissement de manufactures qui ne lui paraissaient propres qu’a favoriser les progrés du luxe; aussi ne laissa-t-il passer aucune occasion de témoigner son hostilité a leurs directeurs, qui eurent plus dune fois a lutter avec des difficultés financiéres sérieuses. °

La mort de Henri IV porta naturellement le coup le plus sensible a l’entreprise de Comans et dela Planche, comme d’ailleurs a la plupart des grands établissements fondés sous les auspices du roi. « Il en a cousté, dit un écrivain contemporain, de grands deniers a sa Majesté, perte et ruyne a ses subjets, tesmoin les tapisseries de Bruxelles a sainct Marcel, les toilles fagon de Hollande a Mantes, les drap de soye et or de Milan... au Parc Royal dont aujourd’huy il ne paroit marque ne vestige? ».

Cette derniére affirmation est exagérée : aprés de nombreuses vicissitudes, Comans etde la Planche s’installérent, en 1630, aux Gobelins. Mais tandis que les héritiers du premier de ces maitres y fixérent définitivement leur résidence, ceux du second ne tardérent pas a faire choix du faubourg Saint-Germain.

1. Nous empruntons ces différents renseignements au travail de M. Lacordaire sur les Gobelins.

2. Document de 1611, publié par M. F. Michel, Recherches, t. II, p. 296. s

Ph ioc

ree tf eae

, 2 Pétablissement des

ot

ean

SH

vo

es

oO

hoe ne)

— = =O rs es ab

Pant tay > Oo Wo 4 Pa ee Eos

eee

“Vv < ae a A.

DoD OS LO TLS a 3 Mii eaget as cq oO 4 > Ww no

Gobelins.

Sry

TY TIIpippoy it

Page 1