CHAPITRE XIV
Fontenay, Vernansaal et Dumont; les Bohémiens, - d@aprés Le Prince; les Sultanes, d’aprés Amédée Van
Cene tendance a regarder les eee a travers un prisme, cette remarquable puissance d’abstraction, : am éclatent qu’avec plus de force lorsque, de ces cm gions lointaines, les artistes du temps reviennent aux paturages de la Normandie, aux rives de la Seine, Mais qui aurait le courage de critiquer ces paysages si délicieusement faux, ces bergers qui semblent quitter pour la premiére fois les antichambres de Versailles, ces bergéres dont la toilette n’a rien a envier 4 celle dune duchesse! ' : — Descendons d’un degré et J ediens Vhistoire de notre art au point de vue, plus spécial, de la décoration. A cet égard, le xvi’ siécle, on ne saurait le coni tester, a ouvert a la tapisserie des. horizons nouveaux. Sans doute le moyen age et la Renaissance avaient’ affecté les tissus de haute et de basse lisse aux usages les plus divers; ils les avaient surtout étroitement ratta- -chés a l’ameublement, en recouvrant les bancs ou les stalles des églises ou des chateaux de « bancquiers, ‘despalliers », @étoffes destinées 4 en masquer la nudité. “Mais le xvin® siécle, sil n’inventa pas cette application, : stefforca du moins de l’étendre et de la perfectionner; le si¢ge et le dossier des fauteuils et des canapés, les ; coussins et les écrans se garnissent 4 vue d’ceil d’élé- -gants tableaux, artistement encadrés; tantét ce sont des ‘bouquets, des paysages, des scénes tirées de la fable des ee animaux; tantét des pastorales ou méme des compositions mythologiques. La nouvelle mode fit la fortune
dela manufacture de Beauvais. Mérite-t-elle au méme point les suffrages de la critique? il est permis d’en — douter. » Par une erreur de gout manifeste, dit M. Burty, ‘Boucher et ses éléves firent descendre de la muraille les : bergers entreprenants et les moutons a a faveurs lilas, et les posérent sur le siége horizontal des canapés et des fauteuils. De sorte que la donnée n’ayant été que trop. ~ suivie de nos jours, on s’assied sur un pigeonnier.ou Von pose les pieds sur un port de mer. Certes, c’était déja une grande erreur que d’imiter trop littéralement = des personnages ou des arbres sur une surface qu’un. souffle de vent peut déranger ou qu’un pli coupe par la moitié, mais il y avait encore 1a une certaine convention, a laquelle l’esprit peut se préter. Mais quelle aberration que de semer A terre des bouquets de fleurs — naturelles et des panoplies! Ne craint-on pas a chaque instant, en foulant de grands tapis de la Savonnerie ou d’Aubusson, de se heurter a un cuir enrouls, ou d’écraser une corbeille de cerises 1> »
Est-il nécessaire d’ajouter que, prises en elles-mémes, les garnitures des meubles que nous a laissées le xvilsiécle sont charmantes et bien propres a désarmer les critiques les plus séveres?
Dans un ordre d’idées plus spécial encore, celui ae 2 la technique, les progrés réalisés par le xvime siéclene sont égalés que par ses erreurs. I] faut porter a son actif les améliorations introduites dans le tissage en. basse lisse; ; grace aux a a Noe et de Vaucan-—