LA SLAP TS SE RINE
La manufacture fondée 4 Rome entre 1630 et 1635 par Je tout-puissant cardinal Francois Barberini, neveu
vité comparable a celle de la chansons médicéenne, mais se distingua par le choix judicieux des cartons, dont Texécution fut confiée a des éléves de Pierre ida” Cortone et au célébre Jean-Francois Romanelli. Le directeur dela fabrique pontificale s’appelait Jacques” della Riviera; sous ses ordres travaillaient deux tapis- -siers, l'un Antoine, originaire de la eens: Tautre, © Michel, des Pays- Paw (Sas -
Les Mystéres de la vie et de la mort du Christ, d’aprés Romanelli, aujourd’hui encore conservés au palais Barberini, telle est la principale tenture sortie de: :
la fabrique dirigée par Jacques della Riviera. A coté - @eux, il faut citer les Enfants jouant, reproduction — des tentures composées pour Léon X.
La mort d’Urbain VIII (1644) et Vexpulsion de ses neveux arrétérent lessor de la manufacture, qui reprit cependant une certaine activité aprés 1660. A ce mo- : ment, les tapissiers des Barberini travaillaient a Histoire d’Urbain VIII, que Yon voit encore au palais co Barberini. Ils acceptaient également des commandes du dehors; la famille d’Este, notamment, leur confia l'exécution de plusieurs piéces. =
En Allemagne, nous constatons, au début du — xvie siécle, un effort considérable, mais qui n’avait pas — la haute portée de ceux auxquels Henri IV se livrait a la méme €poque. En effet, leduc Maximilien I** de Dis
vicre (1573-1651), surnommé le Grand, en appelant
la basse lisse, mais uniquement de faire exécuter un ~ certain nombre de tentures destinées a la décoration de sa. résidence. Aprés quelques négociations avec les ta- -pissiers établis 4 Frankenthal, dans le Palatinat, il reccourut au foyer par excellence de la tapisserie, les Flandres ; en 1604, il décida Jean van der Biest, d’Enghien, et six autres maitres a s’établir 4 Munich. La ES nouvelle manufacture prit un rapide développement; a-
‘un moment donné, on y comptait vingt ouvriers. Parmi les 1 tapissiers qui vinrent successivement se placer sous Pla: direction de Jean van der Biest, nous remarquons
Germain Labbé, le futur directeur de l’atelier de Nancy, et Paul Van Neuenhoven, Il’auteur de l’Histoire de Noe 3 -conservée a Madrid.
Les suites qui ont pris naissance a Munich, depuis 1604 jusqu’a la suppression de la manufacture, en 1615, existent encore; nous citerons, parmi elles, l’Histoire de la Maison de Bavier é, les Mois, les Saisons, le Jour
et la Nuit. Malheureusement, si ces tentures proclament la magnificence du duc, elles ne font pas, au méme ‘point, honneur a son gout : le peintre auquel il confia Texécution des principaux cartons, le Flamand Pierre de Witte, ou Pierre Candido, ne possédait aucune des qualités qui font le décorateur; lourdeur, vulgarité, ‘manque de pondération, tels sont les traits distinctifs des tapisseries tissues d’aprés ses compositions.
- Aprés une longue interruption, on voit la fabrication des tapisseries reprendre une certaine importance. en Allemagne, 4 la suite de la révocation de Védit
de Nantes. En 1686, un réfugié d’Aubusson Pierre — M ercier, obtint du grand Electeur une patente l’auto-— "sant a fabriquer des tapisseries de toutes les qualités, tes plus fines enor, en argent, en soie et en laine, le- — vant deux cents aunes; d’autres, d’une qualité inférieure, sans or ni argent, deux cents aunes ; d'autres encore, dans la composition desquelles entrait moins — de soie, trois cent vingt aunes. Pour exécuter ce travail considérable, l’Electeur mettait a la disposition de 3 Pierre Mercier tous les fils d’or et d’argent dont il | aurait besoin, et en outre une somme de 2,400 écus destinée a couvrir le salaire de neuf ouvriers. Quant aux cartons, on les demanda aux fréres Casteel, que
Pon fit venir pour cela du Brabant.
La fabrique acquit surtout de la célébrité Hoes pe : le régne de Frédéric Ie (1688-1713). La décoration des chateaux de Berlin, de Potsdam et d'autres villes lui offrait de vastes débouchés. :
On remarque aujourd’hui encore, au chateau de i Berlin, des tapisseries sortant de cette fabrique, notamment celles de la salle d'audience de la reine. Ces pi¢ces, qui sont de 1693, représentent les principaux exploits du grand Electeur : la Descente dans Vile de Rugen, la Bataille de Varsovie, la Prise de Wolgart, V Expédition d’hiver en Prusse, la Bataille de Fehrbellin, 1a Prise de Stralsund.
Pendant le moyen Age aussi bien que pendant la Renaissance, l’Angleterre n’avait témoigné a la tapisserie — qu’un intérét médiocre. Au xvm siécle, elle entra tout a coup en scene par une création grandiose, qui pour