‹ La tapisserieChapitre 151 sur 182 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

- cette période ne compte d’autre rivale que les Gobelins. — ~ Vers lannée 1620, le roi Jacques I* (+ 1625), sans doute stimulé par exemple de Henri IV, appela auprés de lui une cinquantaine de tapissiers famands, les établit —

- a Mortlake, dans le Surrey, et les placa sous la direction de sir Francois Crane, auquel il accorda une subvention annuelle de 2,000 livres sterling. Lanouvelle manufacture se développa rapidement; elle atteignit surtout

He z un haut degré de perfection lorsque le successeur

de Jacques I, Charles Ie, proposaa ses efforts la traduction des Actes des Apotres, de Raphaél, dont il venait

dacquérir les cartons. L’instigateur de cette acquisition,

~ Rubens, ne dédaigna pas de composer pour les tapissiers royaux les esquisses d’une Histoire a’Achille. Van Dyck aussi semble leur avoir prété son concours; on lui

-attribue la composition des superbes vordures des Actes : ‘des Apétres; ajoutons que, dans une tapisserie tissée de - soie, son portrait figure a cété de celui de Francis Crane. - Aces maitres succédal’ Anglais Francis Cleyne, dont Vhis- ‘toriende la peinture anglaise, Walpole, parle avec éloges. i Compromise par la Révolution, la manufacture compta de nouveaux succés pendant le régne de Charles II, qui lui accorda des subsides considérables. Elle disparut dans le dernier tiers du siécle.

Les plus belles tentures de Mortlake se trouvent en France, au Garde-Meuble : les Actes des Apétres et l’Histoire de Vulcain. Cette derniére suite est une réplique de celle qui fut exécutée a Bruxelles au siécle

~ précédent : malgré sa haute perfection, l‘ceuvre anglaise n’a pas le coloris si riche et si vibrant qui cistingue son ainée. On cite en outre les Mois, les Saisons, les Cing

Sens, Saint Georges tuant le dragon, d’aprés Raphaél, a enfin les portraits des rois Jacques I: et Charles Ie", des —

reines leurs épouses et du roi de Danemark, avec les portraits en buste des enfants royaux dans les bordures. ‘Le mémoire de 1718, auquel nous avons déja fait — tant d’emprunts, rend un témoignage fort favorable des — tapisseries fabriquées en Angleterre: « Ce n’est pas dans — ce seul genre (les Actes des Apétres) que les Anglais ont brillé, ils ont fait de trés belles antiques, dont le coloris et les nuances surprennent autant la vue que l’on s'apercoit qu’elles ne cédent en rien 4 la perfection des — ouvrages émanés des autres fabriques : leur gout a toujours été plus porté dans la haute lisse que pour la basse lisse. Quoique j’aie déja dit que on n’a jamais vu chez eux de fabrique réglée, cependant quand ils ont un ordre de travailler a quelques piéces célébres, alors ils — n’ont rien épargné pour rendre leur fabhicetiaae qui ne durait qu’autant de temps que leur ouvrage, la plus . belle et la plus tendre; malgré leur caractére bizarre et } capricieux, ils couvrent bien leurs chaines et le fond avec douceur; leurs belles laines font le grain uni et moelleux. » ;

Le Danemark possédait également, 4 l’époque dont nous nous occupons, des ateliers de haute lisse. Une lettre du duc de Baviére, datée de 1604, nous apprend que vingt-six tapissiers flamands s’étaient rendus peu de temps auparavant dans ce pays pour y exercer leur industrie, probablement a la demande du roi Chriss. tian IV (1588-1648).

Vers la fin du siécle, les fréres Van der Ecken diri-

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