‹ La tapisserieChapitre 6 sur 182 · Philostrate, de Tyanensi Apollonio, liv. J, che xv · texte numérisé non relu

Philostrate, de Tyanensi Apollonio, liv. J, che xv

i LA TAPISSERIE.

dans VEurope vers la fin de l’empire romain, eut le - pouvoir de la captiver pendant plusieurs siécles. Voici comment s’exprime ace sujet Philostrate "Ancien, dans la description d’un tableau soit réel, soit fictif, représentant les aventures de Thémistocle : « Nous sommes - chez les Médes, au milieu de Babylone : voici Pinsigne royal: Vaigle d’or sur le bouclier échancré; voici sur — son tréne d’or le roi lui-méme, étoilé comme un paon. a Nous ne louerons pas le peintre d’avoir imité la tiare, ea E la calasiris, le candys, et les bétes fantastiques de toute — sorte que les Barbares brodent sur les étoffes, mais bien pour ces fils dor habilement mélés au tissu et disposés suivant des formes qu’ils ne sauraient plus ° perdre +. » ae L’habileté des tapissiers babyloniens égalait la magnificence des compositions qu’ils traduisaient sur le métier, la richesse des matiéres qu’ils mettaient en.

ceuvre. Pline mhésite pas,. nous l’avons vu, A revendi- ae ’ ee

~ quer pour eux Vhonneur d’avoir porté le plus loin Dart

de fondre les couleurs dans le tissu, et il ajoute qwils

ont dé a leur supériorité d’avoir donné leur nom a ce genre d’ouvrages. En effet, les mots de tapisseries babyloniennes, « babylonica peristromata », reviennent

a chaque instant sous la plume des poétes latins, qui n’ont pas assez d’éloges pour les célébrer 2. Lesama-

-teurs de Rome achetaient ces tentures au poids de Vor, - Metellus Scipion dépensa 800,000. sesterces (168,000 fr.)

1. Traduction de M. Bougot: Philostrate Ancien. Une Galerie antique de soixante-quatre tableaux. Paris, 1881, p. 493. To oe reas 2. Lucréce, IV, 1026. — Plaute, Stichus, acte Il, sc. u, v.54.— + Silius Italicus, liv. XIV, v. 658. — Martial, Epigr., x1v, 150.

mie CHAPITRE PREMIER. = 23

pour des « triclinaria babylonica »; Néron paya pour ces mémes étoffes une somme encore plus élevee quatre millions de sesterces (840,000 francs) *

Chez les Hébreux la tapisserie n’est pas moins inti-. —mement lige A la décoration monumentale que chez ~ leurs voisins les Egyptiens et les Assyriens. Des tissus. teints de riches couleurs ou couverts de broderies faisaient les principaux frais du tabernacle que Moise -construisit dans le désert; le texte de lBxode ne laisse a cet égard aucune place au doute, quoique tel ou tel “terme isolé puisse préter A la controverse. Voici la . description du sanctuaire d’aprés le texte sacré «Quant a la demeure (le tabernacle) elle-méme, tu feras dix tapis de lin retors, de pone violette et rouge, et de cramoisi; tu les feras en tissu A figures de Keroubs — (chérubins)?. L’un de ces tapis aura vingt-huit coudées en longueur et quatre en largeur, et tous ces tapis au. ront les mémes dimensions. Cing de ces tapis seront attachés Yun a autre, et les cinq autres seront aussi ~attachés l'un A l’autre. Puis tu feras des attaches de . ganse de pourpre violette le long du bord de lun des tapis qui forme Vextrémité de Passemblage, et tu feras | de méme au bord du tapis extréme de l’autre assem- » plage. Tu feras cinquante attaches & lun des tapis, et -. cinquante au bord du tapis de Pautre assemblage; ces

14 Pline, loc. cit.

2. « C’est-a-dire que ces figures seront faites en fil de couleur “sur fond blanc. @est du moins Vexplication la plus simple du texte, qui parle proprement d’un ouvrage de penseur, c’est-a-dire . @artiste, tel qu’il ne se fabriquait pas dans le ménage. »

ee “TAPISSERIE. oe

attaches seront opposées: Pune a Pautre. P cinquante crochets d’or, et au moyen de ces tu een ghenns J le Boe de Pun Spe et la

SoM a pourpre violette et rouge, de cramoisi et de i ~: > tors; on le fera en tissu a sere de Keone @ Et

ad a Tu placeras le tan au-dessous dies croch - ettu feras porter 14 a Vintérieur du rideau Parche oe a maniere que - rideau vous serve a

cette draperie tu eres cing colonnes en oe See que tu plaqueras d’or, avec des clous Oy et tu feras e couler pour elle cing supports Maicainty sos ore -

‘Un archéologue distingué, M. de. Sail considére ces tentures comme « des broderies faites a la navette, :

avec des fils de différentes couleurs, tissés avec art » i et analogues aux toiles qui chez les Egyptiens servaient aenvelopper les momies?; mais il nous parait plus simple d’admettre qu'il s’agit de broderies acle. main, exécutées aprés coup, sur le fond bleu, rouge ou ee des tentures. Ze a La richesse des vétements sacecdbeann répondait a . celle des tentures entourant le sanctuaire. On fit Pétoffe fad’or; ajoute l’auteur de l’Exode (chap. xxxix),— de

te Broad ch. XXVI, XxxvI, trad. Reuse:

. Histoire de Part judaique upnee aes. textes sacrés er Be : ees. oy 1864, p. 33. ne uee :

noisi et le | ie en ‘ouvrage a dessin. :

a voile done Salomon orna le Cen sedistinguait

“¢ Soil les eprophe de tonne oes ane fois, sur lorsqw il se manifestait dans le costume des sme eos 2 = eus savons notamment que le voile

: Paralipomena, liv. II, ch. m, v. 14.

: pee: Ezechiel, ch. xvi, v. 8 et suiv. Cf. ch. xxv1,

26 a Ad APIS S ERA Bes

partie la plus vénérée, une tapisserie babylonienne — haute de cinquante coudées, large de seize; Vazur et le lin, ’écarlate et le pourpre, y étaient mélés avec — un art admirable et une rare ingéniosité, car ils offraient ’image des différents éléments. L’écarlate en — effet représentait le feu ; le lin, la terre; l’azur, Vair; le pourpre, la mer; cette signification résultait, pour deux de ces matiéres, de la similitude des couleurs; pour les -deux autres, de leur provenance, car la terre Produip le- 3 lin, la mer le pourpre. Tout l’ordre du ciel, a Vexcep- ~ tion des signes, était figuré sur ce voile 1. Les portiques — étaient également enrichis de tapisseries multicolores, contenant des fleurs de pourpre 2. ;

Il est permis de croire que les autres parties de — POrient, notamment la Chine, connurent de fort bonne . heure aussi toutes les ressources de l'art textile. Nous C savons que les tissus de soie existaient dans l’empire — du Milieu plus de 3,000 ans avant notre ére. « A une époque plus rapprochée de nous, les historiens chinois — nous montrent l’empereur Chun parcourant ses vastes” possessions et recevant au pied du mont Tai lhom- — mage de ses nombreux vassaux; ils lui apportaient en présent, comme ce qui devait le plus lui plaire, des

étoffes de soie, du lin, de la soie écrue et des tissus

de diverses couleurs. Le tissage de la soie avait fait, dés cette époque reculée, des progrés considérables; les plus riches couleurs de la teinture étaient habile-

1. Flavius Joséphe, de Bello judaico, liv. V, ch. v. 2. Ibid., Antig. jud., liv. XV, ch. x1.

qe es Qu nd le moment sera venu | @étudier les mc modernes- ide. Vexireme: Orient, “comme aussi de VInde et de la Perse, nous aurons a nous es ‘sl les procédés: ane nous oyons employés

see ne se alachent point par une fhe ditions inne

3 terrompue a 1 ces ages qui paraissent fabuleux et ‘dont i par bien des cétés, Vinfluence est toujours oe

fear Dupont-Auberville, - POPucineud des tissus, p. 2, 3, — Sur les" tapisseries chinvises modernes, voy. Varticle de M. Droseged dans I la Oe des Abs 1879, UE 29053 ao

‘LA ‘TAPISSERIE CHEZ LES GRECS AU TEMPS D HOMER LE METIER DE PENELOPE —~ 5 PHIDIAS ET LES TAPISSERIES DU PARTHENON ALEXANDRE ET. LES LAGIDES

LA GRANDE GRECE, L 7S Lie MINEURE. ET LA ‘TAURIDE,

Ce qui frappe avant tout cer on aborde Pétad de la tapisserie chez les Grecs, c'est. la richesse di

. vocabulaire affecté A cet art. Veulent-ils See tenture ou un oe ils” SP OTENE tour ois

ak la peinture en matiéres cuits tenait, “dans. civilisation hellénique. q aes or La Gréce était es se Ie temps Hor (

1. Voy. le Fhesaurus de Henri Petienne. aux ‘mots | Mineiro. Eunétacue., Karanéracua, Hopanécaop.s, Tepumés TOGO, Té Vodvuttos, Hosnckelig, Teer, Pere Peas Tarts, Tamia a

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