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CHAPITRE X1ft

A cété des efforts tentés dans la capitale, signalons ceux par lesquels se distingua la province.

Vers 1630, les ateliers de Tours semblent avoir acquis une certaine importance. Un document que j’ai trouvé dans les archives du palais Barberini! nous apprend qu’a ce moment le cardinal de Richelieu y faisait exécuter, par des ouvriers parisiens, des tapisseries dune grande magnificence.

Au siécle suivant, en 1718, les gardes jurés de la corporation des tapissiers de Paris, passant en revue les principales fabriques de tapisseries de la France, affirment que la fabrique de Tours se « faisoit remarquer par un gout de travaux si singulier et si uniforme, qu'elle a été de tout temps fort estimée, aussi bien que ses dessins et ses figures, qui ont toujours été bien travaillez. Son grain étoit rond et bien fabriqué; sa marque étoit une tour double. Les tapisseries qu’on y faisoit de verdures et d’animaux étoient fort correctes et leur architecture trés bonne. On n’y travailloit qu’en haute lice. »

Reims, ou de tout temps les tapisseries avaient joué un si grand réle, compta également, dans la premiére moitié du xvi siécle, un atelier d’une certaine importance. En 1633, un habile tapissier de Charleville, Daniel Pepersack, 4 qui le chapitre de l’église Saint- Pierre-le-Vieux de Reims avait commandeé des tapisseries quelques années auparavant, en 1629, vint s’établir dans cette cité, qu'il ne quitta plus. I] y était attiré par un travail considérable, l’exécution de douze grandes

1. Revue des Sociétés savantes des départements, 5° série, t. VIII, pe 511 (1874).

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tapisseries et de dix-sept petites, que archevéque, Henri de Lorraine, se proposait d’offrir a la cathédrale. Plusieurs de ces tapisseries existent encore dans l|’édifice auquel elles étaient destinées; elles représentent l’Histoire du Christ, d’aprés les cartons de Murgalet, de Troyes. Un particulier de la ville cozamanda a Pepersack une autre suite, Histoire de Théagéne et de Chariclée, d’aprés des cartons que le tapissier devait faire exécuter a ses frais +.

L’atelier fondé a Maincy, pres de Vaux, par le surintendant Fouquet, en 1658, mérite aussi une mention. Composé d’ouvriers flamands, placés sous la direction d’un Francais, Louis Blamard, cet atelier exécuta cing pi¢ces de l Histoire de Constantin et les Chasses de Meléagre. L’auteur des cartons de ces suites n’était autre que le futur directeur des Gobelins, Le Brun?. L’atelier de Vaux ne survécut pas 4 la chute du surintendant.

Considérées dans leur ensemble, les tapisseries francaises de la premiére moitié du xvne siécle, ou plus

exactement les tapisseries frangaises antérieures a la ©

fondation des Gobelins, se distinguent par toutes les qualités qui manquent aux tapisseries flamandes a partir de la fin du siécle précédent. Sous Vaction dune école de peinture savante plutét qu’inspirée, le dessin reconquiert la précision et la streté qui lui manquaient

1. Loriquet, les Tapisseries de Notre-Dame de Reims; Reims, 1876, p. xxv et suiv. et 139; et Tapisseries de la cathédrale de Reims ; Paris-Reims, 1882, in-fol., p. 22 et suiv.

2. Voy. lintéressant volume de M. Bonnaffé, le Surintendant Foucquet; Paris, 1882, p. 25.

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