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rables; il est vrai qu’on augmenta la série des couleurs au détriment de leur durée. f Fort de ces conquétes, dont il ne faut pas s’exagérer Vimportance, le xv siécle entreprit de combler abime qui séparait la tapisserie de la peinture et de faire des tapissiers, non plus des interprétes, mais de simples copistes. Reproduire les tableaux a V’huile, a ]’aide d’un procédé a la fois plus cotiteux et plus imparfait, tel fut le probléme qu’il se posa. Nous exposons plus loin les différentes péripéties de la lutte engagée entre les cham-

pions des idées nouvelles et les représentants de la -

vieille, de la saine discipline du moyen age et de la Renaissance. I] nous suffira de dire ici que les novateurs

finirent par ’emporter. Victoire funeste, dont les con-— séquences se font sentir de nos jours encore.

-Aprés tant de changements apportés aux traditions ae lage antérieur, il ne restait au xvur® siécle, pour consommer sa tache, qu’a toucher 4 Vorganisation de la manufacture qui avait consacré la suprématie de la France dans le domaine de l’art décoratif; sur ce point, du moins, I’ceuvre de Louis XIV et de Colbert fut respectée. Les Gobelins continuérent, comme par le passé, a servir de modeéle au reste de Europe.

C’est par eux que nous commencerons, comme de

droit, notre revue.

La fin du régne de Louis XIV, le commencement de celui de Louis XV correspondent a une période de stagnation, pour ne pas dire de déclin, Pendant Vadministration du duc d’Antin (1708- +736) qui avait sous ses ordres, comme directeur parti-

-culier de la fabrique, l’architecte Robert de Cotte (1699-1735), une seule suite nouvelle prit naissance, les

-suivantes$ la piéce, ou I’artiste s'est représenté, occupé ‘Adessiner, porte inscription: Peint par J.-B. Oudry, 1738). Le reste de la fabrication ne comprit que des ; reproductions de cartons anciens, les Fructus Belli et . les Chasses de Maximilien, ainsi que les diverses suites. - composées par Le Brun et son école. La présence, a la téte des ateliers, de collaborateurs ou d’éléves de Jans et de Lefévre pantenin 4 maintenir la fabrication dans : ag données du grand regne. ne Les Chasses de Louis XV, dont un exemplaire est con-. = eats au chateau de Fontainebleau, et un autre beaucoup plus riche au musée national de Florence, méritent, pour Vharmonie et la vigueur du coloris, de prendre place a cété des modeéles les plus parfaits que nous ait légués Part du tapissier. Le peintre a donné a l’action : la netteté et la vivacité qui distinguent ses composi-. tions; il a établi-la plus heureuse corrélation entre les figures et le paysage; mais nous ne craignons pas d’affirmer que, sans l’intelligence hors ligne, la sdreté de main prodigieuse de ses interprétes, ses compositions ‘ne fixeraient aujourd’hui que les regards de quelques curieux. La peinture en matiéres textiles, ici, a SCuIPSe la peinture a Vhuile.

. En 1735, de Cotte fils remplaca son pére, Robert, q dans la direction des Gobelins; l’année suivante, Orry, : contréleur général des finances, succéda de son coté au ‘ duc d’Antin (1736-1745). Grace a énergie de cet administrateur, les travaux recurent la plus vive impul-

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sion : rétablissement de l’école de dessin, commande — de nouveaux cartons, tels furent les premiers actes de son ministére. L’Histoire d’Esther, dont Pexemplaire le plus parfait se ‘trouve a Rome, dans les. salons de ~ PAcadémie de France (un autre est conservé au musée des Offices; un autre au Garde-meuble; les cartons furent peints a Rome entre 1737 et 1740) et V'Histoire de 2 Jason, chacune en sept piéces, daprés de Troy, ne ta dérent pas a égaler la réputation des grandes suites¢ posées par Le Brun. Si l’Histoire du Christ, par Res tout et Jouvenet, et 1’ Histoire de Marc- -Antoine, “pa Natoire, n’obtinrent pas le meme succes, en ‘revanch la Tenture des Indes, par -Desportes, imitation libr d’une suite plus ancienne, l’Histoire de Renaud et a Armide et surtout I’ Histoire de Don Quichotte, tout Se deux par ‘Charles Coypel, devinrent rapidement popu : laires. Citons aussi les Eléments, les Saisons, et les Mois grotesques, dune si grande élégance, exécutés sur. les dessins de Claude Audran le jeune, et les Triomphes des Dieux, @aprés Bérain (Union centrale, ee sition de 1876, n° 369- 375i. ; Les successeurs d’Orry, Lenormant de Tournehem, oncle de M»e de Pompadour (1745-1751), et M. de Vandieéres, ou pour le désigner par le nom sous lequel il est connu dans Vhistoire, le marquis de Marigny — (1731- 1773), frére de la trop farneuee favorite, ne négli--

gérent rién pour assurer la prospérité de notre grande . manufacture nationale; ils furent secondés par les directeurs, l’architecte d’Isle (1747-175 5) et VDarchitecte Soufflot (1755- 1780), et surtout par trois entrepreneurs, dont le dévouement fut au-dessus de tout éloge : Au-

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