CHAPITRE IX
sements quwils ont fondés a Pétranger. A diverses re-
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PRIAM AU MILIEU DE SA COUR (Palais de justice d’Issoire.)
Diaprés les Anciennes Tapisseries historiées deoM. Jubinal.
prises nous assistons a une véritable émigration, causce soit par les événements politiques, soit par des complications de lordre économique.
L’Italie surtout avait le privilége d’attirer les émigrants. De 1420 4 1500, des essaims de tapissiers originaires d’Arras, de Lille, de Bruges, de Tournai, de Bruxelles, s’abattent sur les Etats du marquis de Mantoue, du duc de Ferrare, du duc d’Urbin, sur la Vénétie, la Toscane, lTOmbrie. A Rome, on trouve méme un Parisien.
Le bagage des nouveaux venus était d’ordinaire passablement léger: Vétablissement d’un meétier’ de haute lisse n’exige pas un outillage fort compliqué. L’Italie leur offrait en outre en abondance les matiéres textiles premieres; tout au plus apportaient-ils avec eux quelques cartons. Les commandes aftluaient-elles, ils faisaient appel 4 la coopération de leurs femmes; nous avons relevé en effet, pour Pépoque qui nous occupe, un certain nombre de « tapissiéres ». Les prétentions des émigrés étaient d’ordinaire fort modestes : ils se contentaient d’un léger subside, « una provisioncella», donné par les princes ou les municipalités. Partout ot ils se présentaient, ils s’offraient a la fois a travailler sur commande et a former des éléeves. Leur tache remplie, le filon épuisé, ils allaient chercher fortune ailleurs; quelques privilégiés, comme Rinaldo Boteram, retournaient méme de temps en temps dans leur patrie, Bruxelles, pour y faire des achats ou y embaucher des compagnons. :
L’Italie, qui jusqu’a ce moment n’avait eu qu’une part fort indirecte au développement de la tapisserie, intervient désormais comme facteur essentiel. Non contents de favoriser l’établissement dans leur pays de tapissiers flamands et de lutter, avec des ateliers