CHAPITRE XII
dans la reproduction de tableaux d'histoire. De ce nombre est le Pére éternel, exposé en 1876 par Union centrale. : .
La fondation de la manufacture royale de Beauvais
eee MEDAILULON DE LA BORDURE DES QUATRE SAISONS D’aprés Le Brun. (Au Garde-Meuble.)
suivit de tres pres celle de la manufacture des Gobelins. Un marchand tapissier parisien, Louis Hinart, ayant concu le projet d’établir des ateliers de tapisseries « de la maniére de celles de Flandres », obtint en 1664 du roi, outre de nombreux privileges, un subside de
LA -TAPESSERIE,
10,000 livres, destiné aux premiers achats, et un autre de 30,000 livres destiné a achat ou a la construction dun local. I] promit de son cété d’employer, la premiere année, cent ouvriers, deux cents la seconde, et ainsi de. suite, de mahiére a arriver en six ans au chiffre de six | cents. — :
Malgré les encouragements de Louis XIV, la nou-— velle manufacture installée 4 Beauvais eut de la peine a prospérer, par suite principalement de la négligence d’Hinart et de son fils. Elle ne prit son essor qu’a par- i tir de 1684, sous Vhabile direction du tapissier tournaisien Philippe. Behacle, En 1694, lors de la fermeture des Gobelins, sa situation était assez florissante pourlui . permettre de recueillir et d’employer une partie dec ouvriers renvoyés de l’établissement parisien. En 1698, nous la yoyons travailler, pour le compte du roi de < Suéde, A une série de tapisseries relevées d’or; elle occu- pait A ce moment quatre-vingts ouvriers. En 1704, la af manufacture perdit, avec Behacle, Partiste qui avait fondé sa réputation. Ms ot) Goa eS Geary La principale tenture sortie acs ateliers de Beauvais — est une suite des Actes des Apotres, aujourd’hui conser-—
vée dans la cathédrale de Beauvais. Le mémoire rédigé
en 1718 par les tapissiers de Paris cite en outre parmi ses productions les Conquétes de Louis le Grand, les Aventures de Télémaque, d@aprés les cartons d’Arnault, et des verdures. Nous reviendrons sur cet établissement
quand nous nous occuperons du XVIIIE siecle*,
1. Voy. la Notice historique sur la manufacture royale de tapisseries de Beauvais, par Dubos; Beauvais, 1834; les Notes d'un
G.Libouis. wel.
PAKAVENT. — EPOQUE LOUIS XIV > es Manufacture de la Sayonnerie. (Au Gard2-Meuble.)
Les ateliers de tapisseries de la Marche, dont Porigine se perd dans la nuit des temps, attirérent aussi un instant, mais sans la fixer, attention du roi et de son tout-puissant ministre. Par des lettres patentes du mois de juillet 1665, Louis XIV autorisa la fabrique d’Aubusson a prendre le titre de manufacture royale de tapisseries; il décida en outre que « comme la perfection des !
dites manufactures dépend particuliérement des bons
dessins et de la teinture des ‘laines, pour d’autant plus perfectionner lesdits ouvrages, et traiter favorablement les ouvriers qui s’y appliqueront... il sera entretenu a ses frais et dépens un bon peintre qui sera choisi par le sieur Colbert pour faire les dessins des tapisseries qui
seront exécutées en ladite ville; comme aussi qu’il soit —
établi en icelle un maistre teinturier pour faire la tein-
ture des laines qui seront employées’en ladite manufac-
-ture?. >
ouvriers. i Il ne faut pas nous étonner, étant donnée cette situation facheuse, de la sévérité avec laquelle les tapissiers
curieux : Atelier de Beauvais (par M. de Boyer de Sainte- Suzanne); Monaco, 1876; et l’article de M. Gerspach, dans la Re- — vue des arts décoratifs, t. Ie, p- 513-5235 t. UI, p37-47-
Cos sages dispositions restérent malheureusement a Vétat de lettre morte : Aubusson attendit pendant plus d'un demi-siécle le peintre et le teinturier promis par le : grand roi. Le gout continua donc de se corrompre, tandis que d’autre part la révocation de Védit de Nantes Bs enleva aux ateliers de la ville une partie de ses meilleurs
1. Pérathon, Notice sur les manifetyr es de. apices ies @Au- a
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-busson, de Felletin et de Bellegarde. Limoges, 1862, p. 59.
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