‹ La tapisserieChapitre 45 sur 182 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

-Saint-Riquier (} 1075), achetait ou commandait des tentures destinées 4 la décoration de son monastére ; son zéle se manifestait « tam in palliis adquirendis, quam in tapetibus faciendis 1. »

Au siécle suivant, Mathieu de Loudun, nommé en 1133 abbé de Saint-Florent, 4 Saumur, fit exécuter deux « dosserets » destinés 4 étre suspendus dans le cheeur aux fétes solennelles, et représentant, lun les vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse, avec des cithares et des violes, l’autre des sujets tirés du méme livre. I] orna en outre la nef de tentures représentant des sagittaires, des lions et d’autres animaux?.

Limoges semble également avoir possédé, au xue siécle, une fabrique de tapis; il est du moins question de productions de ce genre dans le roman d’Erec et d’Enide:

Puis s’en monta en unes loges

Et fist un tapi de Limoges

Devant lui a la tere estendre...

Erec s’asist de l’autre part

Desus l’ymage d’un lupart (léopard) Qui el tapis estoit portraite 3.

En Angleterre, l’art textile ne cessa pas non plus d’étre objet de soins assidus. Au x* siécle, une dame pieuse, désirant broder un vétement sacerdotal, de-

1. F. Michel, Recherches, t. 1%, p. 71- 2. Jubinal, Recherches, p. 14. Cf. Lacordaire, Notice histo-

rique sur les manufactures impériales de tapisseries des Gobelins et de tapis de la Savonnerie ; Paris, 1853, p. 6. 3. F. Michel, Recherches, t. Il, p. 405.

manda 4 Dunstan, jeune alors (ce saint mourut en 988), de lui en dessiner le modeéle, quelle imita avec des ‘fils @or. (Ainsi, dés cette époque, on se servait de cartons spécialement composés en vue de la broderie ou de la tapisserie.) Pendant le méme siécle la veuve du duc de Northumberland fit présent a l’église d’Ely d’une tenture sur laquelle étaient retracées les actions de son époux?. Plus tard, sous le régne de Henri I* (1100-1135), nous voyons l’abbé Geoffroy offrir a Vabbaye de Saint-Alban un grand « dosseret », dans lequel étaient tissés (intexitur) Invention du corps de saint Alban, et deux autres tableaux représentant le Bon Samaritain et ’Enfant prodigue ®.

Au xu® siécle, Allemagne, dont nous n’avons guére eu a nous occuper jusqwici, prend également une part active au développement de la tapisserie. Entre 1164 et 1200, Meginwart de Weltinburch, qualifié de « tapetiarius », et ses deux « fratrueles » Gerwich et Chounrad, figurent parmi les témoins d’un acte relatif au couvent de Schefftlar, en Baviére. En 1177, on trouve au couvent du Chiemsee « Fredericus tapifex, de familia ecclesie »; entre 1182 et 1197, au couvent de Weihenstephan, « Aschwin tapeciarius ». Les renseignements que nous possédons sur ces maitres se bornent a la mention de leur nom %.

1. Sur la célébrité des broderies anglaises du moyen age, voy. F. Michel, Recherches, t. I], p. 339 et suiv.

2. Rock, South-Kensington Museum. Textile Fabrics. Londres, 1870, p. CXI.

3. Voy. dans /’Art, livraison du 4 juin 1882, Varticle que nous avons consacré a l’histoire de la tapisserie allemande pendant le moyen age.

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