CHAPITRE XII
parisiens jugent, en 1718,les productions d’Aubusson : « Les commencemens ont été assez beaux, mais pas du- tables, en sorte qu’aujourd’hui c’est la fabrique des moins estimées de toute Europe; ils ne font que de la basse lice, mais dans un gout assez plat, dur et froid, et n’imitant en rien la nature; leurs personnages sont insupportables par le peu de eseran qui s’y rencontre, - nusant que de la mauvaise laine et de la mauvaise tein- Po ttre, ce qui les décrédite entiérement?. » s La voisine, la rivale d’Aubusson, Felictin, nest pas mieux traitée : « J’avais presque envie de ne point parler d’une espéce de fabrique, appelée de Feuilletin, ce qui est une bonne marque pour elle; mais comme je veux suivre toutes ces fabriques par ordre, j’en dirai ici deux mots : elle est encore de beaucoup inférieure a celle d’Aubusson. Ses laines fort mauvaises, le plus souvent - mélées de poils, ses desseins confus et mal digérez; enfin, ce sont des tapisseries plus susceptibles d’appast pour les-vers que d’admiration pour les hommes. » A Lille, la tapisserie, aprés avoir végété pendant de longues années, reprit un nouvel essor dans la période A qui suivit la conquéte francaise (1667). En 1677, Georges. Blommart y fonda un atelier de basse lisse, our il s’en- Re gagea a entretenir toujours au moins trois métiers battants. Le terrain était favorable; aussi lorsque Blommart, attiré par les avantages spéciaux que lui offrait la manufacture de Beauvais, quitta Lille vers 1684, fut-il immédiatement remplacé par Francois Pannemaker et son
i Deville, Recueil de statuts a de documents relatifs a la cor- - poration des tapissiers, p. 115. é
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fils André, descendants d’uné famille qui s’était illustrée ~-lans Part de la haute lisse dés le xve siécle. Un demisiécle durant, les nouveaux venus défrayérent, principalement de verdures, tous les hotels de Lille et des 7 environs, et encore eurent-ils a compter avec un concurrent sérieux, le Bruxellois Jean de Melter, établi a Lillecss en 1688. Plusieurs apes sorties de l’atelier de ce 3 maitre sont parvenues jusqu’a’ nous : la Vierge avec Se PEnfant Jésus, d’aprés Rubens, et des compositions dans le style de Téniers, des « Téniéres », comme on e
disait st Oies
. Pour épuiser le tableau de la production francaise —
A cette époque d’une activité sans pareille, il nous
faut encore mentionner les métiers installés 8 Nancy
dans le premier tiers du xvue siécle, d’abord sous la
direction de Germain Labbé (1604), puis sous celle —
d’Isaac de Hamela, de Bernard et de Melchior Van der — Hameiden. Ces ateliers fonctionnérent yasdue vers”
pO Pe Seep
1. Houdoy, les Zapisseries de haute lisse Histoire de la fabri-—
ae lilloise du x1v° au xvin° siecle. Lille-Paris, 1871, p. 86-97. . 2. Voy. mon travail intitulé les Tapisseries de Nancy ; Nancy, 1883 (Extrait des Mémoires de la peas vee rchéologie lorraine), of
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