ENDYMION, D’APRES BOUCHER
Tapisserie du xin siécle. (Au Garde-Meuble.)
« cotter 100,000 €cus annuellement, on ne Sait trop pourquoi, si ce n’est pour enrichir des fripons et des
intrigants. On y entretient d’ordinaire, ajoutait-il, vingtcing ouvriers, qui emploient au total douze livres de soie au travail d’une tapisserie qui est quelquefois quinze ans sur le métier». Pour réduire 4 néant ces assertions, il suffira de placer, en regard des chiffres de Marat, ceux que fournissent les documents officiels : nous y voyons qu’en 1791 la manufacture occupait 116 maitres et 18 ouvriers, non compris le personnel | administratif. La dépense totale s’éleva, cette méme année, 4. 165,927 francs, dont 108,000 pour la maindceuvret. Ajoutons que deux années auparavant, en 1789, M. de Tolosan fixait 4 800,000 francs la valeur des tapisseries annuellement fabriquées aux Gobelins?. Cette évaluation est 4 coup str exagérée. Mais il n’enest pas moins certain que la production de la manufacture, créée par Colbert, contribuait pour une part notable a la richesse nationale. Ona trop oublié, depuis, importance économique des industries d’art.
L’avénement du nouveau régime fut le signal dune réforme utile : en 1790, on substitua a l’entreprise, source de nombreux abus, le systeme des traitements fixes, actuellement encore en vigueur*. La production
1. Guillaumot, Notices sur Vorigine et les travaux de la manufacture impériale des Gobelins, 2° édit., p. 20.
2. Choqueel, Essai sur Vhistoire des tapisseries et tapis, p. 97.
3. En 1882, le budget total des Gobelins s’est élevé 4 234,520 fr. subdivisés comme suit :
Personnel administratif, 27,750 fr.
Services des teintures, 15,300 fr.
Ecole de dessin et de tapisserie, 6,550 fr.
Ateliers : 2 chefs, 4 sous-chefs, 60 ouvriers, ouvriéres et éléves,
Indemnités diverses, 28,700 fr.
Matériel, 34,000 fr.
TORNATURA D’aprés M, Lechevallier-Chevignard, Tapisserie des Gobelins, x1x¢ siécle
devint moins hative, l’exécution plus parfaite. Malheureusement les Gobelins étaient dés lors engagés dans une voie fausse, celle de limitation rigoureuse de la peinture; malgré les nombreux changements de direction qui se produisirent de 1789 4 1795, cette tendance ne fit que s’affirmer +.
La manufacture de tapis de la Savonnerie qui, en - 1790, comptait vingt ouvriers et six apprentis et qui produisait annuellement un peu plus de cent aunes carrées, livrées au roi a raison de 600 livres laune, fut soumise au méme régime que les Gobelins; les traiteents fixes y remplacérent les payements a la tache. En 1825 cet établissement fut réuni aux Gobelins. Depuis quelques années ony procéde a la suppression des places par extinction. Bientdt la Savonnerie aura vécu.
Le premier quart du xviie siécle est marqué, a Beauvais comme aux Gobelins, par le ralentissement des travaux, par le manque d’initiative et le manque de ressources. De la mort de Behacle, en 1704, a la nomination de Jean-Baptiste Oudry, en 1726, la manu-
1. Au peintre Pierre qui, en 1781, avait remplacé Soufflot, succéda,en 1789 Varchitecte Guillaumot; a Guillaumot, Audran (1792-1793), Vancien entrepreneur de la manufacture ; a Audran, le peintre Belle (1793-1795) ; replacé un instant a la téte de la manufacture, en 1795, Audran disparut laméme année, laissant sa place a Guillaumot, qui cette fois la garda jusqu’en 1807.
Dans ce siécle, la manufacture a été successivement dirigée par MM. Canal, chef de division au ministére de la maison de l’empereur, directeur intérimaire (1807-1810) ; Lemonnier, peintre (1810-1816) ; le baron des Rotours, ancien officier d/’artillerie (1816-1833) ; Lavocat (1833 4 1848) ; Badin, peintre (1848-1850); Lacordaire, architecte et ingénieur (1850-1860); Badin, réintégré 1860-1871); Chevreul, chimiste, directeur’ intérimaire (1871); Alfred Darcel, ingénieur civil (1871).